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AccueilJurisprudence administrativeN° 456856

Conseil d'État — Décision N° 456856

mardi 17 janvier 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier456856
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:456856.20230117
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationZ
Formation7ème chambre
Avocat requérantLE PRADO

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédure contentieuse antérieure :

L'Institut national des sciences appliquées de Rouen a demandé au tribunal administratif de Rouen de condamner solidairement les sociétés Quille, devenue Bouygues Bâtiment Grand Ouest, Raimond, Miroiterie de la Risle et Cigetec EMPB à lui verser, en réparation de dommages de travaux publics, la somme de 927 957,31 euros et d'actualiser cette somme à hauteur de 198 633,89 euros en application de l'indice BT 01, en indemnisation des désordres ayant affecté le bâtiment l'accueillant, construit sous maîtrise d'ouvrage de l'Etat entre 1995 et 1997. Par un jugement n° 1601892 du 7 février 2019, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.

Par un arrêt n° 19DA00811 du 20 juillet 2021, la cour administrative d'appel de Douai a, sur appel de l'Institut national des sciences appliquées de Rouen, en premier lieu, annulé le jugement du tribunal administratif, en deuxième lieu, mis hors de cause la société Cigetec EMPB Société Nouvelle, en troisième lieu, condamné solidairement la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest, la société Raimond et la société Miroiterie de la Risle à verser à l'Institut national des sciences appliquées de Rouen une somme de 90 224,22 euros en indemnisation des préjudices subis, en quatrième lieu, condamné la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest à garantir la société Raimond et la société Miroiterie de la Risle à hauteur de 70 % des condamnations prononcées à leur encontre, en cinquième lieu, condamné la société Raimond à garantir la société Miroiterie de la Risle à hauteur de 20 % des condamnations prononcées à son encontre, en sixième lieu, condamné la société Miroiterie de la Risle à garantir la société Raimond à hauteur de 5 % des condamnations prononcées à son encontre, en septième lieu, condamné l'Etat à garantir la société Raimond à hauteur de 5 % des condamnations prononcées à son encontre, en huitième lieu, rejeté les conclusions réciproques d'appel en garantie des sociétés Bouygues Bâtiment Grand Ouest, Raimond et Miroiterie de la Risle comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en neuvième lieu, mis à la charge solidaire de la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest, de la société Raimond et de la société Miroiterie de la Risle les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif de Rouen le 21 juin 2010, taxés et liquidés à hauteur de 49 771,92 euros et, en dernier lieu, rejeté le surplus des conclusions des parties.

Procédures devant le Conseil d'Etat :

1° Sous le n° 456856, par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 septembre et 17 décembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'État, l'Institut national des sciences appliquées (INSA) de Rouen demande au Conseil d'État :

1°) d'annuler cet arrêt en tant qu'il limite à 90 224,22 euros l'indemnité qui lui a été accordée ;

2°) réglant l'affaire au fond, de condamner solidairement la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest, la société Raimond et la société Miroiterie de la Risle à lui verser la somme de 927 957,31 euros actualisée de 198 633,80 euros en application de l'indice BT 01 ;

3°) de mettre à la charge solidaire de la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest, de la société Raimond et de la société Miroiterie de la Risle la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, la société Miroiterie de la Risle conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de l'INSA de Rouen au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient qu'aucun des moyens du pourvoi n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société Gigetec EMPB Société Nouvelle conclut, à titre principa,l à ce qu'elle soit mise hors de cause, à titre subsidiaire, au rejet du pourvoi de l'INSA de Rouen et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de l'INSA de Rouen au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de l'INSA de Rouen au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient qu'aucun des moyens du pourvoi n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 10 novembre 2022, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche déclare s'associer aux écritures de l'INSA.

