Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413561

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413561
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de Mme A. Celle-ci contestait le rejet de sa candidature en licence 3 de droit à l'université Paris Nanterre pour l'année 2024-2025. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour la requérante d'avoir justifié d'une procédure de validation des acquis professionnels préalable. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 12 juin 2024 par laquelle l'université Paris Nanterre a rejeté sa candidature en troisième année de licence droit pour l'année 2024-2025, ensemble la décision par laquelle le président de l'université a rejeté son recours gracieux le 19 juillet 2024 ;

2°) d'ordonner au président de l'université Paris Nanterre de l'intégrer, à titre provisoire dans l'attente de la décision à intervenir, en troisième année de licence 3 droit et dans un programme d'accompagnement et de réévaluer sa candidature.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que cette décision de rejet emporte des conséquences graves sur son projet professionnel et son avenir professionnel ;

- plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'éducation, en ce qu'elle justifie d'au moins dix-neuf années d'expériences professionnelles dans le domaine juridique ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'éducation, en ce qu'elle peut bénéficier d'aménagement au regard de son handicap ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu

- la requête n° 2413853, enregistrée le 19 septembre 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a candidaté en licence 3 droit de l'université Paris Nanterre dans la plateforme numérique " e-candidat " le 15 mai 2024. Par des décisions du 12 juin 2024 et du 19 juillet 2024, le président de l'université Paris Nanterre a rejeté sa candidature ainsi que le recours gracieux formé à l'encontre du rejet de cette dernière. Elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision de rejet, ensemble celle du rejet de son recours gracieux, et d'enjoindre à l'université Paris Nanterre de l'admettre provisoirement au sein des effectifs de la licence précitée.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".

3. En l'espèce, Mme A fait valoir que le rejet de sa candidature en licence 3 de droit l'empêche de réaliser son projet professionnel de devenir avocate, qu'elle justifie d'une expérience professionnelle dans le domaine du droit, notamment par l'exercice des fonctions d'agent contractuel au sein du parquet général, qu'en outre elle nécessite des aménagements en raison de son handicap. Il ressort des pièces du dossier que le président de l'université Paris Nanterre a rejeté sa candidature pour insuffisance des acquis académiques, l'intéressée justifiant d'un diplôme d'études universitaires générales en sciences humaines et sociales mention sociologie et de la validation d'unités d'enseignements de licence 3 sciences humaines et sociales. Si l'intéressée conteste l'absence de prise en compte de son expérience professionnelle pour une admission en licence 3, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait procédé au préalable à une validation des acquis professionnels. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension immédiate de la décision du 12 juin 2024 par laquelle l'université Paris Nanterre a rejeté sa candidature en licence 3, ensemble le recours gracieux du 19 juillet 2024.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie-en sera adressée à l'université Paris Nanterre.

Fait à Cergy, le 26 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.