Le Tribunal administratif de Nice, statuant en ordonnance, a examiné une demande d'exécution d'un jugement ayant annulé le refus d'un titre de séjour et enjoint au préfet de réexaminer la demande. La juridiction constate que l'exécution a été assurée par la délivrance d'autorisations provisoires de séjour, faisant perdre son objet à la requête. En conséquence, elle déclare qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la demande principale et rejette la demande d'allocation sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en application de l'article R. 222-1 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2401754 du 14 mai 2025, le tribunal administratif a annulé la décision implicite par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé un titre de séjour à l’intéressé a enjoint au préfet des Alpes-Maritimes, de procéder au réexamen de la demande dans le délai de deux mois et de munir ce dernier, dans l’attente et sans délai, d’un récépissé de demande de titre de séjour.
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025 et un mémoire complémentaire du 2 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Oloumi, a saisi le tribunal d'une demande tendant à l'exécution de ce jugement et à mettre à la charge de l’Etat une somme de 1.000 euros au titre des frais liés à l’instance en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative
Par une ordonnance du 29 septembre 2025, la présidente du tribunal administratif de Nice a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…), le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements ; 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. /Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ».
Le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué statuant comme juge de l'exécution, peut constater par ordonnance prise sur le fondement du 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative que la mesure prescrite a été entièrement exécutée.
Il résulte de l’instruction que le préfet des Alpes-Maritimes a, postérieurement à ce jugement, délivré deux autorisations provisoires de séjour au requérant pendant l’instruction de sa demande. L’exécution de ce jugement a ainsi été assurée. Ainsi, les conclusions tendant à l’exécution de ce jugement ont perdu leur objet. Il n’y plus lieu d’y statuer en application du 3° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, la somme demandée par M. B... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, 2 avril 2026 .
Le président de la 3ème chambre,
Signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière