mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL03143 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | BIDOIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C D et Mme B A, épouse D, ont demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet de l'Aude a refusé de délivrer à M. D un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination de cette mesure.
Par un jugement n° 2405400 du 22 novembre 2024, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2024, M. et Mme D, représentés par Me Bidois, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 22 novembre 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Aude de délivrer à M. D le titre de séjour sollicité sans nouvel examen de son dossier, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à tout le moins, de lui délivrer tout titre de séjour pour lequel il remplit les conditions, sans nouvel examen de son dossier, dans les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une incompétence du signataire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure résultant de l'absence de mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable prescrite par l'article L. 121-1 du code des relations avec le public et l'administration, et de la méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure, et d'une erreur de droit en omettant d'examiner sa demande d'admission au séjour sur le fondement du regroupement familial ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et à celle de son épouse, et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et de celle de sa femme.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une incompétence du signataire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure résultant de l'absence de la procédure contradictoire préalable prescrite par l'article L. 121-1 du code des relations avec le public et l'administration et de la méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure et d'une erreur de droit en omettant d'examiner sa demande d'admission au séjour sur le fondement du regroupement familial ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et à celle de son épouse, et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et de celle de sa femme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations avec le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain né le 1er janvier 1978, est entré sur le territoire français le 20 novembre 2022. Le 23 février 2024, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " auprès de la préfecture de l'Aude. M. et Mme D relèvent appel du jugement du 22 novembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leur demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet de l'Aude a refusé de délivrer à M. D le titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination de cette mesure.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé, pour le préfet de l'Aude et par délégation, par Mme Roesch, secrétaire générale de la préfecture, qui a reçu délégation par un arrêté n° DPPPAT-BCI-2023-069 du 11 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, et accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de la préfecture. Cette délégation permettait à Mme Roesch de signer tous les actes administratifs relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Aude, à l'exception des réquisitions de la force armée et des arrêtés de conflit, dont ne relèvent pas les décisions prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de ce que la décision attaquée n'a pas été précédée de la procédure contradictoire organisée par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, et de la méconnaissance du droit d'être entendu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.
5. En troisième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code. Dans ces conditions, sont inopérants, devant le juge de l'excès de pouvoir, les moyens de légalité interne qui, sans rapport avec la teneur de la décision, ne contestent pas utilement la légalité des motifs et du dispositif qui sont ceux de la décision administrative attaquée. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur de droit et du détournement de pouvoir qu'aurait commis le préfet en n'examinant pas d'office le droit de M. D à bénéficier du regroupement familial, alors qu'au demeurant une telle demande ne pouvait qu'émaner de sa conjointe, doivent être écartés comme inopérants.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". M. D soutient avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, notamment à la suite de son mariage avec une compatriote, titulaire d'une carte de résident et d'un contrat à durée indéterminée, célébré le 13 mai 2023 à Castelnaudary (Aude), et avec laquelle il a entrepris une démarche de procréation médicalement assistée. Il ajoute qu'il bénéficie, avec sa compagne, d'un logement suffisamment spacieux pour les besoins du couple, que des membres de sa famille vivent en France et qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, le séjour de M. D en France était encore récent, tout comme son mariage. En outre, le couple est sans enfant et la simple présentation d'une promesse d'embauche ne permet pas d'établir une insertion professionnelle particulière en France de l'intéressé qui est, de plus, sans ressource propres. D'une manière plus générale, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait noué en France des liens personnels ou familiaux suffisamment intenses, anciens et stables. Par ailleurs, il n'établit pas être isolé dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 44 ans et dans lequel il a vécu la majorité de sa vie. Dès lors, et alors que M. D est au demeurant susceptible d'entrer dans la catégorie des étrangers pouvant bénéficier du regroupement familial, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale des appelants et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. D et de son épouse doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, leurs conclusions présentées à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, à Mme B A, épouse D, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Aude.
Fait à Toulouse, le 29 juillet 2025.
Le président de la 3ème chambre,
Signé
Frédéric Faïck
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026