Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413367

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413367
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de M. A, ressortissant malgache, qui contestait le refus du préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » et un récépissé avec autorisation de travail. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant disposant d’un récépissé valide jusqu’au 10 décembre 2024 et n’établissant pas de risque immédiat de suspension de son contrat de travail. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Sangue, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution des décisions du 11 septembre 2024 par lesquelles le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a refusé de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que cela fait deux ans qu'il a déposé sa demande de titre de séjour et qu'il se voit délivrer des récépissés sans autorisation de travail, que son employeur l'a menacé de suspendre son contrat de travail et qu'il se trouve dans une situation précaire alors qu'il est destiné à s'établir sur le territoire français étant est père d'un enfant français ;

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, elle méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, faisant ainsi naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ;

- la décision portant refus de délivrance d'un récépissé avec autorisation de travail est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, d'un défaut de motivation et méconnaît l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faisant ainsi naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- la requête n° 2413374 enregistrée le 17 septembre 2024 par laquelle M. A demande l'annulation des décisions contestées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. A l'appui de sa requête, M. A, ressortissant malgache né le 5 mai 1987, indique se trouver dans une situation d'urgence dès lors que cela fait deux ans qu'il a déposé sa première demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et qu'il ne se voit délivrer que des récépissés sans autorisation de travail le plaçant dans une situation administrative et financière précaire, son employeur ayant menacé de suspendre son contrat de travail. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A s'est vu en dernier lieu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour le 11 septembre 2024, valable jusqu'au 10 décembre 2024. D'autre part, M. A n'établit pas le risque allégué de suspension de son contrat de travail. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées ne peut donc être regardée, en l'espèce, comme remplie.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions rappelées au point 1 de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 23 septembre 2024.

La juge des référés

signé

A. Richard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.