Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 075
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2208966
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande indemnitaire de la société RATP Coopération contre le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole, suite à l'éviction de son groupement d'un marché public de vélos en libre-service. La juridiction a jugé la requête irrecevable pour défaut de réclamation préalable obligatoire, conformément à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Elle a également considéré que le préjudice allégué, lié au caractère anormalement bas de l'offre retenue, n'était pas établi.
Avocat : JUFFROY
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2300323
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation de Mme A... B... pour une chute imputée à un défaut d'entretien de la voirie. La juridiction a jugé que la requérante n'apportait pas la preuve d'un défaut anormal de l'ouvrage public (un socle de panneau) ni du lien de causalité entre ce prétendu défaut et son préjudice. Le tribunal a également considéré que la créance était prescrite au regard de la loi du 31 décembre 1968 sur la prescription des créances sur l'État.
Avocat : MAZURU
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2304249
Le Tribunal Administratif de Melun a été saisi par le SYMPAV pour obtenir l'expulsion de la société Aeroprogress et le paiement de sommes dues pour occupation sans titre d'un local sur l'aérodrome de Melun-Villaroche. La juridiction a fait droit aux demandes du SYMPAV, ordonnant la libération des locaux sous astreinte et condamnant la société et son gérant solidairement au paiement des redevances impayées et d'indemnités d'occupation. La décision s'appuie sur les articles L. 2122-1 et L. 2111-16 du code général de la propriété des personnes publiques, qui interdisent l'occupation sans titre du domaine public.
Avocat : CHEVRIER ASSOCIES
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2303338
**Sujet principal** : Demande en indemnisation de la société GRDF contre la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole pour des dommages causés à une canalisation de gaz, imputés à une fuite d'eau provenant d'un ouvrage public. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Rouen (3ème Chambre). **Solution retenue** : La responsabilité sans faute de la communauté urbaine est retenue. Le lien de causalité entre la fuite de la canalisation d'eau communautaire et la corrosion de la canalisation de gaz est jugé établi, ouvrant droit à réparation pour GRDF. **Textes appliqués** : La décision s'appuie sur les principes de la responsabilité du fait des ouvrages publics (régime de responsabilité sans faute du gardien de l'ouvrage), sans citer de code spécifique autre que le code de justice administrative pour les frais.
Avocat : BUFFETAUD MANUEL
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2401438
Le Tribunal Administratif de Rouen a statué sur une demande d'indemnisation de la famille d'une victime d'une infection nosocomiale grave contractée au CHU de Rouen en 2011. La juridiction a condamné l'ONIAM, au titre de la solidarité nationale prévue par l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique, à indemniser les préjudices d'affection des proches. Elle a fixé les montants à 20 000 euros pour le conjoint et à 5 000 euros pour chacun des quatre enfants, rejetant ainsi les demandes plus élevées des requérants.
Avocat : Jasper avocats Association d'Avocats à Responsabilité Professionnelle Individuelle
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2601411
Sujet principal : Demande de suspension en référé de mesures de recouvrement forcé d'un indu de RSA et d'une indemnité de frais de gestion. Juridiction : Tribunal Administratif de Rouen (juge des référés). Solution retenue : Le juge rejette la demande de suspension. Il estime qu'il n'y a pas d'urgence, car le recours au fond contre l'indu a un caractère suspensif légal empêchant tout recouvrement forcé, et que la requérante ne justifie pas d'une situation de précarité particulière. Textes appliqués : Articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles (prévoyant le caractère suspensif des recours contre un indu de RSA).
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2307710
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation suite à une chute dans une bouche d'égout non couverte sur une voie publique de la commune de Rives. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Grenoble (3ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a rejeté la requête des victimes. Il a jugé que la commune de Rives rapportait la preuve d'un entretien normal de la voirie et que la faute de la victime, qui marchait en regardant son téléphone portable, constituait une cause exclusive de son accident, exonérant ainsi totalement la commune de sa responsabilité. **Textes appliqués** : Le raisonnement s'appuie sur les principes généraux de la responsabilité pour dommages de travaux publics, permettant à la collectivité de s'exonérer en prouvant un entretien normal ou la faute exclusive de la victime.
