Jurisprudence CJUE62025TJ0890

Arrêt du Tribunal (septième chambre) du 16 septembre 2026.#Fitmart Gmbh & Co. KG contre Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.#Marque de l’Union européenne – Enregistrement international désignant l’Union européenne – Marque figurative ULTRAPURE – Motif absolu de refus – Absence de caractère distinctif – Article 7, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 2, du règlement (UE) 2017/1001.#Affaire T-890/25.

CELEX62025TJ0890
TypeJurisprudence CJUE
Datemercredi 16 septembre 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ARRÊT DU TRIBUNAL (septième chambre)

16 septembre 2026 (*)

« Marque de l’Union européenne – Enregistrement international désignant l’Union européenne – Marque figurative ULTRAPURE – Motif absolu de refus – Absence de caractère distinctif – Article 7, paragraphe 1, sous b), et paragraphe 2, du règlement (UE) 2017/1001 »

Dans l’affaire T‑890/25,

Fitmart Gmbh & Co. KG, établie à Elmshorn (Allemagne), représentée par Mes J. Schäffler et M. Kleinn, avocats,

partie requérante,

contre

Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. M. Eberl, en qualité d’agent,

partie défenderesse,

LE TRIBUNAL (septième chambre),

composé de MM. K. Kecsmár, président, L. Madise et U. Öberg (rapporteur), juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

vu la phase écrite de la procédure,

vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,

rend le présent

Arrêt

1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Fitmart GmbH & Co. KG, demande l’annulation de la décision de la quatrième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 31 octobre 2025 (affaire R 1419/2025‑4) (ci-après la « décision attaquée »).

Antécédents du litige

2 Le 27 novembre 2024, la requérante, revendiquant la priorité de la marque allemande no 302024110411, déposée le 31 mai 2024, a désigné l’Union européenne dans son enregistrement international du signe figuratif suivant :

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3 La marque demandée désignait les produits relevant des classes 5, 29, 30 et 32 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant, pour chacune de ces classes, à la description suivante :

– classe 5 : « Préparations d’acides aminés à usage médical ; préparations de vitamines ; compléments nutritionnels ; compléments alimentaires minéraux ; compléments d’apport alimentaire à base de protéines de soja ; phytocompléments ; compléments d’apport alimentaire à base d’enzymes ; compléments d’apport alimentaire à base de caséine ; compléments d’apport alimentaire sous forme de poudre ; compléments alimentaires diététiques pour jeûne modifié ; compléments d’apport alimentaire à base de protéines de petit-lait ; compléments nutritionnels minéraux ; compléments alimentaires pour sportifs ; compléments d’apport alimentaire à base de poudre de protéine ; compléments d’apport alimentaire protéinés ; compléments alimentaires se composant d’acides aminés ; compléments d’apport alimentaire composés de vitamines ; préparations diététiques à usage médical ; compléments d’apport alimentaire et préparations diététiques ; préparations alimentaires diététiques à usage médical ; préparations nutritionnelles et diététiques ; compléments de protéines sous forme de boissons fouettées ; compléments alimentaires sous forme liquide ; mélanges en poudre pour boissons, aromatisés aux fruits, en tant que compléments alimentaires ; préparations multivitaminiques ; boissons utilisées en tant que compléments d’apport alimentaire ; barres nutritionnelles utilisées comme substituts de repas pour augmenter l’énergie ; nutraceutiques utilisés en tant que compléments d’apport alimentaire ; mélanges en poudre pour boissons à utiliser comme compléments nutritionnels ; compléments alimentaires à usage non médical ; préparations de vitamines et minéraux ; compléments minéraux et vitaminés ; vitamines et préparations de vitamines ; préparations de vitamines sous forme de compléments alimentaires ; aliments diététiques à usage médical ; compléments nutritionnels » ;

– classe 29 : « Lait ; laitages ; milk-shakes ; produits à boire à base de produits de crèmerie ; lait en poudre ; lait en poudre à usage alimentaire ; lait en poudre aromatisé pour la confection de boissons ; petit-lait ; produits laitiers et succédanés de produits laitiers ; produits à boire à base de produits de crèmerie ; lait de soja ; blancs d’œuf en poudre ; blanc d’œuf ; jaunes d’œuf » ;

– classe 30 : « Préparations de céréales ; malt pour l’alimentation humaine ; extraits de malt à usage alimentaire ; chocolat ; boissons gazeuses [à base de café, cacao ou chocolat] ; préparations de glucose à usage alimentaire ; barres de céréales et barres énergétiques ; barres enrobées de chocolat ; barres de céréales hyperprotéinées ; édulcorants naturels à faible teneur en calories ; confiseries non médicamenteuses à consommer dans le cadre d’un régime à faible apport calorique ; produits à boire à base de thé ; produits à boire à base de thé ; préparations pour la confection de boissons [à base de thé] ; produits à boire à base de chocolat ; extraits de café destinés en tant qu’arômes dans des produits à boire » ;

