Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-26TL00965
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-26TL00965 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | MACHADO TORRES |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulouse d’annuler l’arrêté du 10 mars 2025 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2501967 du 19 mars 2026, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2026, Mme B..., représentée par Me Machado Torres, demande à la cour :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article R. 811-17 du code de justice administrative, le sursis à exécution du jugement du 19 mars 2026 ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans l’attente de sa décision, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les conséquences difficilement réparables ;
- l’exécution du jugement aurait, pour elle, des conséquences difficilement réparables au sens de l’article R. 811-17 du code de justice administrative dès lors qu’elle vit en France depuis près de sept ans et qu’elle y a noué des liens privés et familiaux forts et qu’il lui serait désormais impossible de reconstituer une vie privée et familiale dans son pays d'origine, où elle n’a plus d’attaches ; l’exécution du jugement aurait également des conséquences sur sa situation professionnelle dès lors qu’elle serait privée de son droit au travail alors qu’elle exerce une activité salariée lui permettant d’être bien intégrée dans la société française.
En ce qui concerne les moyens sérieux :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente dès lors qu’il n’est pas établi que son auteur disposait d’une délégation de signature régulière, spéciale, publiée et écrite ;
- la décision attaquée est, en toute ses composantes, insuffisamment motivée faute de comporter les considérations de droit et de fait propres à sa situation ;
- la décision attaquée est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation faute de prise en compte de son intégration professionnelle, de ses attaches familiales en France, du fait qu’elle n’a aucun antécédent judiciaire et de sa volonté de régularisation et d’intégration ;
- le tribunal administratif a jugé en appréciant de manière restrictive l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 sans tenir compte de la décision du Conseil d’Etat du 26 avril 2024 (n° 468274) ; elle remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en application de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu du fait qu’elle séjourne en France depuis plus de sept ans, y exerce une activité professionnelle stable depuis 2019, y possède ses attaches familiales en la personne notamment de sa sœur, laquelle est titulaire d’un titre de séjour, et dispose d’une adresse fixe ainsi que d’un passeport en cours de validité.
Par une décision du 19 août 2026 du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse, Mme B... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le n° 26TL00957 par laquelle Mme B... relève appel du jugement du 19 mars 2026.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance : (...) rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d’une décision juridictionnelle frappée d’appel (…) ». Aux termes de l’article R. 811-17 du même code : « (…) le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l’exécution de la décision de première instance attaquée risque d’entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l’état de l’instruction ».
2. Mme B..., ressortissante tunisienne née le 6 mai 1991, déclare être entrée en France, pour la dernière fois, en décembre 2021. Le 5 juillet 2022, elle a été interpellée pour des faits de faux et usage de faux documents et destinataire, le même jour, d’un arrêté du préfet de la Haute-Garonne l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, et lui interdisant le retour sur le territoire pendant un an. Mme B... a saisi le tribunal administratif de Toulouse d’un recours tendant à l’annulation de cet arrêté, qui a été rejeté par jugement du 19 septembre 2022. Le 18 mars 2024, Mme B... a déposé en préfecture de Haute-Garonne une demande d’admission au séjour au titre de la vie privée et familiale et du travail. Par un arrêté du 10 mars 2025, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi. Mme B..., qui a relevé appel de ce jugement, demande à la cour d’en prononcer le sursis à exécution.
3. Il résulte des dispositions précitées de l’article R. 811-17 du code de justice administrative que pour obtenir le sursis à exécution d’un jugement, le demandeur doit, d’une part, établir que l’exécution de ce jugement risque d’entraîner pour lui des conséquences difficilement réparables et, d’autre part, présenter un moyen qui en l’état de l’instruction paraît sérieux.
4. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de sursis, tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n’apparaît sérieux au sens des dispositions précitées de l’article R. 811-17 du code de justice administrative.
5. Dès lors, la requête présentée par Mme B... doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, doivent être rejetées ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 1er septembre 2026.
