Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA04015

mardi 1 septembre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA04015
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
FormationJuge des référés
Avocat requérantBAYOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C... E... et M. B... A... ont demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler les décisions notifiées le 26 juin 2024 par lesquelles la directrice de l’académie de Paris a refusé d’affecter leur fils, M. F... G..., en seconde au lycée Charlemagne ou au lycée Victor Hugo pour l’année 2024-2025.

Par un jugement n° 2419290 du 29 juillet 2025, le tribunal administratif de Paris a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction présentées par Mme E... et M. A... et a rejeté le surplus de leur demande.


Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 1er août 2025, Mme E... et M. A..., représentés par Me Bayou, demandent à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Paris en tant qu’il a rejeté leur demande présentée sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat, s’agissant des frais exposés au soutien de leurs intérêts dans le cadre de la première instance, la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat, s’agissant des frais exposés au soutien de leurs intérêts dans la présente instance, la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que le tribunal administratif de Paris aurait dû faire droit à leurs conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative dès lors qu’ils ne sont pas la partie perdante dans l’instance, qu’ils ont obtenu satisfaction en raison des recours en référé et au fond engagés devant le tribunal et ont eu recours au service d’un avocat.
Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. ».

2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du même code : « Les premiers-vices présidents des cours peuvent (…), par ordonnance (…) statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ».

3. Il ressort des pièces du dossier que M. F... G..., élève en classe de troisième au cours de l’année scolaire 2023-2024, a présenté sur la plateforme « Affelnet » dix vœux en vue de son inscription en classe de seconde dans un lycée de l’académie de Paris pour l’année scolaire 2024-2025. Ses parents, Mme C... E... et M. B... A..., ont demandé au tribunal administratif de Paris, dans un recours enregistré le 15 juillet 2024, l’annulation des décisions notifiées le 26 juin 2024 par lesquelles la directrice de l’académie de Paris a refusé de l’affecter en seconde au lycée Charlemagne ou au lycée Victor Hugo pour l’année 2024-2025. Par une décision du 29 juillet 2024, la Rectrice de la région académique Ile-de-France, Rectrice de l’académie de Paris a affecté leur fils au lycée Charlemagne à la rentrée 2024. M. A... et Mme E... ont d’abord maintenu leur demande par courrier de leur conseil du 3 août 2024, puis maintenu leur demande relative à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative dans un mémoire enregistré le 24 juin 2025. Ils relèvent appel du jugement du tribunal administratif de Paris du 29 juillet 2025 en tant qu’il a rejeté leur demande présentée sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte des termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative que si le demandeur qui a obtenu satisfaction en cours d’instance, peut obtenir le versement d’une somme au titre de cet article, le juge n’est pas tenu d’y faire droit. Ainsi, la circonstance que les requérants aient eu recours au service d’un avocat et obtenu en cours d’instance, après un référé-suspension et pendant l’instance au fond, l’affectation de leur fils dans le lycée correspondant à leur demande, n’imposait pas aux premiers juges de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme qu’ils demandaient en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c’est à tort que par le jugement contesté, leurs conclusions à fin d’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme E... et M. A... doit être rejetée dans l’ensemble de ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme E... et M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... E... et M. B... A....


Fait à Paris, le 1er septembre 2026.


La première vice-présidente, présidente de la 4ème chambre,
M. D...



La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.