– classe 32 : « Produits à boire sans alcool ; produits à boire aux jus de fruits ; jus ; sirops pour la fabrication de produits à boire ; préparations non alcoolisées pour la confection de produits à boire ; préparations diluables pour la confection de produits à boire ; sirops et autres préparations sans alcool pour la confection de produits à boire ; produits à boire isotoniques [autres qu’à usage médical] ; boissons énergisantes ; boissons énergisantes ; produits à boire isotoniques ; préparations pour la confection de produits à boire sans alcool ; pastilles pour produits à boire effervescents ; boissons à base de cola ; produits à boire sans alcool aromatisés au café ; produits à boire sans alcool aromatisés au café ; produits à boire aromatisés aux fruits ; produits à boire sans alcool enrichis en vitamines ; produits à boire enrichis en éléments nutritionnels ; boissons protéinées ; produits à boire enrichis en protéines pour sportifs ; boissons pour sportifs ; boissons pour sportifs contenant des électrolytes ; concentrés à utiliser pour la préparation de boissons pour sportifs ».

4 Par décision du 10 juillet 2025, l’examinateur a refusé l’enregistrement de la marque demandée, sur le fondement de l’article 7, paragraphe 1, sous b) et c), et paragraphe 2, du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1).

5 Le 8 août 2025, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de l’examinateur.

6 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours au motif que la marque contestée relevait du champ d’application de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, lu conjointement avec l’article 7, paragraphe 2, du même règlement, dans la mesure où elle ne véhiculait qu’une signification banale et élogieuse et était dépourvue de caractère distinctif.

Conclusions des parties

7 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision attaquée et la décision de l’examinateur du 10 juillet 2025 ;

– condamner l’EUIPO aux dépens.

8 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal

– rejeter le recours ;

– condamner la requérante aux dépens exposés par lui en cas de convocation à une audience.

En droit

Sur le fond

9 Au soutien de son recours, la requérante invoque deux moyens, tirés, le premier, de la violation de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 et, le second, de la violation des principes d’égalité de traitement et de bonne administration.

Sur le premier moyen, tiré de la violation de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, relatif au caractère distinctif de la marque demandée

10 Dans le cadre de son premier moyen, la requérante avance trois arguments. Premièrement, elle soutient que la combinaison des mots « ultra » et « pure » composant la marque demandée ne sera pas comprise immédiatement et sans ambiguïté par le public pertinent comme une référence directe aux caractéristiques des produits couverts par ladite marque, mais que la diversité de significations de cette combinaison déclenchera un processus cognitif dans l’esprit du public pertinent, conférant ainsi à cette dernière un degré minimal de caractère distinctif. Deuxièmement, la marque demandée satisferait au degré minimal de caractère distinctif requis en raison de son élément figuratif accrocheur. Troisièmement, la requérante fait valoir que, conformément à l’article 7, paragraphe 1, sous c), du règlement 2017/1001, la marque demandée n’est pas descriptive et le public pertinent devra faire un effort mental pour établir un lien entre la référence à la pureté du produit couvert par ladite marque et les qualités particulières de celui-ci.

11 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

12 Aux termes de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sont refusées à l’enregistrement les marques qui sont dépourvues de caractère distinctif.

13 En vertu de l’article 7, paragraphe 2, du règlement 2017/1001, l’article 7, paragraphe 1, du même règlement est applicable même si les motifs de refus n’existent que dans une partie de l’Union.

14 Le caractère distinctif d’une marque au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 signifie que cette marque permet d’identifier le produit pour lequel l’enregistrement est demandé comme provenant d’une entreprise déterminée, et donc de distinguer ce produit de ceux d’autres entreprises (voir arrêt du 21 janvier 2010, Audi/OHMI, C‑398/08 P, EU:C:2010:29, point 33 et jurisprudence citée).

15 La notion d’« intérêt général » sous-jacente à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 se confond, à l’évidence, avec la fonction essentielle de la marque, qui est de garantir au consommateur ou à l’utilisateur final l’identité d’origine du produit ou du service désigné par la marque, en lui permettant de distinguer sans confusion possible ce produit ou ce service de ceux qui ont une autre provenance (voir, en ce sens, arrêt du 29 avril 2004, Henkel/OHMI, C‑456/01 P et C‑457/01 P, EU:C:2004:258, point 48).

