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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-24TL02806

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-24TL02806

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-24TL02806
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantBAUTES GEORGIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Montpellier l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois mois.

Par un jugement n° 2404041 du 22 octobre 2024, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2024, M. A, représenté par Me Bautès, demande au juge des référés de la cour :

1°) de suspendre l'exécution de ce jugement ;

2°) de suspendre l'arrêté du préfet de l'Hérault du 22 mars 2024 ;

3°) d'ordonner au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois suivant la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer dans le délai de quinze jours une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail, si besoin sous astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition relative à l'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie en raison de circonstances particulières compte tenu du rejet de sa demande de titre de séjour, lequel a été confirmé par la juridiction de première instance ;

- il regrette les faits à l'origine de sa condamnation pour violences sur conjoint ayant entraîné une condamnation à une peine d'emprisonnement de six mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Pau ; il n'a jamais pu voir sa fille depuis sa naissance malgré des décisions de justice reconnaissant une autorité parentale conjointe et lui accordant un droit de visite médiatisé ;

- il est marié avec une ressortissante française depuis le 14 février 2023 et établit l'existence d'une communauté de vie ;

- il est une figure paternelle pour les enfants de son épouse qui est veuve depuis huit ans ;

- il contribue à faire vivre le foyer qu'il forme avec son épouse et les enfants de cette dernière ;

- il justifie de la présence de son frère et de sa sœur en situation régulière en France ;

- après le rejet de sa demande par le tribunal administratif, la mesure d'éloignement prononcée à son encontre est exécutoire ;

- il n'a pas déposé de demande de suspension en référé devant le tribunal administratif en l'absence de toute chance de succès d'une telle demande ;

- son éloignement privera son foyer des ressources qu'il apporte alors même que son activité n'est pas déclarée ;

- son épouse est enceinte ;

- sa demande de visa long séjour pourrait être refusée si l'autorité administrative estime qu'il représente une menace pour l'ordre public ;

- compte tenu des délais de jugement de la cour, son affaire ne pourra être examinée avant 18 à 24 mois ;

Sur le moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté préfectoral :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- il existe un vice de procédure en l'absence de saisine pour avis de la commission du titre de séjour en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et a été prise en violation de l'article L. 412-5 du même code dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de sa qualité de conjoint d'une ressortissante française ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit en raison de la violation des articles L. 423-7 et L. 423-8 du même code en sa qualité de parent d'un enfant français ;

- il est porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en refusant son admission au séjour, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est privée de base légale en raison de l'illégalité du refus opposé à sa demande de titre de séjour ;

- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la mesure d'éloignement aurait dû viser le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois mois :

- cette décision est privée de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle a été prise en violation de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle.

Vu la requête n° 24TL02805 par laquelle M. A demande l'annulation du jugement n° 2404041 du tribunal administratif de Montpellier du 22 octobre 2024 et de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 22 mars 2024.

Par une décision du 4 janvier 2023, le président de la cour a désigné M. Denis Chabert, président de la 4ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A, de nationalité marocaine né le 2 octobre 1993, a sollicité le 27 février 2024 auprès des services de la préfecture de l'Hérault la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français. Par un arrêté du 22 mars 2024, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois mois. Par un jugement du 22 octobre 2024, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés de la cour, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une part, de suspendre l'exécution de ce jugement et, d'autre part, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 du préfet de l'Hérault jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa requête n° 24TL02805 par laquelle il demande l'annulation de ce jugement ainsi que l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions tendant à la suspension du jugement attaqué :

3. Si M. A sollicite du juge des référés de la cour la suspension de l'exécution du jugement à l'encontre duquel il a interjeté appel, de telles conclusions sont manifestement irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative, de prononcer une telle mesure. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à la suspension de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 22 mars 2024 :

4. Aucun des moyens de la requête de M. A, tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance n'est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Ainsi, la demande est manifestement mal fondée.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête dans l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Hérault.

Fait à Toulouse, le 22 novembre 2024.

Le juge des référés,

D. Chabert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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