mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00484 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C D a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2302271 du 6 juillet 2023, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2024, M. D, représenté par Me Ruffel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 du préfet de l'Hérault ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il appartiendra au préfet de justifier que le signataire de l'arrêté bénéficiait d'une délégation spéciale et publiée ;
- il justifie d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté en litige, soit depuis le 22 décembre 2012, et se trouve en situation d'obtenir un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- c'est à tort que le tribunal n'a pas accueilli ce moyen en retenant la notion de résidence stable, entachant ainsi le jugement d'erreur manifeste d'appréciation.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. D, de nationalité algérienne, né le 11 mars 1973 à Hadjout (Algérie), déclare être entré en France le 24 mai 2009 avec un visa court séjour délivré par les autorités espagnoles. Le 21 novembre 2022, il a déposé auprès des services de la préfecture de l'Hérault une demande d'admission au séjour. Par un arrêté du 22 décembre 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. D relève appel du jugement du 6 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, l'appelant fait grief aux premiers juges d'avoir entaché leur jugement d'une erreur manifeste d'appréciation en écartant le moyen tiré de la violation de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 prévoyant la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence au ressortissant algérien qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans. Si l'appelant reproche en particulier au jugement attaqué d'avoir retenu la notion de résidence stable en lieu et place de résidence habituelle, un tel moyen relève du contrôle du juge de cassation et non de celui du juge d'appel à qui il appartient, dans le cas de l'effet dévolutif, de se prononcer à nouveau sur la légalité de l'arrêté en litige.
4. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué par adoption de motifs retenus à bon droit par le tribunal au point 2 du jugement attaqué.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
6. M. D soutient être en situation d'obtenir la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence en application des stipulations citées au point précédent dès lors qu'il justifie résider en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté en litige, soit à partir du 22 décembre 2012. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a obtenu le 4 octobre 2011 un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 3 janvier 2012. Pour le reste de l'année 2012, M. D produit seulement des attestations rédigées en termes vagues et peu circonstanciés, notamment celle de M. A établie le 13 juin 2022 indiquant connaître l'intéressé depuis 2011 et l'avoir invité à déjeuner en juillet 2012 ainsi que l'attestation de Mme B rédigée le 11 juillet 2022 précisant que M. D a connu son mari au cours de l'été 2012. Si l'appelant verse également au débat une ordonnance médicale le concernant datée du 3 décembre 2012 accompagnée d'une feuille de soins portant la même date, ces attestations et ces documents ne suffisent pas à établir sa résidence en France depuis le 22 décembre 2012 alors qu'il produit ensuite des refus d'admission à l'aide médicale d'Etat en date des 4 et 18 mars 2013 et une ordonnance médicale du 23 octobre 2013 également accompagnée d'une feuille de soins établie à la même date. Dans ces conditions, M. D ne peut être regardé comme apportant la preuve par tout moyen de sa résidence en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté en litige et le préfet de l'Hérault n'a pas méconnu les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien en refusant de lui délivrer un certificat de résidence.
7. En quatrième lieu, si M. D soutient avoir occupé successivement divers emplois et avoir tissé de nombreuses relations, ces circonstances ne suffisent pas à démontrer que le préfet de l'Hérault, en refusant son admission au séjour, aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En dernier lieu, l'appelant ne peut utilement se prévaloir des termes de la circulaire du 28 novembre 2012 qui est dépourvue de valeur réglementaire.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. D est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, à Me Ruffel et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Toulouse, le 28 août 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026