Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413350

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413350
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’abattement de 14/30 sur la paye de juillet 2024 pour service non fait, prononcé par la fondation Roguet. La requérante invoquait l’urgence en raison d’une perte d’emploi et de rémunération, mais le juge a estimé que la décision contestée n’entraînait pas une perte d’emploi, seulement une réduction de salaire. Faute d’urgence caractérisée, la condition posée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’était pas remplie. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Laplante, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 2 juillet 2024 par laquelle le directeur de la fondation Roguet a prononcé un abattement de 14/30 sur sa paye du mois de juillet 2024 pour service non fait du 17 juin 2024 au 30 juin 2024 ;

2°) d'enjoindre à la fondation Roguet de procéder à son placement en congé maladie correspondant à sa situation à compter du 17 juin 2024 er de reconstituer sa carrière ;

3°) de mettre à la charge de la fondation Roguet la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision contestée porte gravement atteinte à sa situation puisqu'elle se retrouve sans emploi ni rémunération ;

- la décision contestée est entachée d'une insuffisance de motivation, d'une incompétence de l'auteur de l'acte, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation, moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- la requête n° 2413692 enregistrée le 17 septembre 2024 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, Mme A fait valoir que celle-ci a pour effet de lui faire son emploi et toute rémunération. Toutefois, il résulte toutefois de l'instruction que la décision attaquée a pour seul effet de prononcer un abattement de 14/30 sur sa paye du mois de juillet 2024 pour service non fait du 17 juin 2024 au 30 juin 2024, et non pas de lui faire perde son emploi. Dans ces conditions, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 23 septembre 2024

La juge des référés

signé

A. Richard

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.