16 Les signes descriptifs visés à l’article 7, paragraphe 1, sous c), du règlement 2017/1001 sont, également, dépourvus de caractère distinctif au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), de ce règlement. À l’inverse, un signe peut être dépourvu de caractère distinctif au sens dudit article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 pour des raisons autres que son éventuel caractère descriptif (arrêt du 10 mars 2011, Agencja Wydawnicza Technopol/OHMI, C‑51/10 P, EU:C:2011:139, point 46).

17 En outre, selon la jurisprudence, un minimum de caractère distinctif suffit à faire obstacle à l’application du motif absolu de refus prévu à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 [arrêt du 27 février 2002, Eurocool Logistik/OHMI (EUROCOOL), T‑34/00, EU:T:2002:41, point 39].

18 Selon une jurisprudence constante, l’enregistrement d’une marque composée de signes ou d’indications qui sont par ailleurs utilisés en tant que slogans publicitaires, indications de qualité ou expressions incitant à acheter les produits ou les services visés par cette marque n’est pas exclu en tant que tel en raison d’une telle utilisation. Toutefois, une marque qui, tel un slogan publicitaire, remplit d’autres fonctions que celle d’une marque au sens classique n’est distinctive, au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, que si elle peut être perçue d’emblée comme une indication de l’origine commerciale des produits ou des services visés afin de permettre au public concerné de distinguer sans confusion possible les produits ou les services du titulaire de la marque de ceux qui ont une autre provenance commerciale [voir arrêt du 21 janvier 2010, Audi/OHMI, C‑398/08 P, EU:C:2010:29, points 35 et 45 et jurisprudence citée ; arrêt du 3 juillet 2003, Best Buy Concepts/OHMI (BEST BUY), T‑122/01, EU:T:2003:183, point 21 ; voir, également, arrêt du 21 février 2024, Timothy Jacob Jensen Studios/EUIPO (DESIGNERS TRUST), T‑92/23, non publié, EU:T:2024:107, point 15 et jurisprudence citée].

19 C’est à la lumière de ces considérations qu’il convient d’examiner, au vu de l’appréciation exposée par la chambre de recours dans la décision attaquée, l’argumentation de la requérante.

20 À titre liminaire, la chambre de recours a considéré que les produits visés par la marque demandée relevant de la classe 5 s’adressaient au grand public et aux professionnels du secteur médical et nutritionnel, qui font preuve d’un niveau d’attention élevé. De plus, la chambre de recours a indiqué que les produits visés par ladite marque relevant des classes 29, 30 et 32 s’adressaient au grand public, qui fait preuve d’un niveau d’attention tout au plus moyen, voire faible.

21 La chambre de recours a noté que, quel que soit le niveau d’attention du public pertinent, celui-ci pouvait être relativement faible lorsqu’il s’agissait d’indications promotionnelles.

22 La chambre de recours a fondé son appréciation sur la perception du public anglophone et francophone de l’Union, qui, à la date de l’adoption de la décision attaquée, était le public irlandais, maltais, belge, français et luxembourgeois.

23 Ces conclusions de la chambre de recours ne sont pas contestées par la requérante.

24 En premier lieu, la chambre de recours a constaté que la marque demandée était une marque figurative composée de l’élément verbal « ultrapure », écrit en noir, dans une police de caractères simple, en gras, en majuscules et sur un fond rectangulaire jaune.

25 La chambre de recours a considéré que l’élément verbal « ultrapure » de la marque demandée serait facilement compris comme étant la combinaison de l’élément « ultra », un préfixe couramment ajouté en anglais et en français à des adjectifs pour former d’autres adjectifs qui soulignent que quelque chose a une qualité extrêmement élevée, et de l’élément « pure », un adjectif anglais et français qui fait référence à quelque chose de propre et de dépourvu de toute substance nocive. En outre, la chambre de recours a indiqué que l’absence d’espace entre ces deux éléments n’était pas suffisante pour constituer un aspect créatif susceptible de distinguer les produits de la requérante de ceux d’autres entreprises.

26 Ainsi, la chambre de recours a considéré que le terme « ultrapure » avait une signification évidente pour le public concerné, à savoir celle selon laquelle les produits visés par la marque demandée, tels que les substances diététiques et nutritionnelles, les produits alimentaires et les boissons, étaient extrêmement purs et ne contenaient aucune substance nocive.

27 En réponse à l’argument de la requérante selon lequel l’élément « pure » avait plusieurs significations possibles qui, à leur tour, déclencheraient un processus cognitif dans l’esprit du public pertinent, la chambre de recours a estimé que, bien que la jurisprudence admette qu’une pluralité de significations puisse servir à établir le caractère distinctif d’une marque, en l’espèce, aucune des significations possibles du terme « pure » ne permettait d’établir le caractère distinctif de la marque demandée, étant donné qu’aucune de ces significations ne priverait ladite marque de son caractère élogieux ni ne créerait de tension conceptuelle suffisante pour établir un caractère distinctif.

