Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. A... contre le jugement du tribunal administratif de Paris ayant validé l’arrêté préfectoral du 27 décembre 2024. Cet arrêté refusait un titre de séjour à M. A..., ressortissant pakistanais, et l’obligeait à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de cinq ans. La cour estime que les moyens soulevés par le requérant, notamment la méconnaissance de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et des articles L. 435-1 et L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, sont manifestement infondés. En conséquence, la requête est rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’arrêté du 27 décembre 2024 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de cinq ans.
Par un jugement n° 2505346/5 du 22 janvier 2026, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 20 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Boudjellal, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d’un vice de procédure en l’absence de saisine de la commission du titre de séjour ; à cet égard, elle est entachée d’une erreur de fait et d’appréciation au regard de sa durée de résidence en France, supérieure à dix ans ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 432-1 et L. 432-1-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’un vice de procédure en ce que le préfet n’a pas procédé aux vérifications d’usage avant de lui opposer le fait qu’il constituerait une menace à l’ordre public ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public qu’il représenterait, alors même qu’il conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés et qui datent de 2021 ;
- elle viole les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale à raison de l’illégalité du refus de titre sur lequel elle se fonde ;
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public qu’il représenterait ;
- elle viole les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- son illégalité emporte l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français avec laquelle elle se confond ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée de cinq ans :
- elle est illégale à raison de l’illégalité du refus de titre sur lequel elle se fonde ;
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public qu’il représenterait ;
- elle viole les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant pakistanais né en 1987, déclare être entré en France en 2012. Le 21 mai 2024, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 27 décembre 2024, le préfet de police lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de cinq ans. M. A... relève appel du jugement du 22 janvier 2026 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, M. A... n’a soulevé, en première instance, aucune conclusion ni aucun moyen à l’encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire. Par suite, les moyens dirigés contre cette décision et tirés de l’insuffisance de motivation, du défaut d’examen particulier de sa situation et de l’exception d’illégalité, invoqués pour la première fois en appel, et qui ne sont pas d’ordre public, doivent être regardés comme une demande nouvelle en appel. Dès lors, ils doivent être écartés comme irrecevables.
4. En second lieu, M. A... reprend ses moyens de première instance tirés, en ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour de l’insuffisance de motivation, du défaut d’examen particulier de sa situation, du vice de procédure en l’absence de saisine de la commission du titre de séjour, de l’erreur de fait, de l’erreur d’appréciation et de la méconnaissance des dispositions des articles L. 435-1 au regard de sa durée de résidence en France, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 432-1 et L. 432-1-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle au regard de la menace à l’ordre public qu’il représenterait, du vice de procédure en ce que le préfet n’a pas procédé aux vérifications d’usage avant de lui opposer le fait qu’il constituerait une menace à l’ordre public, de la violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle, et en ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée de cinq ans, il reprend ses moyens tirés de l’exception d’illégalité, de l’insuffisance de motivation, du défaut d’examen particulier de sa situation, de l’erreur d’appréciation au regard de la menace à l’ordre public qu’il représenterait et de la violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Toutefois, le requérant ne développe au soutien de ces moyens aucun argument de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l’analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif de Paris. Il y a lieu, dès lors, d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 3 à 17 de leur jugement.
5. Il résulte tout de ce qui précède, que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 1er juillet 2026.
La présidente de la 7ème chambre,
V. Chevalier-Aubert
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.