Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-26NT00093

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-26NT00093
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantGALY MARIE-SOPHIE

Résumé IA

La Cour administrative d’appel de Nantes, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant turc, contestant son assignation à résidence. Le juge a estimé que les conditions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile étaient remplies, l’intéressé ne pouvant quitter immédiatement le territoire mais son éloignement restant une perspective raisonnable. La requête a été jugée manifestement dépourvue de fondement et rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Caen d’annuler l’arrêté du 15 septembre 2025 du préfet de la Manche portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois et l’arrêté du 27 novembre 2025 de la même autorité portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement no 2504088 du 31 décembre 2025, la magistrate désignée du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2026, M. B..., représenté par Me Galy, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du 31 décembre 2025 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Caen en tant qu’il a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 27 novembre 2025 du préfet de la Manche ;

2°) d’annuler l’arrêté du préfet de la Manche du 27 novembre 2025 portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que l’arrêté contesté méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 16 février 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».

2. M. B..., ressortissant turc, relève appel du jugement du 31 décembre 2025 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Caen en tant qu’il a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 27 novembre 2025 du préfet de la Manche portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

3. Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…) ».

4. Il est constant que M. B... a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans avant la date de l’arrêté contesté. Il ressort des pièces du dossier qu’il ne peut quitter immédiatement le territoire français en l’absence de document de voyage en cours de validité mais que, dès lors qu’il s’est présenté comme étant de nationalité turque, son éloignement demeure une perspective raisonnable dans l’attente de l’obtention d’un laisser-passez consulaire. Par suite, M. B... n’est pas fondé à soutenir que le préfet de la Manche a méconnu l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées dans cette requête de mise à la charge de l’Etat des frais liés au litige doivent également être rejetées.


ORDONNE :


Article 1er :
La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Manche.


Fait à Nantes, le 1er juillet 2026.


Le président de la 4ème chambre,




L. Lainé




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.