Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413859
mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413859 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2024 par laquelle l'Université Paris Nanterre a refusé de l'admettre en première année de Master 1 Psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé parcours Psychologie clinique, psychopathologie empirique et cognitivo-comportementale ;
2°) d'enjoindre l'université Paris Nanterre de procéder, à titre provisoire, à son inscription dans la formation au titre de l'année universitaire 2024-2025, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle ne peut poursuivre ses études universitaires faisant obstacle à la réalisation de son projet professionnel de devenir psychologue, la rentrée universitaire étant imminente et la phase complémentaire ayant pris fin le 31 juillet 2024 ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle est entachée d'une erreur de droit et que le refus d'admission résulte non de la décision du chef d'établissement mais de celle du jury d'admission.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2411206, enregistrée le 23 juillet 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a obtenu sa licence en sciences humaines et sociales mention psychologie aux facultés libres de philosophie et de psychologie (IPC) et qu'un diplôme universitaire clinique de l'adolescent : continuité et discontinuité de l'enfance à l'âge adulte à l'université Paris Cité. Au titre de l'année universitaire 2024-2025, elle a présenté sa candidature pour être admise en première année de Master en psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé mention " Psychologie clinique, psychopathologie empirique et cognitivo-comportementale " auprès de l'université Paris Nanterre. Par une décision en date du 4 juin 2024, le président de l'université a rejeté sa candidature au motif qu'elle ne répondait pas à l'ensemble des critères de recrutement pour l'admission à cette formation. Par la présente requête,
Mme B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, () qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " ;
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme B fait valoir qu'elle a candidaté dans plusieurs formations dans la plateforme nationale " Mon master " qui se sont soldées par des refus et cinq placements sur liste d'attente qui n'ont pas abouti à l'issu de la phase complémentaire d'admission achevée le 31 juillet 2024. Toutefois, ces circonstances sont insuffisantes à établir l'impossibilité que Mme B aurait à poursuivre ses études de master, dès lors qu'elle ne soutient ni n'établit que, parmi l'ensemble de ses candidatures rejetées, la procédure dématérialisée de recrutement prévue par le code de l'éducation serait achevée, cette dernière ayant procédé à un recours devant le rectorat pour lui trouver une admission, et qu'elle n'établit pas d'avantage la proximité de la rentrée scolaire. Dans ces conditions, Mme B ne justifie ainsi pas de la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Cergy, le 1er octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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