Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2409794
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de M. B... tendant à l'annulation du refus de remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active (RSA) de 7 163,01 euros. La solution retenue est fondée sur l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, qui subordonne la remise à la bonne foi et à la précarité du débiteur. Le tribunal a estimé que l'indu résultait d'omissions répétées et importantes de déclaration de ressources et de situation personnelle sur près de trois ans, constituant une fausse déclaration excluant la bonne foi. Par conséquent, la condition de bonne foi n'étant pas remplie, la demande de remise gracieuse a été rejetée.
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2413497
Le Tribunal Administratif de MELUN a examiné les requêtes de Mme C... contestant des indus de prime exceptionnelle de fin d'année (228,67 €) et de revenu de solidarité active (734,83 € et 16 020,49 €). La requérante invoquait notamment des vices de forme (absence de signature, défaut de motivation), une méconnaissance du contradictoire préalable, et une erreur sur sa résidence en France. Le tribunal a rejeté l'ensemble de ses demandes, jugeant que les décisions attaquées étaient régulières et fondées sur les textes applicables, notamment le code de l'action sociale et des familles et le code de la sécurité sociale. Les demandes de remise gracieuse ont également été rejetées.
Avocat : DESFARGES
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2402146
Le Tribunal administratif de Versailles a examiné la demande de l'EURL Mayerson Immobilier, marchand de biens, qui contestait la taxe sur les logements vacants pour un appartement à Poissy au titre de 2023. La société soutenait que la vacance était indépendante de sa volonté, le bien étant mis en vente au prix du marché sans trouver acquéreur, ce qui l'exonérait en application du VI de l'article 232 du code général des impôts. Le tribunal a jugé que la société avait démontré ses efforts continus de vente à un prix normal, et que la vacance n'était pas volontaire. Il a donc prononcé la décharge de la cotisation litigieuse.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2404278
Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête de Mme A... contestant la décision du préfet des Yvelines du 25 avril 2024 classant sans suite sa demande de naturalisation. Le tribunal rappelle que ce recours vise uniquement à contrôler la légalité de la décision de classement, fondée sur l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, et non à permettre au requérant de produire de nouvelles pièces. Constatant que Mme A... n’a pas fourni le justificatif de niveau de langue B1 demandé dans le délai imparti, le tribunal estime que la décision n’est entachée d’aucune erreur de droit ou de fait. La requête est donc rejetée.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2308073
Le Tribunal Administratif de Versailles rejette la requête de la SAS Talo Energy, qui contestait des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour la période du 22 mai 2017 au 30 novembre 2018. La juridiction a jugé la requête irrecevable en raison de la tardiveté de la réclamation préalable de la société. En application des articles L. 286 et R. 196-1 du livre des procédures fiscales, le délai pour former une réclamation expirait le 31 décembre 2022, mais la société n'a pas apporté la preuve du dépôt de son pli recommandé à cette date.
Avocat : TABI
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2302668
Le Tribunal Administratif de Poitiers a examiné la requête de M. C..., qui demandait à être reconnu victime d'une infection nosocomiale contractée lors de la pose d'une prothèse de genou au CHU de Poitiers en novembre 2016, et à obtenir réparation de ses préjudices. Le tribunal a rejeté la qualification d'infection nosocomiale, estimant que l'infection était survenue à domicile après la sortie du patient, et a donc écarté la responsabilité du CHU. En conséquence, il a également rejeté les demandes de M. C... et de la CPAM, et a mis hors de cause l'ONIAM. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives aux infections nosocomiales.
Avocat : SCPA NORMAND ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2302732
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de Mme A..., agent contractuel de la commune de Royan, qui demandait 30 000 euros en réparation de préjudices liés à la gestion de sa carrière. La requérante invoquait notamment l'illégalité d'un arrêté rétroactif de placement en congé sans traitement, un défaut de reclassement après son inaptitude, et une erreur dans le calcul de son indemnité de licenciement. Le tribunal a jugé que la commune n'avait commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité, en se fondant sur les dispositions du décret n°88-145 du 15 février 1988 et du code général de la fonction publique.
