Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 075
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309123
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un greffier des services judiciaires, se prétendant lanceur d'alerte, suite à une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonction. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 2e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la sanction disciplinaire (exclusion de 9 mois) n'a pas été prononcée en raison des signalements du requérant sur la présence d'amiante, mais pour ses agissements outranciers et non conformes aux procédures légales de signalement. **Textes appliqués** : L'article 6 de la loi du 9 décembre 2016 (définition du lanceur d'alerte) et l'article 6 Ter A de la loi du 13 juillet 1983 (protection des fonctionnaires lanceurs d'alerte, désormais codifié à l'article L. 135-4 du code général de la fonction publique).
Avocat : ICARD
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309172
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la société Dokter Jacbos-Dokter Delanghe SP, qui demandait l'annulation du refus implicite de paiement d'une créance cédée par la société Web Drop Ship. Le tribunal estime que la réalité de la cession de créance n'est pas établie, car l'acte produit n'est pas suffisamment probant et les mandats sous-jacents ne sont pas versés aux débats. La décision s'appuie sur les articles 1321 et 1322 du code civil, qui régissent les conditions de validité d'une cession de créance.
Avocat : MSIKA
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2410039
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes d'indemnisation de la Chubb European Group SE et de la société French Properties Management pour des dégradations survenues lors d'une manifestation des "gilets jaunes" le 16 mars 2019. La juridiction a jugé les requêtes irrecevables, estimant que les sociétés requérantes ne justifiaient pas d'un droit lésé personnel, la première ne démontrant pas sa subrogation dans les droits du propriétaire et la seconde n'établissant pas sa qualité de propriétaire des immeubles endommagés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la sécurité intérieure relatives à la responsabilité de l'État et sur les règles de recevabilité du contentieux administratif.
Avocat : CABINET CLYDE & CO (LLP)
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2600578
Sujet principal : Demande d'injonction au préfet de convoquer une étrangère à un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative (référé mesures utiles). Juridiction : Tribunal Administratif de Rouen (formation de référé). Solution retenue : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la mesure sollicitée est dépourvue d'utilité, car la requérante n'a pas démontré que des dysfonctionnements de la plateforme ANEF l'avaient empêchée de déposer sa demande de titre de séjour par voie dématérialisée, comme l'exige la procédure. Textes appliqués : Article L. 521-3 du code de justice administrative (conditions du référé mesures utiles) et article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (titre de séjour pour parent d'enfant français).
Avocat : HASSOUMI KOUNTCHE
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2109844
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la demande de la société Monceau investissements immobiliers, qui contestait le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) au titre de 2019. La juridiction a jugé que le taux n'était pas manifestement disproportionné par rapport aux dépenses du service public de collecte et de traitement des déchets, après déduction des recettes non fiscales. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article 1520 du code général des impôts et de l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2310272
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la demande d'indemnisation d'un détenu qui contestait trois fouilles corporelles intégrales subies en prison. La juridiction a estimé que ces fouilles, justifiées par des risques spécifiques liés au comportement du requérant et à ses contacts avec l'extérieur, étaient conformes aux dispositions du code pénitentiaire (articles L. 225-1 et suivants) et ne constituaient pas un traitement dégradant au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. L'État n'a donc pas commis de faute engageant sa responsabilité.
Avocat : THEMIS ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307909
Le Tribunal Administratif de Versailles rejette la demande de décharge d'impôts et de contributions sociales pour l'année 2016 présentée par M. et Mme A... Le tribunal estime que la procédure de redressement a respecté les garanties substantielles du contribuable, notamment le droit à un débat avec le supérieur hiérarchique du vérificateur, tel que prévu par la charte des droits et obligations du contribuable vérifié (article L. 10 du Livre des Procédures Fiscales). Il considère que la demande d'entretien des requérants, intervenue après la réponse de l'administration à leurs observations, ne pouvait empêcher la mise en recouvrement des impositions contestées.