Le président de la 1ère chambre,
F. Faïck
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulouse d’annuler l’arrêté du 10 mars 2025 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2501967 du 19 mars 2026, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2026, Mme B..., représentée par Me Machado Torres, demande à la cour :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article R. 811-17 du code de justice administrative, le sursis à exécution du jugement du 19 mars 2026 ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans l’attente de sa décision, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les conséquences difficilement réparables ;
- l’exécution du jugement aurait, pour elle, des conséquences difficilement réparables au sens de l’article R. 811-17 du code de justice administrative dès lors qu’elle vit en France depuis près de sept ans et qu’elle y a noué des liens privés et familiaux forts et qu’il lui serait désormais impossible de reconstituer une vie privée et familiale dans son pays d'origine, où elle n’a plus d’attaches ; l’exécution du jugement aurait également des conséquences sur sa situation professionnelle dès lors qu’elle serait privée de son droit au travail alors qu’elle exerce une activité salariée lui permettant d’être bien intégrée dans la société française.
En ce qui concerne les moyens sérieux :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente dès lors qu’il n’est pas établi que son auteur disposait d’une délégation de signature régulière, spéciale, publiée et écrite ;
- la décision attaquée est, en toute ses composantes, insuffisamment motivée faute de comporter les considérations de droit et de fait propres à sa situation ;
- la décision attaquée est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation faute de prise en compte de son intégration professionnelle, de ses attaches familiales en France, du fait qu’elle n’a aucun antécédent judiciaire et de sa volonté de régularisation et d’intégration ;
- le tribunal administratif a jugé en appréciant de manière restrictive l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 sans tenir compte de la décision du Conseil d’Etat du 26 avril 2024 (n° 468274) ; elle remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en application de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu du fait qu’elle séjourne en France depuis plus de sept ans, y exerce une activité professionnelle stable depuis 2019, y possède ses attaches familiales en la personne notamment de sa sœur, laquelle est titulaire d’un titre de séjour, et dispose d’une adresse fixe ainsi que d’un passeport en cours de validité.
Par une décision du 19 août 2026 du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse, Mme B... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le n° 26TL00957 par laquelle Mme B... relève appel du jugement du 19 mars 2026.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance : (...) rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d’une décision juridictionnelle frappée d’appel (…) ». Aux termes de l’article R. 811-17 du même code : « (…) le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l’exécution de la décision de première instance attaquée risque d’entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l’état de l’instruction ».
2. Mme B..., ressortissante tunisienne née le 6 mai 1991, déclare être entrée en France, pour la dernière fois, en décembre 2021. Le 5 juillet 2022, elle a été interpellée pour des faits de faux et usage de faux documents et destinataire, le même jour, d’un arrêté du préfet de la Haute-Garonne l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, et lui interdisant le retour sur le territoire pendant un an. Mme B... a saisi le tribunal administratif de Toulouse d’un recours tendant à l’annulation de cet arrêté, qui a été rejeté par jugement du 19 septembre 2022. Le 18 mars 2024, Mme B... a déposé en préfecture de Haute-Garonne une demande d’admission au séjour au titre de la vie privée et familiale et du travail. Par un arrêté du 10 mars 2025, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi. Mme B..., qui a relevé appel de ce jugement, demande à la cour d’en prononcer le sursis à exécution.
3. Il résulte des dispositions précitées de l’article R. 811-17 du code de justice administrative que pour obtenir le sursis à exécution d’un jugement, le demandeur doit, d’une part, établir que l’exécution de ce jugement risque d’entraîner pour lui des conséquences difficilement réparables et, d’autre part, présenter un moyen qui en l’état de l’instruction paraît sérieux.
4. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de sursis, tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n’apparaît sérieux au sens des dispositions précitées de l’article R. 811-17 du code de justice administrative.
5. Dès lors, la requête présentée par Mme B... doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, doivent être rejetées ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 1er septembre 2026.
Le président de la 1ère chambre,
F. Faïck
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.