Avocat : BERNARD-CHATELOT
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2302927
Le Tribunal Administratif de Poitiers a examiné la demande indemnitaire de M. A..., maître-nageur sauveteur, qui contestait le rejet de sa candidature par la communauté d’agglomération du Grand Châtellerault en juillet 2022. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par la collectivité, considérant que la décision de recrutement d’un contractuel était contestable. Sur le fond, il a rappelé que les articles L. 311-1 et L. 332-8 du code général de la fonction publique imposent de privilégier le recrutement d’un fonctionnaire titulaire avant de recourir à un contractuel. En l’espèce, M. A. étant fonctionnaire titulaire, la collectivité n’a pas justifié avoir cherché à le recruter en priorité, ce qui constitue une illégalité fautive. Le tribunal a donc condamné la communauté d’agglomération à verser à M. A... une indemnité de 1 500 euros pour préjudice moral, rejetant le surplus de ses demandes.
Avocat : SCP KPL AVOCATS
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2303174
Le Tribunal administratif de Poitiers a été saisi par Mme A... d'une demande de condamnation de l'université de Poitiers à lui verser des indemnités pour des prestations impayées et pour le préjudice subi suite à la résiliation unilatérale de deux contrats (dont un verbal) relatifs à la réalisation d'une bande dessinée. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par l'université concernant la tardiveté de la requête. Sur le fond, il a partiellement fait droit à la demande en condamnant l'université à verser 3 553,56 euros pour les prestations réalisées et impayées, sur le fondement de la responsabilité contractuelle pour faute, mais a rejeté la demande d'indemnisation du préjudice lié à la résiliation pour motif d'intérêt général. Les textes appliqués sont les principes de la responsabilité contractuelle et les dispositions du code de justice administrative.
Avocat : SCP KPL AVOCATS
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2300989
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. A..., lieutenant-colonel, qui contestait un titre de perception émis le 6 décembre 2022 pour le recouvrement d’un indu de solde de 13 167,08 euros. Le requérant soutenait que les sommes perçues lors de son affectation en Martinique étaient régulières, mais le tribunal a jugé le moyen non fondé. La décision s’appuie notamment sur le décret n° 50-1258 du 6 octobre 1950 fixant le régime de solde des militaires outre-mer et le décret n° 2017-1889 du 30 décembre 2017 relatif à l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG.
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2301525
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de Mme B..., professeure certifiée, qui demandait la condamnation du rectorat de l'académie de Poitiers pour des erreurs répétées dans le traitement de sa rémunération et des délais anormaux dans la procédure de réintégration. Le tribunal a considéré que les erreurs de liquidation des traitements et indemnités, notamment les trop-perçus et les rappels d'ISOE, ne constituaient pas des décisions créatrices de droits, et que l'administration n'avait pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité. La solution retenue est fondée sur les principes régissant le retrait des décisions individuelles créatrices de droits et l'absence de faute lourde dans la gestion des congés de maladie et de la disponibilité d'office.
Avocat : DENIS
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2302437
Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. C... contestant un titre de perception de 6 271,54 euros émis pour un trop-perçu de rémunération lors de son détachement rétroactif. Le juge a examiné prioritairement le bien-fondé de la créance, constatant que le requérant avait perçu deux fois la même rémunération pour la période d'octobre à décembre 2019. La solution retenue confirme la légalité du titre de perception, en application des principes de répétition de l'indu et des dispositions relatives aux titres exécutoires.
Avocat : DROUINEAU 1927
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2308699
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société BNP Paribas, qui sollicitait la décharge de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour 2020 et 2021. La société soutenait que l'inclusion de 5 % des dividendes dans l'assiette de la CVAE était contraire à la directive européenne "mère-fille" et à divers principes de non-discrimination. Le tribunal a jugé que la CVAE, impôt national sur la valeur ajoutée, n'entre pas dans le champ de la directive "mère-fille" et que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. La requête a donc été rejetée.
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2600913
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de la commune des Pavillons-sous-Bois, qui demandait une expertise sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. La demande visait à obtenir une mission d’expertise pour constater d’éventuels dommages affectant des existants pendant des travaux, mais cette mission n’a pas été reprise dans les dispositions modifiées par le décret n° 2023-468 du 16 juin 2023. En l’absence de fondement juridique applicable, la requête a été jugée irrecevable.