Avocat : TABI
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2304811
Sujet principal : Recours contre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux pour les années 2019 et 2020, contestant la régularité de la procédure de rectification et le calcul de l'impôt. Juridiction : Tribunal Administratif de Versailles (formation de première chambre). Solution retenue : Le tribunal rejette la requête de Mme C... après avoir constaté qu'une partie de ses conclusions était devenue sans objet suite à un dégrèvement partiel accordé par l'administration. Il juge que la proposition de rectification a été régulièrement notifiée et que les autres moyens soulevés (quotient familial, frais réels, revenus fonciers, pensions alimentaires) ne sont pas fondés. Textes appliqués : Article L. 57 du livre des procédures fiscales (règles de notification), code général des impôts, et code de justice administrative.
Avocat : POUILLE
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2401757
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B... qui contestait la limitation de la déduction fiscale de ses versements à ses parents au Burkina Faso au titre de l'obligation alimentaire pour les années 2020 et 2021. Le tribunal a jugé que le contribuable n'avait pas rapporté la preuve que les sommes versées, bien supérieures au salaire minimum local, correspondaient strictement à l'état de besoin de ses ascendants, tel que défini par les articles 205 et 208 du code civil et l'article 156 du code général des impôts. L'administration fiscale était donc fondée à rectifier l'assiette de l'impôt sur le revenu en limitant la déductibilité à un montant proportionné aux besoins réels.
Avocat : WOUAKO
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2302312
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'une aide-soignante contre son centre hospitalier pour des préjudices liés à la gestion de son accident de service, de son inaptitude et d'allégations de harcèlement moral. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Toulon (formation de 3ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que le centre hospitalier n'a commis aucune faute dans la gestion de la situation professionnelle et médicale de l'agent, ayant respecté les restrictions médicales et n'étant pas tenu à une obligation de reclassement en l'absence d'aptitude. Les allégations de harcèlement moral ne sont pas retenues. **Textes appliqués** : Code général de la fonction publique (articles L. 826-1 et L. 826-3 sur l'adaptation et le reclassement), Code de justice administrative (article L. 761-1 sur les frais irrépétibles).
Avocat : CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2302444
Le Tribunal Administratif de Toulon a jugé une demande en responsabilité contre la société Escota, concessionnaire d'autoroute, suite à un accident de moto. Il a retenu la responsabilité d'Escota sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, la société n'ayant pas rapporté la preuve d'un entretien normal de la chaussée. La juridiction a condamné Escota à indemniser la victime pour ses préjudices et a fait droit à la demande de la CPAM en remboursement de ses débours.
Avocat : ABEILLE & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2302933
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande d'indemnisation de M. A... pour préjudice d'anxiété lié à son exposition à l'amiante. La juridiction a retenu l'exception de prescription, estimant que le délai de quatre ans prévu par la loi du 31 décembre 1968 était expiré, le préjudice étant considéré comme acquis et mesurable à la date de la prise de conscience du risque. Bien que l'État ait été reconnu en faute pour manquement à son obligation de sécurité envers son agent, notamment au regard du décret du 17 août 1977, cette carence n'a pas suffi à faire échec à la prescription.
Avocat : TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301884
Le Tribunal Administratif de Toulon a jugé une demande d'indemnisation pour préjudice d'anxiété lié à l'exposition à l'amiante. Il a retenu la responsabilité de l'État, en sa qualité d'employeur, pour manquement à son obligation de sécurité envers l'agent, constatant l'absence de mesures de protection adéquates. Concernant la prescription, le tribunal a appliqué la loi du 31 décembre 1968 et la jurisprudence du Conseil d'État, en estimant que le délai court à compter de la publication de l'arrêté inscrivant l'établissement sur la liste ouvrant droit à l'ASCAA, car cet acte porte à la connaissance de l'agent l'existence de sa créance.
