Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-26VE00674

mardi 1 septembre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-26VE00674
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantBOUKHELIFA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédures contentieuses antérieures :

1.
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler les décisions implicites résultant du silence gardé par le préfet du Val-d’Oise sur sa demande de délivrance d’un titre de séjour et par le ministre de l’intérieur sur son recours hiérarchique formé contre cette décision.

Par une ordonnance n° 2417142 du 12 février 2026, le président de la 12ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

2.
M. B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 25 avril 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à défaut de départ volontaire.

Par un jugement n° 2508531 du 21 avril 2026, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédures devant la cour :

1.
Par une requête enregistrée le 9 mars 2026, sous le n° 26VE00674, M. B..., représenté par Me Boukhelifa, demande à la cour :

1°) d’annuler l’ordonnance n° 2417142 du 12 février 2026 ;

2°) d’annuler les décisions implicites de refus de séjour du préfet du Val-d’Oise et du ministre de l’intérieur ;

3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « salarié » ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
-
l’ordonnance attaquée est insuffisamment motivée ;
-
la décision contestée méconnaît les stipulations de l’article 7 b de l’accord franco-algérien ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il est fondé à solliciter une mesure de régularisation et à se prévaloir des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012, en vigueur à la date de sa demande d’admission au séjour.

II.
Par une requête enregistrée le 19 mai 2026, sous le n° 26VE01508, M. B..., représenté par Me Boukhelifa, demande à la cour :

1°) d’annuler jugement n° 2508531 du 21 avril 2026 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 25 avril 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise ;

3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « salarié » ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
-
l’arrêté contesté méconnaît les stipulations de l’article 7 b de l’accord franco-algérien ;
-
il devait bénéficier d’une mesure de régularisation ;
-
il est porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
-
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
-
l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
-
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2026, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».

En premier lieu, l’ordonnance attaquée expose les motifs pour lesquels le président de la 12ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la demande de M. B.... Elle répond, ainsi, aux exigences de motivation de l’article L. 9 du code de justice administrative.

En deuxième lieu, si le silence gardé par l’administration fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l’excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu’elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision.

Par l’arrêté du 25 avril 2025, le préfet du Val-d’Oise a explicitement rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B.... Il en résulte que les conclusions à fin d’annulation des décisions implicites du préfet du Val-d’Oise et du ministre de l’intérieur doivent être regardées comme dirigées contre la décision explicite de refus de séjour contenue dans l’arrêté du 25 avril 2025.

En troisième lieu, aux termes de l’article 7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : « (…) b) Les ressortissants algériens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d’usage et sur présentation d’un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l’emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention « salarié » : cette mention constitue l’autorisation de travail exigée par la législation française (…) ».
M. B... ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un certificat de résidence algérien en application des stipulations de l’article 7 b) de l’accord franco-algérien, dès lors qu’il ne justifie pas d’un contrat de travail visé par les autorités compétentes, ni être entré en France muni d’un visa de long séjour. Il s’ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut qu’être écarté. Ces stipulations ne font toutefois pas obstacle à ce que le préfet délivre un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l’ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance. Il appartient au préfet, dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d’apprécier, compte tenu de l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé, l’opportunité d’une mesure de régularisation.

En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B..., entré en France par l’Espagne avec un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, est dépourvu d’attaches familiales en France et ne se prévaut que d’une activité salariée exercée sans autorisation, sur un poste non qualifié d’agent polyvalent, occupé à raison de quinze heures par semaine du 16 novembre 2019 au 31 janvier 2020, puis à temps plein jusqu’au 31 octobre 2023. À cet égard, il n’invoque pas utilement la circulaire du 28 novembre 2012, qui est dépourvue de portée règlementaire. Dans ces circonstances, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B... en application de son pouvoir général de régularisation, le préfet du Val-d’Oise n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation de la situation personnelle e professionnelle de l’intéressé, ni porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Il résulte de ce qui précède que les requêtes d’appel de M. B... sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent qu’être rejetées, y compris leurs conclusions à fin d’injonction et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : Les requêtes n° 26VE00674 et 26VE01508 de M. B... sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Versailles, le 1er septembre 2026.


La magistrate désignée,

O. Dorion


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.