Avocat : LOIRÉ - HENOCHSBERG
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2508002
Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur la demande de M. E... B..., a ordonné une expertise médicale afin d'évaluer les conditions de prise en charge de son père, M. H... B..., décédé à l'hôpital Saint-Louis. Le requérant alléguait un retard de diagnostic imputable à l'AP-HP, notamment à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. L'AP-HP ne s'étant pas opposée à la mesure, le juge a fait droit à la demande sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, considérant l'expertise utile pour une future action en responsabilité. La mission de l'expert, désignée en oncologie, inclut l'examen de l'ensemble du parcours de soins du patient. La question de la charge des frais d'expertise a été réservée à une phase ultérieure de la procédure.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2536554
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur la demande du préfet de police, a ordonné une expertise avant travaux dans le cadre de la réhabilitation du centre de secours des sapeurs-pompiers de Paris (12e arrondissement). La mesure, fondée sur l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, vise à constater l'état des immeubles et réseaux voisins susceptibles d'être affectés par le chantier. L'expert désigné devra dresser un état des lieux préalable et pourra, à l'initiative du demandeur, poursuivre sa mission pour rechercher les causes et l'étendue des dommages survenant pendant les travaux.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2301733
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par M. A... d’une demande d’indemnisation de 8 000 euros pour le préjudice moral subi du fait de ses conditions de détention à la maison d’arrêt de Rouen entre juillet 2021 et août 2022. Le requérant invoquait un traitement inhumain et dégradant contraire à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, en raison notamment du manque d’espace personnel, de l’insalubrité, du défaut d’intimité et de l’absence de réaction face aux violences subies. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les éléments apportés ne suffisaient pas à établir la réalité des manquements allégués ni à engager la responsabilité de l’État sur le fondement des articles L. 7 et D. 221-2 du code pénitentiaire.
Avocat : MASSARDIER JULIA
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2106546
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A..., agent contractuel de la commune de Pontault-Combault, qui demandait la condamnation de cette dernière à lui verser diverses indemnités liées à son accident de service et à son licenciement pour inaptitude. La requérante soutenait notamment que la commune avait commis une faute en ne lui versant pas son traitement après la consolidation de son état de santé et en calculant de manière erronée son indemnité de licenciement et ses allocations chômage. Le tribunal a jugé que la requête était en partie irrecevable, la décision de rejet de la demande indemnitaire étant confirmative d'une précédente décision, et a estimé qu'aucune faute de la commune n'était établie, rejetant ainsi l'ensemble des demandes principales et subsidiaires. La décision s'appuie notamment sur le décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale.
Avocat : COUSIN
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2108580
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de la société Icces, qui demandait la condamnation de la commune d’Avon à lui verser 18 171,19 euros TTC pour des travaux supplémentaires dans le cadre du lot « Serrurerie » d’un marché de construction d’une médiathèque. La société invoquait des sujétions imprévues résultant d’une incohérence de cotes sur les plans fournis. Le tribunal a jugé la requête irrecevable, faute pour la société d’avoir adressé son mémoire en réclamation au maître d’œuvre, en méconnaissance de l’article 50.1.1 du CCAG Travaux. À titre subsidiaire, il a estimé que le surcoût provenait d’une erreur d’estimation de la société, qui aurait dû se référer aux plans d’élévation prévalant sur le carnet de serrurerie selon le CCAP, et que les travaux n’étaient pas supplémentaires mais prévus au contrat.
Avocat : CHOFFRUT-BRENER
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2301235
Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. B..., détenu, d'une demande d'indemnisation pour une erreur de liquidation de ses salaires perçus en juin 2019. Le tribunal a jugé que l'administration pénitentiaire avait commis une faute en appliquant un taux horaire erroné, inférieur au minimum légal fixé par le code de procédure pénale et le décret n° 2018-1173. Il a condamné l'État à verser à M. B... la somme de 211,46 euros au titre de son manque à gagner, après déduction des cotisations sociales obligatoires (CSG et CRDS). En revanche, la demande d'indemnisation pour préjudice moral a été rejetée, faute de préjudice établi.
Avocat : LE BROUDER