Conseil d'État — Décision N° 465442
jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 465442 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:465442.20221103 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | Z |
| Formation | 6ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
M. A C a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'une part, la suspension de l'exécution de la décision du 12 mai 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité et, d'autre part, d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle ou un récépissé l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité. Par une ordonnance n° 2203265 du 15 juin 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'État le 1er et 22 juillet 2022, M. C demande au Conseil d'État :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) statuant en référé, d'une part, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 12 mai 2022 par laquelle le directeur du CNAPS a refusé de lui délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité et, d'autre part, d'enjoindre au CNAPS, à titre principal, de lui délivrer une carte professionnelle ou un récépissé ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de renouvellement et, dans l'attente d'une nouvelle décision, de lui délivrer une carte provisoire ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 3 360 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 13 octobre 2022, en application des dispositions de l'article R. 822-5-1 du code de justice administrative, M. C a été informé que la décision du Conseil d'État était susceptible d'être prise en application de l'article R. 822-5 du même code.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes de l'article R. 822-5 du même code : " Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : () 3° Les pourvois manifestement dépourvu de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V () ".
2. Pour demander l'annulation de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux qu'il attaque, M. C soutient qu'elle est entachée :
- d'une insuffisance de motivation en ce qu'elle ne prend pas en compte l'intégralité des charges de M. C ainsi que le contrat à durée déterminée de sa compagne pour écarter l'urgence ;
- d'une erreur manifeste d'appréciation des faits, voire d'une dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle a considéré que l'urgence n'était pas caractérisée alors que la décision attaquée a pour effet de suspendre son contrat de travail et de le priver de tout revenu et emploi, et eu égards aux revenus de sa compagne et de sa situation de famille ;
- d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle a considéré que la décision contestée ne portait pas une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'exercer une activité professionnelle et au droit de mener une vie familiale normale ;
- d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier à avoir jugé que les faits commis par le requérant pouvaient justifier un refus de renouvellement de sa carte professionnelle par le CNAPS.
3. Il est manifeste qu'aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
O R D O N N E :
Article 1er : Le pourvoi de M. C n'est pas admis.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Paris, le
Signé : Mme B de Silva
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :