Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 075
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2406348
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la demande de Mme C... tendant à l'annulation du refus de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité de 3 900,99 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation de précarité, mais la CAF opposait le caractère frauduleux de l'indu, devenu définitif. Le juge a rappelé qu'aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale, aucune remise gracieuse ne peut être accordée lorsque l'indu résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration caractérisant une volonté de dissimulation. En l'espèce, les omissions déclaratives de Mme C. (primes, libéralités, ressources du fils) révélaient une telle volonté, ce qui excluait toute remise, indépendamment de sa bonne foi ou de sa précarité.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2403687
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. B... contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 8 808,21 euros pour la période de mars 2020 à mai 2022. Le juge a estimé que la valeur en capital des parts sociales détenues par le requérant dans une société, même non productives de revenus, devait être prise en compte comme ressource en application des articles L. 262-2, L. 132-1 et R. 132-1 du code de l’action sociale et des familles. La contestation de M. B... sur l'évaluation de cette valeur n'a pas été jugée fondée, et sa situation financière difficile n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'indu. La décision du département de la Dordogne est donc confirmée.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2403639
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la requête de M. B... contestant le refus du président du conseil départemental de la Dordogne de lui servir le revenu de solidarité active (RSA) à compter du 1er août 2022. Le tribunal a annulé la décision du 26 février 2024 rejetant son recours administratif préalable obligatoire comme irrecevable, ainsi que la décision initiale du 18 avril 2023. Il a enjoint au département de réexaminer les droits de M. B... au RSA à compter du 1er août 2022 dans un délai de deux mois. Cette solution s’appuie sur les articles L. 262-2 et L. 262-4 du code de l’action sociale et des familles, ainsi que sur les principes de motivation et de notification régulière des décisions administratives.
Avocat : CABINET MALEVILLE
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2403104
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A... contestant un indu de prime d'activité de 515,43 euros réclamé par la CAF de la Gironde. La contestation du bien-fondé de l'indu a été jugée irrecevable car tardive, la requête ayant été déposée au-delà du délai de deux mois suivant la notification de la décision de la commission de recours amiable. Sur le fond, le tribunal a relevé que M. A... avait déclaré son salaire net après impôt au lieu du salaire net imposable, en méconnaissance de l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale. La demande de remise gracieuse a également été rejetée, la bonne foi de l'allocataire n'étant pas suffisante pour justifier une remise totale en l'absence d'erreur de l'administration.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2403063
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la contestation de Mme A... concernant un indu de prime d'activité de 1 168,44 euros réclamé par la CAF de la Gironde pour la période de juillet 2022 à mai 2023, en raison de la non-déclaration de pensions alimentaires perçues depuis octobre 2021. La requérante soutenait que l'indu résultait d'une erreur de la CAF et invoquait sa bonne foi. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les pensions alimentaires constituent des revenus de remplacement à déclarer en vertu des articles L. 842-3, L. 842-4 et R. 844-2 du code de la sécurité sociale, et que la CAF était fondée à récupérer l'indu.
Avocat : SELARL DGD
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2402969
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A... contestant le refus de la caisse d’allocations familiales de la Gironde de lui accorder une remise gracieuse d’un indu d’allocation de logement sociale de 1 291 euros. Le juge a estimé que, bien que le requérant soit de bonne foi, il n’a pas démontré une situation de précarité suffisante pour justifier un effacement de la dette à la date du jugement. La décision s’appuie sur les dispositions du code de la construction et de l’habitation et du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2402147
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la demande indemnitaire de Mme B..., agent de la commune de Lège-Cap Ferret, qui invoquait un harcèlement moral. La requérante n'a pas apporté d'éléments suffisants pour faire présumer l'existence d'un tel harcèlement, la commune ayant démontré que les mesures contestées (changement d'affectation, évaluations, procédure disciplinaire) étaient justifiées par des considérations étrangères à tout harcèlement, notamment ses difficultés relationnelles. Le tribunal a également rappelé que la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie est sans lien avec la qualification de harcèlement moral. La solution est fondée sur l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique.
Avocat : SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2600302
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B... qui demandait d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une convocation pour déposer une demande de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la mesure sollicitée n’était pas utile, dès lors que le renouvellement de ce titre de séjour relève du téléservice prévu à l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et non d’un dépôt physique en préfecture. La carence alléguée de l’administration n’a donc pas justifié l’injonction demandée.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2601762
Cette décision du Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne la demande de M. A..., ressortissant sénégalais, qui sollicite des mesures utiles pour l’instruction de sa demande de titre de séjour « vie privée et familiale » et la délivrance d’un récépissé l’autorisant à travailler. Le requérant a déposé plainte pour hébergement indigne et fondé sa demande de titre sur l’article L. 425-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit la délivrance d’une carte de séjour temporaire aux victimes de telles infractions. Le tribunal rappelle que l’administration a l’obligation de recevoir l’étranger et d’enregistrer sa demande dans un délai raisonnable, et que la remise d’un récépissé est essentielle pour ses droits au séjour et au travail. En l’espèce, la solution retenue est implicite dans le rappel de ces obligations, le juge des référés étant saisi pour ordonner les mesures nécessaires à l’exécution de ces dispositions législatives et réglement
Avocat : MERIENNE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2602513
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante ivoirienne, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou de statuer sur sa demande. Le tribunal a constaté que, conformément aux articles R. 432-1, R. 432-2 et R. 422-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration pendant quatre-vingt-dix jours avait fait naître une décision implicite de rejet le 10 février 2026. Dès lors, le juge des référés ne pouvait, sans faire obstacle à cette décision administrative, ordonner les mesures sollicitées, et la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2601464
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a été saisi par la commune de Montauriol sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. La commune demandait la désignation d'un expert pour constater les désordres d'un immeuble menaçant ruine et proposer des mesures de sécurité. Le juge a fait droit à cette demande en désignant un expert, chargé d'examiner l'immeuble, de déterminer l'existence d'un péril grave et imminent, et de proposer les mesures nécessaires pour y remédier.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2402646
Le Tribunal administratif de Grenoble a condamné l’État à verser 3 400 euros à Mme D... pour la carence fautive à lui proposer un hébergement dans les délais légaux, suite à une décision de la commission de médiation de l’Isère du 12 septembre 2022. La responsabilité de l’État a été engagée pour la période du 24 octobre 2022 au 28 février 2025, en application des articles L. 441-2-3 et R. 441-18 du code de la construction et de l’habitation. Le tribunal a estimé que l’absence d’offre adaptée durant cette période avait causé un préjudice, dont la provision déjà versée a été déduite.
