mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00585 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | OUDDIZ-NAKACHE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Par un jugement n° 2300449 du 8 février 2024, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2024, Mme B, représentée par Me Ouddiz-Nakache, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 8 février 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 23 décembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour pendant la période transitoire ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans les mêmes conditions d'astreinte et avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour pendant la période transitoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté préfectoral attaqué est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- il a été signé par une autorité incompétente en l'absence de justification d'une délégation de signature et de sa publication au recueil des actes administratifs ;
- il est entaché d'un vice de forme substantiel en l'absence de mention de la délégation de signature ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire prévu à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et méconnaît les stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- il viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juin 2024.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante algérienne, née le 28 janvier 1974 à Mostaganem (Algérie), est entrée sur le territoire français le 1er décembre 2012 sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a bénéficié d'un certificat de résidence algérien d'un an, valable du 29 juillet 2015 au 28 juillet 2016, en raison de son mariage avec un ressortissant français le 11 avril 2015. Le 9 août 2016, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par arrêté du 29 décembre 2017, sa demande a fait l'objet d'un refus et d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Toulouse et la cour administrative d'appel de Bordeaux. Le 10 août 2022, Mme B a sollicité son admission au séjour sur le fondement des stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 23 décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B relève appel du jugement du 8 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, Mme B soutient que l'arrêté préfectoral attaqué est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et est insuffisamment motivé. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué vise les articles sur lesquels le préfet s'est fondé ainsi que les conditions de son arrivée et de son séjour en France. Concernant sa vie privée et familiale, l'arrêté attaqué mentionne notamment son mariage contracté le 11 avril 2015, la présence de ses deux sœurs en France et qu'elle a vécu dans son pays d'origine, où résident ses parents, jusqu'à l'âge de 38 ans où elle n'est pas dépourvue d'attaches personnelles et familiales importantes. Par suite, et alors que le préfet n'a pas l'obligation de reprendre l'ensemble des éléments de fait caractérisant la situation personnelle et familiale de l'intéressée mais seulement ceux sur lesquels il entend fonder sa décision, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle manquent en fait et doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, Mme B reprend en appel, à l'identique et sans élément nouveau, le moyen soulevé en première instance de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 2 du jugement contesté.
5. En troisième lieu, Mme B soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme substantiel en l'absence de mention de la délégation de signature dans ses visas. Toutefois, si l'arrêté attaqué ne mentionne pas dans ses visas la délégation de signature, celle-ci est librement accessible sur le site internet de la préfecture et ce vice de forme n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ni eu pour effet de priver Mme B d'une garantie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, l'appelante soutient que l'arrêté attaqué méconnaît le principe du contradictoire en application de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Cependant, il résulte des termes mêmes de ces dispositions qu'elles ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre d'une décision qui est prise en réponse à une demande formulée par l'intéressée, ce qui est le cas en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté comme inopérant.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que si Mme B soutient qu'elle est présente de manière continue sur le territoire français depuis plus de dix ans et qu'elle a toujours travaillé depuis son arrivée en France, elle ne produit des bulletins de salaire que sur les mois de novembre et décembre 2016, l'année 2017 et les mois de janvier et février 2018. En outre, les autres documents qu'elle produit pour justifier sa présence, à savoir des factures d'électricité, des avis d'imposition, une attestation de paiement par la caisse d'allocations familiales ainsi que des documents émanant datant de l'office français de l'immigration et de l'intégration établis au cours de l'année 2015 ne permettent pas d'établir une présence continue sur le territoire national entre le 1er décembre 2012 et la date de la décision en litige. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations du 1) de l'article 6 en considérant que Mme B ne justifiait pas résider depuis plus de dix ans. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée sur le territoire français le 1er décembre 2012. Elle s'est mariée avec un ressortissant français le 11 avril 2015 puis le couple s'est séparé en juin 2017, le divorce ayant été prononcé par un arrêt de la cour d'appel de Toulouse du 10 août 2021. Si deux sœurs résident en France de manière régulière et que ses grands-parents, désormais décédés, ont acquis la nationalité française, Mme B, célibataire et sans enfant, n'établit pas qu'elle serait dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans et où demeurent toujours ses parents. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement, et doit être rejetée en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Ouddiz-Nakache et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 25 septembre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°24TL00585
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026