Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté la demande d'un ressortissant marocain visant à enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé pour sa demande de changement de statut de séjour. Le juge a constaté qu'un délai de plus de quatre mois s'était écoulé depuis le dépôt de la demande, ce qui, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, équivaut à une décision implicite de rejet. Ordonner la délivrance d'un récépissé ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce qui est interdit par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2026, M. C... A... B... doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande de changement de statut.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ».
3. Il résulte de l’instruction que M. A... B..., ressortissant marocain né le 25 juin 1999, titulaire d’une carte de séjour temporaire portant la mention « recherche d’emploi – création d’entreprise » a sollicité, par une demande réceptionnée par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes le 17 octobre 2025, un changement de statut en qualité de salarié. Par sa requête, M. A... B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande de changement de statut. Toutefois, il résulte de l’instruction qu’à la date de la présente ordonnance, un délai de plus de quatre mois s’est écoulé depuis la réception par la préfecture des Alpes-Maritimes de la demande de M. A... B..., de sorte qu’une décision implicite de rejet doit être regardée comme étant intervenue du fait du silence gardé par l’administration durant ce délai. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par M. A... B... fait nécessairement obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet précitée.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, que les conclusions présentées par M. A... B... sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B....
Fait à Nice, le 19 mars 2026.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
a République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
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