Avocat : TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2302143
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande d'indemnisation d'une ancienne aide-soignante contre son employeur, le CHI de Fréjus Saint-Raphaël. La juridiction a estimé que l'établissement hospitalier n'avait pas commis de faute dans la gestion de sa situation professionnelle et médicale, notamment en matière d'aménagement de poste et de reclassement, et que la responsabilité sans faute n'était pas applicable. La décision s'appuie sur les articles L. 826-1 et L. 826-3 du code général de la fonction publique concernant l'adaptation du poste et le reclassement des fonctionnaires inaptes.
Avocat : GB AVOCATS
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2303539
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de la société Genesius Construction et réseaux, qui contestait un titre exécutoire de 645,61 euros émis par la régie des services d’eau de la Charente-Maritime suite à la détérioration d'une conduite d'eau. Le tribunal a jugé que les travaux de déploiement de la fibre optique, bien qu'exécutés par une chaîne d'entreprises privées, constituaient des travaux publics réalisés pour le compte du département dans un but d'intérêt général, relevant ainsi de la compétence de la juridiction administrative. Il a également écarté les exceptions d'incompétence et de tardiveté soulevées par la régie, en s'appuyant notamment sur les dispositions du code général des collectivités territoriales concernant la prescription des recours.
Avocat : SELARL BENDJEBBAR-LOPES
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2300586
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande principale de la société Vert Marine visant à engager la responsabilité contractuelle de la communauté de communes de l'île d'Oléron (CCIO) pour des surconsommations d'eau dans un centre aquatique. Le tribunal a estimé que le risque d'exploitation, y compris celui lié à d'éventuels désordres de l'ouvrage, incombait au délégataire en vertu de la convention de délégation de service public. Les conclusions subsidiaires dirigées contre les constructeurs ont également été rejetées, le juge administratif s'estimant incompétent pour connaître de ces demandes en responsabilité quasi-délictuelle qui relèvent de la juridiction judiciaire.
Avocat : SCP PARTHEMA 3
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2311114
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en plein contentieux, a rejeté la demande de la société Almia Management visant à obtenir un complément de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au titre de 2018. Le tribunal a jugé que le calcul du plafond des rémunérations éligibles, fixé par l'article 244 quater C du code général des impôts, ne devait pas être majoré pour les salariés au forfait en jours, et que les absences temporaires des salariés devaient être prises en compte pour déterminer ce plafond annuel. Les moyens tirés d'une rupture d'égalité devant la loi et les charges publiques ont été écartés.
Avocat : DELSOL AVOCATS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2315488
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société Lactalis Fromages visant à obtenir le remboursement de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour 2020 et 2021. Le litige portait sur la comptabilisation de pénalités logistiques, que l'entreprise souhaitait déduire de sa base de calcul de la CVAE en les considérant comme des charges courantes (compte 62). Le tribunal a jugé, en application des articles 1586 ter et 1586 sexies du code général des impôts, que ces pénalités, assimilables à des pénalités sur marchés et comptabilisées en charges exceptionnelles (compte 67), ne pouvaient être déduites pour le calcul de la valeur ajoutée imposable.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2214074
**Sujet principal** : Recours en responsabilité contractuelle de la commune d'Antony contre ses prestataires de maintenance informatique suite à un piratage de son réseau téléphonique. **Juridiction** : Tribunal administratif de Cergy-Pontoise (3ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a rejeté la requête de la commune. Il a jugé que la société SEMERU (prestataire initial) n'était pas responsable, son contrat ayant pris fin avant le piratage, et que la SELARL ASTEREN (liquidateur du prestataire suivant, Quonex IDF) ne pouvait être condamnée solidairement sur ce fondement contractuel. La demande relative aux frais d'expertise a été déclarée irrecevable au regard de l'autorité de la chose jugée. **Textes appliqués** : Le tribunal s'est fondé sur les règles générales de la responsabilité contractuelle et a fait application de l'article 1355 du code civil concernant l'autorité de la chose jugée.
Avocat : HYEST
Conseil d'État — N° 507183
Avocat : SCP GUÉRIN - GOUGEON