28 La chambre de recours a considéré que, pour les produits concernés relevant de la classe 5, consistant notamment en des vitamines et d’autres préparations diététiques, ainsi que pour ceux relevant des classes 29, 30 et 32, consistant en des produits alimentaires et des boissons de consommation courante, le public pertinent comprendrait immédiatement que le signe indiquait la grande pureté des produits, ce qui est un facteur de qualité clé, lié à la santé, à la sécurité et à l’efficacité, auxquelles les consommateurs accordent une grande importance. Un haut degré de pureté véhiculerait donc l’idée que le produit a été fabriqué ou sélectionné avec soin.

29 Par conséquent, la chambre de recours a estimé que la marque contestée serait perçue par le public pertinent comme un simple message élogieux et promotionnel dans le contexte des produits couverts par la marque contestée, étant donné qu’elle véhicule une idée simple et non équivoque au sujet d’une caractéristique positive de ces produits, dans le but de rendre ces derniers attrayants, qui sera comprise sans effort intellectuel particulier de la part du consommateur. La chambre de recours a considéré que cela ne suffisait pas pour remplir la fonction essentielle d’une marque, à savoir identifier l’origine commerciale des produits en question, et que le consommateur ne prendrait pas le temps de s’interroger sur les différentes fonctions possibles du signe ni de l’enregistrer mentalement comme une marque.

30 La requérante fait valoir que la chambre de recours a apprécié de manière erronée le caractère distinctif de la combinaison des mots « ultra » et « pure ». La requérante soutient que le public pertinent n’interprète pas l’élément « pure » uniquement en fonction de sa définition la plus restrictive tirée du dictionnaire, mais plutôt à la lumière des usages commerciaux. Elle fait valoir que l’élément « pure » évoque une diversité de significations et suscite des associations, notamment, avec des processus de production élaborés et des contrôles rigoureux des produits, des allusions à une sécurité et à une efficacité exceptionnelles ainsi que des messages métaphoriques ou promotionnels. De plus, l’évocation du caractère naturel et du domaine de la santé inciterait le public pertinent à se demander si le produit offre une efficacité exceptionnelle ou une meilleure tolérance physique, ce qui serait suffisant pour conférer à ce dernier un caractère distinctif au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

31 Par ailleurs, la requérante soutient que la combinaison « ultrapure » n’est pas perçue comme la simple somme des éléments qui la composent, mais exige du public pertinent qu’il effectue un processus d’interprétation en deux étapes avec un certain degré d’abstraction, ce qui serait suffisant pour conférer un caractère distinctif à la marque demandée. En effet, selon la requérante, la chambre de recours a négligé le fait que même les termes créés en suivant les usages linguistiques ou les pratiques publicitaires courantes, y compris ceux contenant une simple déclaration factuelle, peuvent néanmoins tenir lieu d’indicateurs de l’origine commerciale, à condition qu’ils présentent une certaine originalité ou un certain caractère mémorable, qu’ils nécessitent un minimum d’effort d’interprétation ou qu’ils déclenchent un processus de réflexion chez le public pertinent.

32 Ainsi, la requérante considère que la combinaison inhabituelle et marquante sur le plan linguistique « ultrapure » déclenche nécessairement un processus de réflexion dans l’esprit du consommateur, renforçant ainsi le caractère mémorisable de la marque demandée. Le public pertinent percevrait ainsi la marque demandée comme une indication d’origine commerciale et cette marque aurait, dès lors, à tout le moins un degré minimal de caractère distinctif.

33 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

34 Premièrement, il convient de noter que la requérante ne conteste pas le fait que les mots « ultra » et « pure » puissent avoir la signification retenue par la chambre de recours (voir point 25 ci-dessus), mais fait valoir que ce n’est pas nécessairement cette signification qui sera associée par le public pertinent au terme « pure », car celui-ci se prête à une multitude d’interprétations possibles. La requérante ne conteste pas non plus que les significations des termes « ultra » et « pure » puissent être interprétées comme un message promotionnel ou un slogan.

35 À cet égard, la pluralité de significations de la marque demandée est en soi un élément pertinent qu’il y a lieu de prendre en considération dans le cadre de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 [voir arrêt du 24 septembre 2025, Claims Balkans/EUIPO (CLAIMS), T‑582/24, non publié, EU:T:2025:914, point 26 et jurisprudence citée].

36 Par ailleurs, le caractère distinctif d’une marque, au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, doit être apprécié, d’une part, par rapport aux produits ou aux services pour lesquels l’enregistrement est demandé et, d’autre part, par rapport à la perception qu’en a le public pertinent (voir arrêt du 29 avril 2004, Henkel/OHMI, C‑456/01 P et C‑457/01 P, EU:C:2004:258, point 35 et jurisprudence citée).