Avocat : PHELIP ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2402617
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande principale de la Société La Souris grise visant à réduire ses cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2021 et 2022. La juridiction a d'abord constaté qu'une partie de la requête était devenue sans objet suite à des dégrèvements partiels déjà accordés par l'administration. Sur le fond, le tribunal a estimé que la société n'apportait aucun élément probant pour contester le classement en catégorie 5, le coefficient d'entretien et les équivalences superficielles retenus par les services fiscaux, appliquant les dispositions du code général des impôts. La demande de condamnation de l'État aux frais a également été rejetée.
Avocat : SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2403715
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande de décharge de taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023 présentée par la SCI du Hanap d'Argent. La juridiction a jugé que les locaux, bien que dégradés, ne remplissaient pas les conditions strictes d'exonération prévues à l'article 1389 du code général des impôts, notamment car leur état au 1er janvier 2023 ne correspondait pas à un état de ruine justifiant une exonération. Le tribunal a appliqué les articles 1380, 1415 et 1495 du code général des impôts, relevant que la valeur locative tient déjà compte de l'état d'entretien via un coefficient et que la requérante n'a pas apporté d'éléments probants démontrant un changement de caractéristiques physiques justifiant une révision.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2403830
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en juge unique, a rejeté la requête de l'Association Sainte-Agnès qui contestait le classement de ses locaux en catégorie CLI3 pour le calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Le tribunal a estimé que l'administration fiscale était fondée à retenir cette catégorie, relevant du secteur sanitaire et social, au regard de la nature et de la vocation du centre d'accueil pour personnes handicapées, et non la catégorie SEP7 (établissements de loisirs) invoquée par l'association. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1498 du code général des impôts et 310 Q de son annexe II relatives à la classification des locaux professionnels.
Avocat : SCHIANO-GENTILETTI
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2403841
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande de la SAS Pharamond visant à réduire ses cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2022 et 2023. La société arguait que la vacance de ses locaux justifiait un reclassement de la catégorie MAG1 (magasin) vers DEP2 (dépôt) et une révision de leur valeur locative. Le tribunal a jugé, en application des articles 1498 et 1517-1 du code général des impôts, que la simple vacance d'un local ne constitue pas un changement d'affectation ou de consistance ouvrant droit à une modification de sa valeur locative ou de sa catégorie fiscale.
Avocat : SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2404286
Le Tribunal Administratif de Grenoble a statué sur une demande de réduction de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2022 et 2023, présentée par la société SAS Alphaform concernant son établissement industriel. La juridiction a partiellement fait droit à la demande en constatant que l'administration fiscale avait déjà accepté d'exclure certaines immobilisations spécialisées des bases d'imposition, rendant cette partie de la requête sans objet. Pour le surplus, le tribunal a appliqué les articles 1380, 1381 et 1382 du code général des impôts, en rappelant que seuls les outillages et moyens matériels d'exploitation industriels spécifiques peuvent être exonérés, à l'exclusion des ouvrages et constructions visés par l'article 1381.
Avocat : FIDAL
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2404498
**Sujet principal** : Demande de décharge ou de réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2023, fondée sur l'inexploitation d'un centre commercial. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Grenoble (juge unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande. La société requérante ne remplit pas les conditions strictes de l'article 1389 du code général des impôts pour bénéficier d'un dégrèvement, car l'inexploitation du bien (acquis en vue d'une démolition/reconstruction) n'est pas considérée comme indépendante de sa volonté. **Textes appliqués** : Articles 1380, 1381 et principalement 1389 du code général des impôts, interprétés strictement par le juge de l'impôt.
Avocat : SCP LACHAT MOURONVALLE
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2602694
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune de Ferrassière en désignant un expert pour évaluer un mur menaçant ruine. La juridiction a appliqué les articles L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation et R. 556-1 du code de justice administrative, qui encadrent cette procédure d'urgence. L'expert devra constater l'état du mur, vérifier l'existence d'un péril imminent et proposer les mesures de sécurité nécessaires dans un délai contraint.
