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AccueilJurisprudence administrativeN° 514966

Conseil d'État — Décision N° 514966

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier514966
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationZ
FormationJuge des référés

Résumé IA

Le Conseil d'État a été saisi d'un pourvoi en cassation par M. A... contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Caen, qui avait rejeté sa demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Le requérant contestait son placement en quartier C0 et le rejet de virements sur son compte pénitentiaire. Le Conseil d'État a constaté que le pourvoi, qui nécessitait la représentation par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, n'avait pas été présenté par un tel avocat, malgré la mention de cette obligation dans la notification de l'ordonnance attaquée. En conséquence, le pourvoi a été déclaré irrecevable et n'a pas été admis, en application des articles L. 822-1 et R. 821-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Caen, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner à l’administration pénitentiaire, d’une part, de produire la décision fondant son placement en quartier C0, comportant la mention des voies et délais de recours et, d’autre part, de mettre fin sans délai au rejet des virements émis par sa sœur et d’en permettre le crédit sur son compte pénitentiaire. Par une ordonnance n° 2601266 du 7 avril 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Caen, statuant sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, a rejeté ses demandes.

Par un pourvoi, enregistré le 20 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat :


1°) d’annuler cette ordonnance ;

2°) statuant en référé, de faire droit à ses demandes.

Par une décision du 22 avril 2026, notifiée le 27 avril 2026, le bureau d’aide juridictionnelle a rejeté la demande d’aide juridictionnelle de M. A....

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». En vertu de l'article L. 523-1 du même code, « les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort », alors que « les décisions rendues en application de l'article L. 521-2 sont susceptibles d'appel devant le Conseil d'Etat ». Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'ordonnance par laquelle le juge des référés rejette une demande en faisant usage du pouvoir que lui donne l'article L. 522-3 ne peut faire l'objet que d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, sans qu'il y ait lieu de distinguer si la demande dont a été saisi le juge a été présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 ou de l'article L. 521-2.

2. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique.

3. Aux termes de l’article R. 821-3 du code de justice administrative : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». En vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, des conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu’elle a été mentionnée dans la notification de la décision contestée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable.

4. Le pourvoi de M. A... tend à l’annulation d’une ordonnance rendue, sur le fondement des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, par la juge des référés du tribunal administratif de Caen. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi de l’obligation de représentation par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation. Le pourvoi de M. A..., dont la demande d’aide juridictionnelle a été rejetée, n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, ce pourvoi n’est pas recevable et ne peut être admis.




ORDONNE :

Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera adressée au garde des sceaux, ministre de la Justice.


Fait à Paris, le 1er juillet 2026

Le président : Bertrand Dacosta




La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la Justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :


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