37 En l’espèce, il est constant que le mot « pure » a plusieurs significations. Cela étant, dans son sens le plus courant, l’adjectif « pure » décrit quelque chose qui n’est mélangé à rien d’autre, qui est dépourvu de toute substance nocive ou qui est complet, comme le montrent les définitions correspondant à l’entrée de ce mot dans le dictionnaire en ligne Oxford Dictionary. Il renvoie à la notion de propreté et de perfection. En effet, comme l’a indiqué la chambre de recours aux points 35 et 36 de la décision attaquée, dans le secteur de la santé, du bien-être, de l’alimentation et des boissons, les consommateurs accordent une importance considérable à la pureté d’un produit, puisque l’absence d’additifs ou de substances nocives est souvent interprétée comme un facteur essentiel pour garantir l’efficacité des produits en question. Par conséquent, dans le contexte des produits concernés, la requérante n’a pas expliqué pourquoi le public pertinent ne comprendrait pas le mot « pure » comme signifiant « exempt de contaminants, d’additifs ou de substances nocives ».

38 En outre, quand bien même le public pertinent percevrait immédiatement le mot « pure » comme faisant allusion à une sécurité et à une efficacité exceptionnelles, comme l’a déjà indiqué la chambre de recours au point 35 de la décision attaquée, la requérante n’établit pas que cette signification est susceptible de doter la marque demandée d’un caractère distinctif suffisant pour en permettre l’enregistrement. En effet, cette signification, ou toute autre signification du mot « pure », ne traduit également qu’une idée sans équivoque que le public pertinent percevra comme une caractéristique positive des produits concernés plutôt que comme une information sur l’origine commerciale de ces produits.

39 Par conséquent, malgré la pluralité des significations que peut revêtir le mot « pure » dans l’abstrait, il y a lieu de considérer que, dans le contexte spécifique des produits concernés, aucune des significations possibles de ce terme n’empêche suffisamment le public pertinent de percevoir immédiatement et uniquement la marque demandée comme véhiculant un message élogieux concernant l’ensemble des produits concernés, et non comme une indication de l’origine commerciale des produits qu’elle vise. Dans ces circonstances, la requérante ne saurait valablement invoquer les multiples significations du mot « pure » pour remettre en cause les conclusions de la chambre de recours quant au caractère distinctif de la marque demandée.

40 Il en va de même pour le terme « ultra ». En effet, en substance, la signification générique de ce terme, synonyme du mot « extra », tendant à exalter de manière indéterminée la nature, la fonction, la qualité ou l’une des qualités de n’importe quel produit, ainsi que l’utilisation habituelle dudit terme dans le langage courant, comme dans le commerce, en tant que terme laudatif générique contribuent au caractère laudatif de la marque demandée [voir arrêt du 12 juin 2024, Amstel Brouwerij/EUIPO – Anheuser-Busch (ULTRA), T‑170/23, non publié, EU:T:2024:375, point 52 et jurisprudence citée]. Il s’ensuit que le terme « ultra » est un terme élogieux générique qui ne saurait être considéré comme apte à distinguer l’origine commerciale des produits qu’il vise.

41 Deuxièmement, s’agissant du fait que la combinaison « ultrapure » exigerait du public pertinent un processus d’interprétation en deux étapes, conférant à la marque demandée un minimum de caractère distinctif, le Tribunal rappelle que, lorsqu’une marque comporte une combinaison d’éléments, elle peut être appréciée au regard de chacun de ces éléments pris séparément, mais doit, en tout état de cause, être analysée également au regard de l’ensemble que ces éléments composent (voir, en ce sens, arrêt du 15 mars 2012, Strigl et Securvita, C‑90/11 et C‑91/11, EU:C:2012:147, point 23). Or, la requérante n’a pas expliqué en quoi la combinaison des éléments « ultra » et « pure » serait perçue comme une combinaison inhabituelle ayant une signification distincte, supérieure à la simple somme de ses parties. Le Tribunal ne voit pas quelle signification la marque pourrait véhiculer autre que celle selon laquelle les produits qu’elle couvre sont extrêmement ou extraordinairement purs ou propres.

42 En l’espèce, dans le contexte des produits concernés, tant le terme « ultra » que le terme « pure » seront compris par le public pertinent comme étant des termes banals et élogieux, servant chacun à souligner la propreté ou la qualité exceptionnelles des produits en question. Contrairement à ce que prétend la requérante, il s’agit de termes bien connus en anglais et en français. Par ailleurs, il est notoire que le mot « ultra » peut être utilisé comme préfixe pour former des adjectifs qui expriment le superlatif.

43 De plus, lorsqu’une marque consiste en un néologisme composé d’éléments ayant chacun une signification claire et que le néologisme lui-même ne s’écarte pas de la signification de la simple combinaison des éléments qui le composent, il ne peut alors avoir un caractère distinctif supérieur à la somme de ses parties individuelles [voir, par analogie, arrêt du 5 juillet 2017, Allstate Insurance/EUIPO (DRIVEWISE), T‑3/16, non publié, EU:T:2017:467, points 30 et 35 à 38].

44 À cet égard, le néologisme « ultrapure » est composé de termes anglais et français facilement identifiables par le public anglophone et francophone pertinent et ne constitue pas un mot qui, en raison de son caractère inhabituel au regard des produits en cause, aurait une signification propre qui l’emporterait sur la simple juxtaposition des mots qui le composent.

45 Dès lors, la combinaison des deux mots bien connus « ultra » et « pure » ne donne pas lieu à un processus d’interprétation en deux étapes nécessaire, dans le cas de slogans publicitaires, d’indications de qualité ou d’expressions incitant à acheter les produits couverts par la marque demandée, pour conférer à cette marque un caractère distinctif.

46 Ainsi, le public concerné comprendra immédiatement la signification du signe et ne l’associera pas à l’entreprise de la requérante. En effet, le consommateur dans le domaine des produits de santé et de bien-être valorise, voire attend, la pureté du produit qu’il achète et ne distingue pas l’origine de ce produit sur la base du fait qu’il est « ultrapure », mais voit plutôt dans ce dernier terme un simple message promotionnel ou élogieux relatif à l’attrait du produit en cause.

47 Partant, la chambre de recours a considéré à juste titre que l’élément verbal « ultrapure » de la marque demandée n’était pas suffisant pour lui conférer un caractère distinctif au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.

48 En deuxième lieu, la chambre de recours a estimé que la police de caractères noire basique et le fond jaune ne suffisaient pas pour que la marque demandée surmonte l’objection relative à l’absence de caractère distinctif. En effet, la police de caractères est facilement lisible et le rectangle jaune est une forme géométrique de base. La combinaison des couleurs jaune et noir n’introduit pas d’élément d’ironie ou d’opposition sémantique en créant une tension conceptuelle. Ainsi, ces éléments seraient perçus comme décoratifs et ne serviraient qu’à souligner le message promotionnel véhiculé par l’élément verbal.

49 La requérante fait valoir que l’élément figuratif du signe a à tout le moins un degré minimal de caractère distinctif. Elle soutient que la chambre de recours a commis une erreur en estimant que l’élément figuratif était dépourvu de caractère distinctif, puisque celui-ci crée une impression d’ensemble spécifique et mémorable, dépassant le contenu sémantique de l’élément verbal.

50 La requérante soutient que le fond jaune vif associé à la police de caractères noire produit une identité visuelle accrocheuse, qui est communément reconnue comme une combinaison de couleurs visant à mettre en garde, peu courante dans le secteur des compléments alimentaires. Cette combinaison étant inattendue, la requérante affirme qu’elle rend la marque plus susceptible d’être associée à son entreprise et d’indiquer l’origine commerciale des produits sur lesquels la marque demandée peut apparaître.

51 La requérante fait donc valoir que la marque contestée possède à tout le moins un caractère distinctif minimum, voire moyen, tant sur le plan conceptuel que, surtout, sur le plan de son impression d’ensemble, y compris son élément figuratif.

52 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

53 Même si, dans certains cas, l’élément figuratif d’une marque complexe peut, notamment en raison de sa forme, de sa taille, de sa couleur ou de sa position dans le signe, détenir une place équivalente à celle de l’élément verbal [arrêt du 27 novembre 2024, Vino Vintana/EUIPO – Torrevento (SINCE 1974 PRIMITIVO DI MANDURIA), T‑276/24, non publié, EU:T:2024:868, point 40] et, ainsi, en fonction des circonstances, conférer à la marque demandée un caractère distinctif minimum, tel n’est pas le cas en l’espèce.

54 En effet, contrairement à ce que soutient la requérante, la police de caractères simple, qui présente un faible caractère distinctif, ne suffit pas à constituer une indication d’origine commerciale. Dans le cas d’espèce, la police de caractères et la palette de couleurs utilisées par la requérante ne sont pas suffisamment mémorables pour établir de manière satisfaisante le degré minimal de caractère distinctif requis par l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001. En effet, eu égard à la nature récurrente des caractéristiques typographiques que présente la marque demandée et à l’absence de tout élément distinctif particulier, la police employée ainsi que l’épaisseur des caractères ne permettent pas à la marque demandée de renvoyer de manière certaine et exclusive, dans l’esprit du public pertinent, à l’origine des produits sur lesquels porte la demande d’enregistrement. Ainsi, l’élément figuratif est d’une nature tellement peu caractéristique qu’il n’apporte aucun caractère distinctif à l’ensemble de la marque demandée. Ledit élément, en effet, ne présente aucun aspect, notamment s’agissant de sa fantaisie ou de la manière dont il est combiné, permettant à ladite marque d’accomplir sa fonction essentielle en ce qui concerne les produits sur lesquels porte la demande d’enregistrement [voir arrêt du 15 mai 2014, Katjes Fassin/OHMI (Yoghurt-Gums), T‑366/12, non publié, EU:T:2014:256, point 31 et jurisprudence citée].

55 En outre, les couleurs jaune et noir ne sont pas non plus suffisamment distinctives pour permettre au public pertinent d’identifier l’origine commerciale des produits en cause. En effet, les consommateurs n’ont pas pour habitude de présumer l’origine des produits en se fondant sur leur couleur ou sur celle de leur emballage, en l’absence de tout élément graphique ou textuel, parce qu’une couleur n’est pas en elle-même, dans les usages commerciaux actuels, en principe utilisée comme moyen d’identification. La propriété inhérente de distinguer les produits d’une certaine entreprise fait normalement défaut à une couleur [voir arrêts du 13 septembre 2010, KUKA Roboter/OHMI (Nuance de la couleur orange), T‑97/08, EU:T:2010:396, point 42 et jurisprudence citée, et du 13 novembre 2024, Chiquita Brands/EUIPO – Compagnie financière de participation (Représentation d’un ovale bleu et jaune), T‑426/23, non publié, EU:T:2024:807, point 44 et jurisprudence citée].

56 En troisième lieu, la requérante fait valoir que, conformément à l’article 7, paragraphe 1, sous c), du règlement 2017/1001, la marque demandée ne fait pas directement référence aux caractéristiques spécifiques des produits qu’elle vise. La requérante soutient que toute référence à la « pureté » présuppose un effort intellectuel reliant le signe à des qualités particulières du produit. Or, les consommateurs de l’Union s’attendant naturellement à ce que les produits alimentaires soient sûrs et exempts de substances nocives, comme l’exige la loi, le signe ne serait pas considéré comme une affirmation factuelle.

57 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

58 D’emblée, il convient de noter que la chambre de recours n’a pas examiné la conformité de la marque contestée à l’article 7, paragraphe 1, sous c), du règlement 2017/1001, mais a limité son examen à l’analyse de l’article 7, paragraphe 1, sous b), de ce règlement, étant donné qu’il ressort clairement de l’article 7, paragraphe 1, dudit règlement que, pour qu’un signe ne soit pas susceptible d’être enregistré en tant que marque de l’Union européenne, il suffit que l’un des motifs absolus de refus s’applique [voir, en ce sens, arrêt du 22 juin 2017, Biogena Naturprodukte/EUIPO (ZUM wohl), T‑236/16, EU:T:2017:416, point 62 et jurisprudence citée].

59 La requérante ne saurait donc invoquer l’absence d’analyse de la part de l’EUIPO de la conformité de la marque demandée à l’article 7, paragraphe 1, sous c), du règlement 2017/1001 comme preuve de l’absence de caractère descriptif de cette marque et donc de l’existence d’un caractère distinctif de cette dernière.

60 Néanmoins, la chambre de recours a considéré que, même si la marque contestée n’est pas descriptive au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous c), du règlement 2017/1001, ce fait ne signifie pas automatiquement que ladite marque est distinctive au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du même règlement. En effet, le caractère distinctif peut également faire défaut si le signe se compose uniquement d’informations élogieuses et promotionnelles sur l’espèce, la qualité, la nature et la destination des produits concernés, empêchant ainsi le public pertinent de percevoir l’origine commerciale du produit dans le signe.

61 Ainsi qu’il ressort du point 39 ci-dessus, l’élément verbal « ultrapure », dans le contexte des produits concernés, ne sert qu’à transmettre un message purement élogieux. Même si la chambre de recours avait procédé à un examen complet et avait conclu que le mot « ultrapure » n’était pas descriptif des produits concernés, ce fait n’aurait pas nécessairement conduit à conclure que la marque possédait un caractère distinctif au sens de l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 [voir arrêt du 18 octobre 2023, Sports Group Denmark/EUIPO (ENDURANCE), T‑566/22, non publié, EU:T:2023:655, point 28 et jurisprudence citée].

62 Partant, la chambre de recours n’a pas violé l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001 en concluant à l’absence de caractère distinctif de la marque contestée.