Avocat : SELARL RETEX AVOCATS
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2112780
Sujet principal : Demande de décharge de rappels de TVA et de pénalités par une infirmière exerçant des activités de relaxation et d'hypnose. Juridiction : Tribunal Administratif de Nantes (4ème Chambre). Solution retenue : Le tribunal rejette la requête. Il considère que les activités de relaxation et d'hypnose exercées par Mme B..., bien que relevant de son rôle propre d'infirmière, ne poursuivent pas une finalité thérapeutique ou préventive au sens strict du droit de l'Union européenne et du code général des impôts. Par conséquent, elles ne peuvent bénéficier de l'exonération de TVA. Textes appliqués : Article 261 du code général des impôts (notamment le 1° du 4), interprété à la lumière de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (arrêts C-212/01 et C-307/01), et l'article L. 4311-1 du code de la santé publique.
Avocat : SOFIGES
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2113908
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la demande d'un contribuable visant à obtenir la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des pénalités associées, au titre des années 2017 et 2018. Le litige portait sur la remise en cause par l'administration fiscale du bénéfice de la réduction d'impôt pour investissement locatif (dispositif Pinel), au motif que le plafond de loyer, calculé en appliquant un coefficient multiplicateur à la surface habitable, n'était pas respecté. Le tribunal a jugé que les impositions contestées étaient légales, fondées sur les dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts et ses textes d'application, et a rejeté les moyens soulevés par le requérant, notamment celui tiré du droit à l'erreur.
Avocat : SCP ATLANTIQUE AVOCATS ASSOCIES (SAINT-HERBLAIN)
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2114114
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la demande de la SAS Siale, qui contestait l'assiette de sa taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2020. La société soutenait que certains équipements (panneaux d'isolation, ventilation, pont bascule, etc.) devaient être exonérés en tant qu'outillages industriels au sens du 11° de l'article 1382 du code général des impôts. Le tribunal a jugé que ces éléments, faisant corps avec le bâtiment et n'étant pas spécifiquement adaptés à une activité industrielle au sens de la jurisprudence, étaient imposables en application des articles 1380, 1381 et 1495 du même code.
Avocat : CABINET AODEN
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2114376
**Sujet principal** : Recours en décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, contestant la requalification par l'administration fiscale de travaux déduits comme charges foncières. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nantes (4ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête des contribuables. Il estime que les travaux réalisés (rénovation complète d'un atelier) constituent des dépenses d'amélioration non déductibles pour des locaux professionnels, et non de simples réparations ou entretien. Les contribuables n'ont pas rapporté la preuve du caractère déductible de ces charges. **Textes appliqués** : Articles 28 et 31 du code général des impôts (CGI), définissant le revenu net foncier et limitant la déductibilité des charges pour les locaux professionnels aux dépenses de réparation, d'entretien et, sous conditions strictes, à certaines dépenses d'amélioration (amiante, accessibilité).
Avocat : MORICE-CHAUVEAU
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2108196
Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi d'une demande en responsabilité médicale contre le centre hospitalier du Mans. Le requérant demandait réparation pour un préjudice corporel résultant d'une prise en charge aux urgences jugée fautive, concernant une plaie de la main. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'établissement sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, en constatant une faute dans le diagnostic et le traitement initial. Il a condamné l'hôpital à indemniser le patient, en fixant le montant des préjudices et en ordonnant le versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : ROUILLON
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2112217
Le Tribunal Administratif de Nantes a statué sur une demande d'indemnisation pour faute médicale. Le requérant, puis ses ayants droit après son décès, reprochaient au centre hospitalier du Mans de ne pas avoir détecté sur des radiographies le déchaussement d'une plaque d'ostéosynthèse, entraînant une perte de chance d'éviter des complications. La juridiction a retenu la responsabilité de l'établissement sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et a ordonné l'indemnisation des préjudices après expertise.
Avocat : SCP HAUTEMAINE AVOCATS