La Cour administrative d’appel de Nantes, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... C... épouse A..., ressortissante algérienne, contestant le refus de titre de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Loire-Atlantique. La cour estime que la décision ne méconnaît ni l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ni l’article 6-5 de l’accord franco-algérien, compte tenu de la courte durée de séjour de l’intéressée (depuis 2020), de son absence d’intégration particulière et de ses attaches familiales en Algérie. Le moyen tiré d’un défaut d’examen de sa situation est écarté par adoption des motifs du tribunal. La requête, manifestement dépourvue de fondement, est rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme E... B... C... épouse A... et M. D... A... ont demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler les arrêtés du 19 janvier 2024 du préfet de la Loire-Atlantique portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination.
Par un jugement nos 2417254,2417256 du 16 décembre 2025, le tribunal administratif de Nantes a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 janvier 2026 et le 2 février 2026, Mme B... C... épouse A..., représentée par Me Boezec, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 16 décembre 2025 du tribunal administratif de Nantes en tant qu’il a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 19 janvier 2024 du préfet de la Loire-Atlantique ;
2°) d’annuler l’arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 19 janvier 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’arrêt à intervenir ou de réexaminer sa situation et, dans l’attente, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour dans un délai d’un mois à compter de cette notification ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l’arrêté contesté n’a pas été précédé d’un examen de sa situation ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et celles du 5) de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. Mme B... C... épouse A..., ressortissante algérienne, relève appel du jugement du 16 décembre 2025 du tribunal administratif de Nantes en tant qu’il a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 19 janvier 2024 du préfet de la Loire-Atlantique portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination.
3. En premier lieu, il convient d’écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges le moyen tiré de ce que l’arrêté contesté n’a pas été précédé d’un examen de sa situation, moyen que Mme B... C... épouse A... réitère en appel sans apporter d’élément nouveau.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la durée de la présence en France de Mme B... C... épouse A..., qui y est entrée le 2 septembre 2020, s’explique par l’obtention d’une autorisation provisoire de séjour, renouvelée jusqu’au 7 juillet 2024, en tant qu’accompagnante de son époux malade, statut ne lui donnant pas vocation à résider durablement en France. Le père de son enfant réside en France en situation irrégulière. La décision portant refus de titre de séjour n’a ni pour objet ni pour effet de la séparer de son enfant, lequel a vocation à suivre ses parents. L’intéressée n’est pas dépourvue d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident sa mère et ses deux sœurs et où elle a vécu jusqu’à l’âge de vingt-sept ans. Elle ne justifie pas d’une intégration particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, en refusant d’accorder un titre de séjour à Mme B... C... épouse A..., le préfet de la Loire-Atlantique n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le préfet n’a méconnu ni les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni celles du 5) de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Pour les mêmes motifs, le préfet n’a pas commis d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l’intéressée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B... C... épouse A... est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée par application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées dans cette requête aux fins d’injonction, d’astreinte et de mise à la charge de l’Etat des frais liés au litige doivent également être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er :
La requête de Mme B... C... épouse A... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme E... B... C... épouse A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 1er juillet 2026.
Le président de la 4ème chambre,
L. Lainé
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.