Sur le second moyen, tiré de la violation des principes d’égalité de traitement et de bonne administration

63 La requérante fait valoir que l’EUIPO est tenu de traiter les affaires comparables de manière cohérente, si les circonstances de droit et de fait sont sensiblement les mêmes et si les décisions antérieures sont cohérentes et légales. La requérante fait notamment valoir, à cet égard, que la chambre de recours n’a pas suffisamment pris en considération les enregistrements antérieurs de marques contenant les éléments « ultra » et « pure », sans aucun autre élément distinctif, visant des produits et des services comparables, sur lesquels elle s’était fondée et dans le cadre desquels ces termes avaient été à juste titre considérés comme suffisamment distinctifs et non descriptifs. Le refus d’enregistrer la marque de la requérante aurait donc entraîné une inégalité de traitement injustifiée.

64 L’EUIPO conteste les arguments de la requérante.

65 À cet égard, la légalité des décisions des chambres de recours de l’EUIPO doit être appréciée uniquement sur la base du règlement 2017/1001, tel qu’interprété par le juge de l’Union, et non sur la base d’une pratique décisionnelle antérieure à celles-ci (voir arrêt du 26 avril 2007, Alcon/OHMI, C‑412/05 P, EU:C:2007:252, point 65 et jurisprudence citée). En outre, les références faites aux décisions adoptées en première instance par l’EUIPO ne sauraient lier ni les chambres de recours de celui-ci ni, a fortiori, le juge de l’Union [voir, en ce sens, arrêt du 12 décembre 2019, Conte/EUIPO (CANNABIS STORE AMSTERDAM), T‑683/18, EU:T:2019:855, point 79 et jurisprudence citée].

66 Néanmoins, l’EUIPO doit, dans le cadre de l’instruction d’une demande d’enregistrement d’une marque de l’Union européenne, prendre en considération les décisions déjà prises sur des demandes similaires et s’interroger avec une attention particulière sur la question de savoir s’il y a lieu ou non de décider dans le même sens (arrêt du 10 mars 2011, Agencja Wydawnicza Technopol/OHMI, C‑51/10 P, EU:C:2011:139, points 73 et 74 et jurisprudence citée).

67 Toutefois, l’application par l’EUIPO des principes d’égalité de traitement et de bonne administration devant être conciliée avec le respect du principe de légalité, la personne qui demande l’enregistrement d’un signe en tant que marque de l’Union européenne ne saurait invoquer à son profit une illégalité éventuelle commise en faveur d’autrui afin d’obtenir une décision identique (voir, en ce sens, l’arrêt du 10 mars 2011, Agencja Wydawnicza Technopol/OHMI, C‑51/10 P, EU:C:2011:139, points 73, 75 et 76).

68 Au demeurant, pour des raisons de sécurité juridique et, précisément, de bonne administration, l’examen de toute demande d’enregistrement doit être strict et complet et l’examen doit avoir lieu dans chaque cas concret, afin d’éviter que des marques ne soient enregistrées de manière indue (arrêt du 10 mars 2011, Agencja Wydawnicza Technopol/OHMI, C‑51/10 P, EU:C:2011:139, point 77 ; voir, également, arrêt du 28 juin 2018, EUIPO/Puma, C‑564/16 P, EU:C:2018:509, point 61 et jurisprudence citée).

69 En l’espèce, ainsi qu’il ressort des points 10 à 62 ci-dessus, la chambre de recours était en droit de conclure que la marque demandée tombait sous le coup du motif de refus prévu à l’article 7, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, de sorte que la requérante ne saurait valablement se prévaloir des décisions antérieures de l’EUIPO pour faire annuler cette conclusion.

70 Il s’ensuit que, contrairement à ce que soutient la requérante, c’est à juste titre que la chambre de recours a conclu que les marques de l’Union européenne invoquées par cette dernière n’étaient pas pertinentes.

71 À cet égard, la quasi-totalité des marques de l’Union européenne invoquées par la requérante ne contient qu’un seul des deux éléments composant l’élément verbal de la marque demandée. La requérante n’a produit aucun élément de preuve susceptible d’établir en quoi les marques de l’Union européenne invoquées étaient comparables à la marque contestée.

72 Il ressort de ce qui précède que le second moyen doit être rejeté et, partant, le recours dans son ensemble, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur la recevabilité du deuxième chef de conclusions de la requérante.

Sur les dépens

73 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

74 Bien que la requérante ait succombé, l’EUIPO n’a conclu à la condamnation de celle-ci aux dépens qu’en cas de convocation à une audience. En l’absence d’organisation d’une audience, il convient de décider que chaque partie supportera ses propres dépens.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (septième chambre)

déclare et arrête :

1) Le recours est rejeté.

2) Fitmart GmbH & Co. KG et l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) supporteront chacun leurs propres dépens.

Kecsmár

Madise

Öberg

Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 16 septembre 2026.

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.

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