2° Sous le n° 456903, par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 21 septembre et 21 décembre 2021 et le 9 septembre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'État, la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest demande au Conseil d'État :

1°) d'annuler cet arrêt en tant qu'il lui fait grief ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à ses conclusions d'appel ;

3°) de mettre à la charge de l'INSA la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, la société Miroiterie de la Risle conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de société Bouygues Bâtiment Grand Ouest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient, d'une part, que le premier moyen soulevé par la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest, qu'elle a elle-même soulevé à l'appui de son pourvoi, est fondé et, d'autre part, que les autres moyens du pourvoi ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, l'Institut national des sciences appliquées de Rouen conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de société Bouygues Bâtiment Grand Ouest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient qu'aucun des moyens du pourvoi n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société Gigetec EMPB Société Nouvelle conclut, à titre principal, à ce qu'elle soit mise hors de cause, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait droit au pourvoi de la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest en tant qu'il fait grief à la cour de ne pas avoir déclaré la requête de l'INSA de Rouen irrecevable et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche déclare s'associer aux écritures de l'INSA.

3° Sous le n° 456904, par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 septembre et 16 décembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'État, la société Raimond demande au Conseil d'État :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à ses conclusions d'appel ;

3°) de mettre à la charge de l'Institut national des sciences appliquées de Rouen, de la société Bouygues Bâtiments Grand Ouest, de la société Miroiterie de la Risle et de l'État la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, la société Miroiterie de la Risle conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société Raimond au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient, d'une part, que le premier moyen soulevé par la société Raimond, qu'elle a elle-même soulevé à l'appui de son pourvoi, est fondé et, d'autre part, que les autres moyens du pourvoi ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, l'Institut national des sciences appliquées de Rouen conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société Raimond au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient qu'aucun des moyens du pourvoi n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, la société Cigetec EMPB Société Nouvelle conclut, à titre principal, à ce qu'elle soit mise hors de cause, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait droit au pourvoi de la société Raimond en tant qu'il fait grief à la cour administrative d'appel de Douai de ne pas avoir déclaré la requête de l'INSA irrecevable et, en tout état de cause à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société Raimond au titre de L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 122-12 du code de justice administrative :

" Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre() peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () ".

2. Les trois pourvois visés ci-dessus sont dirigés contre le même arrêt de la cour administrative d'appel de Douai. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision. Eu égard à la teneur de leurs pourvois respectifs, l'Institut national des sciences appliquées de Rouen, la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest et la société Raimond doivent être regardés comme ne contestant pas l'article 2 de l'arrêt par lequel la cour administrative d'appel de Douai a mis hors de cause la société Cigetec EMPB Société Nouvelle, qui ne leur fait pas grief.

3. Par une décision n° 456845 du 19 décembre 2022, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi par la société Miroiterie de la Risle, a annulé les articles 1er et 3 à 11 de l'arrêt attaqué et renvoyé l'affaire dans cette mesure à la cour administrative d'appel de Douai. Cette décision rend sans objet les conclusions des trois pourvois visés ci-dessus dirigées contre cet arrêt. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Institut national des sciences appliquées de Rouen la somme de 3 000 euros à verser, d'une part, à la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest et, d'autre part, à la société Raimond au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par les autres parties.

O R D O N N E :

----------------

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions des pourvois de l'Institut national des sciences appliquées de Rouen, de la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest et de la société Raimond dirigées contre l'arrêt du 20 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Douai.

Article 2 : L'Institut national des sciences appliquées de Rouen versera la somme de 3 000 euros, d'une part, à la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest et, d'autre part, à la société Raimond au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées sur le même fondement par les autres parties sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Institut national des sciences appliquées de Rouen, à la société Bouygues Bâtiment Grand Ouest, à la société Raimond, à la société Miroiterie de la Risle, à la société Cigetec EMPB Société nouvelle et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée à M. A B, liquidateur de la société B et associés, et à Me Catherine Vincent, mandataire judiciaire de la société Acaum.

Fait à Paris, le 17 janvier 2023.

Signé : O. Japiot

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

N. Pelat

438541-2-

Nos 456856, 456903, 456904

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