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Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2611759

mardi 3 novembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2611759
TypeDécision
RecoursInterprétation
Formation7ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 13 mai 2026, le recteur de l’académie de Versailles demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l’article R. 312-4 du code de justice administrative, d’interpréter son jugement n° 2101695 du 31 mars 2026.

Il soutient que :
- d’une part, ce jugement est ambigu, dès lors qu’il n’expose pas les raisons pour lesquelles il distingue deux périodes d’indemnisation, la première allant du 1er novembre 2017 à octobre 2020, la seconde allant du 1er novembre 2020 à la date d’introduction de la réclamation préalable de M. L... ;
- d’autre part, ce jugement est ambigu, dès lors que la mention « date d’introduction de la réclamation préalable » ne permet pas d’identifier clairement la date à retenir, celle-ci n’étant pas explicitement indiquée dans le dispositif du jugement.

Par des mémoires, enregistrés le 23 juin 2026, le 27 juin 2026, le 2 juillet 2026, et le 21 septembre 2026, M. U... L... soutient d’une part, qu’au 24 juin 2026, il n’a pas perçu la somme correspondant à la majoration des intérêts au taux légal pour la période allant du 1er janvier 2016 au 11 octobre 2017 et, d’autre part, que l’administration a indument procédé, sur son traitement du mois de juin 2026, à une retenue d’un montant de 1340,25 euros.

Par une ordonnance du 4 septembre 2026, la clôture de l’instruction a été fixée au 21 septembre 2026.

En application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’irrecevabilité des conclusions présentées par le recteur de l’académie de Versailles, en l’absence d’obscurité ou d’ambiguïté du jugement n° 2101695 du tribunal du
31 mars 2026.

En application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’irrecevabilité des conclusions présentées par M. L..., qui relèvent d’un litige distinct.

Vu :
- le jugement n° 2101695 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 31 mars 2026 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le décret n° 2015-1087 du 28 août 2015 ;
- le décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Ablard, président,
- les conclusions de Mme Charlery, rapporteure publique,
- et les observations de M. Rafi.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement n° 2101695 du 31 mars 2026, le tribunal de céans a annulé la décision du 4 janvier 2021 par laquelle la direction départementale des services de l’éducation nationale des Hauts-de-Seine a refusé à M. U... L... le bénéfice de l’indemnité de sujétion liée à l’exercice de ses fonctions dans un établissement relevant de l’éducation prioritaire en application du décret n° 2015-1087 du 28 août 2015. Il a par ailleurs enjoint à la rectrice de l’académie de Versailles de liquider et de verser à M. L..., dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, une somme, majorée des intérêts au taux légal, permettant de réparer le retard dans le versement des sommes dues, correspondant à la période du 1er novembre 2017 à octobre 2020, puis à compter de 1er novembre 2020 jusqu’à la date d’introduction de sa réclamation préalable, pendant lesquelles l’intéressé a exercé effectivement les fonctions d’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) auprès des élèves en situation de handicap présents dans le collège Evariste Galois de Nanterre. Par la présente requête, le recteur de l’académie de Versailles demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l’article
R. 312-4 du code de justice administrative, d’interpréter le jugement susmentionné du 31 mars 2026.


Sur les conclusions présentées par l’administration :

2. Aux termes de l’article R. 312-4 du code de justice administrative : « Les recours en interprétation et les recours en appréciation de légalité relèvent de la compétence du tribunal administratif territorialement compétent pour connaître de l'acte litigieux ».

3. Un recours en interprétation d’une décision juridictionnelle n’est recevable que s’il émane d’une partie à l’instance ayant abouti au prononcé de la décision dont l’interprétation est sollicitée et dans la seule mesure où il peut être valablement argué que cette décision est obscure ou ambiguë.

4. Contrairement à ce qui est soutenu, il résulte du rapprochement de l’article 3 du dispositif du jugement n° 2101695 du tribunal de céans du 31 mars 2026 avec ses motifs qui en sont le support nécessaire, que ledit jugement ne présente ni obscurité, ni ambiguïté, tant en ce qui concerne la détermination des périodes d’indemnisation retenues que la « date d’introduction de la réclamation préalable », précisée au point 1 de ce jugement, à savoir le 1er décembre 2020. Il suit de là que la requête en interprétation présentée par le recteur de l’académie de Versailles n’est pas recevable et doit être rejetée.

Sur les conclusions présentées par M. L... :

5. En faisant valoir dans ses écritures, d’une part, qu’il n’a pas perçu la somme correspondant à la majoration des intérêts au taux légal pour la période allant du 1er janvier 2016 au 11 octobre 2017 et, d’autre part, que l’administration a indument procédé, sur son traitement du mois de juin 2026, à une retenue d’un montant de 1340,25 euros, M. L... présente des conclusions qui relèvent de litiges distincts qui doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.




D É C I D E :


Article 1er : La requête présentée par le recteur de l’académie de Versailles est rejetée.


Article 2 : Les conclusions présentées par M. L... sont rejetées.



Article 3 : Le présent jugement sera notifié au recteur de l’académie de Versailles et à M. U... L....


Délibéré après l’audience du 13 octobre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Ablard, président,
M. Charpentier, premier conseiller,
Mme Koundio, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2026.


Le président-rapporteur,

signé


T. Ablard
L’assesseur le plus ancien
dans l’ordre du tableau,

signé

T. Charpentier


La greffière,

signé

D. Soihier Charleston


La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.