Avocat : MARCEL
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2223091
**Sujet principal :** Recours en plein contentieux d'une société exploitant un bar contre des rehaussements d'impôt sur les sociétés et des rappels de TVA suite à une vérification de comptabilité. **Juridiction :** Tribunal Administratif de Paris (2e Section - 2e Chambre). **Solution retenue :** Le tribunal rejette la requête de la société BRV. Il estime que la procédure de contrôle a été régulière, notamment en ce qui concerne le débat contradictoire et la motivation de la proposition de rectification, et que les méthodes de rehaussement utilisées par l'administration sont fondées. **Textes appliqués :** Le tribunal s'appuie principalement sur les dispositions du Livre des Procédures Fiscales (notamment l'article L. 57 relatif à la motivation des propositions de rectification) et du Code Général des Impôts.
Avocat : CABINET ZAMOUR AVOCATS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2601988
La décision concerne une demande d'expertise préventive formulée par la commune de Seyssel avant la construction d'une halle couverte. Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a ordonné l'expertise demandée, estimant qu'elle était utile pour constater l'état des immeubles voisins, conformément aux articles R. 532-1 et R. 532-1-1 du code de justice administrative. En revanche, le tribunal a rejeté la demande de la commune concernant la prise en charge anticipée des frais d'expertise, relevant que cette décision relève de la compétence exclusive de la présidente de la juridiction.
Avocat : GUERINOT
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2322910
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande de décharge d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016, présentée par un contribuable résidant aux États-Unis. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l'administration fiscale avait régulièrement notifié la proposition de rectification à l'adresse connue en France et que les revenus salariaux, versés par une société française pour un emploi exercé en France, étaient imposables sur le territoire français. Cette solution s'appuie sur les dispositions de l'article 15 de la convention fiscale franco-américaine du 31 août 1994 et les règles de procédure fiscale.
Avocat : SANCHEZ
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324891
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de M. et Mme C... visant à obtenir la décharge d'un rappel d'impôt sur le revenu de 367 927 euros au titre de 2018. Le litige portait sur l'éligibilité d'une prime en actions (Management Incentive Plan) au crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement (CIMR). La juridiction a jugé que cette prime, versée par l'employeur Veolia, constituait un revenu exceptionnel et non un revenu non exceptionnel, et n'entrait donc pas dans le champ d'application du CIMR défini par l'article 60 de la loi de finances pour 2017.
Avocat : CABINET DEGROUX, BRUGERE & ASSOCIES - DBA (SCP)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2604524
Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé-suspension, a rejeté la demande de M. B... visant à suspendre une saisie administrative à tiers détenteur. Le juge a décliné sa compétence territoriale, estimant que le litige relevant du contentieux de l'assiette et du recouvrement de l'impôt était de la compétence du tribunal dans le ressort duquel siège le service émetteur de l'acte. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1, R. 312-1 et R. 221-3 du code de justice administrative, combinés à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales.
Tribunal Administratif d Amiens — N° TA80-2600875
Le Tribunal Administratif d'Amiens a annulé la décision du préfet de la Somme refusant l'enregistrement de la liste « Rassemblés pour Moreuil » pour les élections municipales de 2026. Le juge a estimé que le préfet avait commis une erreur de droit en se prononçant prématurément sur l'éligibilité du requérant (M. B... A...) au regard de l'article L. 231 du code électoral, alors que son contrôle à ce stade devait se limiter aux conditions de l'article L. 228. La juridiction a enjoint au préfet de délivrer le récépissé d'enregistrement de la candidature dans un délai de 24 heures.
Avocat : QUENNEHEN-TOURBIER
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2501421
Le Tribunal Administratif de Poitiers rejette la demande de provision de 300 000 euros présentée par la requérante contre le CHU de Poitiers, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. La juridiction estime que l'obligation de l'établissement hospitalier est sérieusement contestable, notamment en raison de la complexité liée à la qualification de la faute et à l'évaluation des préjudices. La demande au titre de l'article L. 761-1 du même code est également rejetée.
Avocat : SCP MORISSET & MONTOIS-CLERGEAU
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2208916
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par un agent de la commune de Roubaix contestant son placement en congé de maladie ordinaire à demi-traitement et réclamant le paiement d'une provision. L'agent soutenait qu'il aurait dû être placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service, lui ouvrant droit à un plein traitement, en application de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. La juridiction a rejeté les requêtes, considérant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant le caractère imputable au service de l'état de santé de l'agent, et qu'elle était fondée à opérer des retenues sur sa rémunération pour absence non justifiée conformément à l'article 15 du décret du 30 juillet 1987.
Avocat : MOULIN