Le Conseil d'État, statuant en tant que juge de cassation, a examiné le pourvoi de M. B... contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Versailles. Ce dernier avait refusé de suspendre la décision du garde des Sceaux plaçant M. B... en quartier de lutte contre la criminalité organisée. Le requérant invoquait des moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance de l'article L. 224-5 du code pénitentiaire et d'une erreur d'appréciation. Le Conseil d'État a jugé que ces moyens n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi, lequel a été rejeté par une ordonnance de non-admission sur le fondement des articles L. 822-1 et R. 822-5 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Versailles, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 21 juillet 2025 par laquelle le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice a décidé de le placer dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil et d’ordonner, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, son retour en détention normale dans un établissement permettant le maintien de ses liens familiaux. Par une ordonnance n° 2509044 du 26 août 2025, le juge des référés a rejeté sa demande.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 septembre et 14 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler cette ordonnance ;
2°) réglant l’affaire au titre de la procédure de référé engagée, de faire droit à sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros, à verser à la SAS Boucard-Capron-Maman, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par application de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ».
2. Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsqu’ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) / 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique.
3. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Versailles l’a entachée :
- d’erreur de droit et, en tout état de cause, de dénaturation des pièces du dossier pour avoir jugé que le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la décision de placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée n’était pas de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité ;
- d’erreur de droit et, en tout état de cause, de dénaturation des pièces du dossier pour avoir jugé que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 224-5 du code pénitentiaire par la décision de placement n’était pas de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité ;
- d’erreur de droit et, en tout état de cause, de dénaturation des pièces du dossier pour avoir jugé que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation du garde des sceaux pour avoir pris cette décision de placement n’était pas de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité.
4. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi.
ORDONNE :
Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera adressée au garde des sceaux, ministre de la Justice.
Fait à Paris, le 1er juillet 2026
Le président : Bertrand Dacosta
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la Justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :