Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2605706

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2605706
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 12, 17 et 19 août 2026, Mme B... D... E... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :


1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 9 mars 2026 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale des Alpes-Maritimes a refusé de renouveler son congé de présence parentale ;

2°) de suspendre par voie de conséquence, la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique présenté le 16 avril 2026 ;

3°) d’enjoindre à l’administration de réexaminer, à bref délai, sa demande en procédant à un examen concret et individualisé de la situation de son fils A..., notamment au regard de son handicap, de sa dépendance et de la nécessité de la présence soutenue de sa mère, dans l’attente du jugement au fond ;

4°) de statuer ce que de droit sur les dépens, s'il y a lieu.


Elle soutient que :

- la condition d'urgence prévue par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite en raison de la proximité de la rentrée scolaire du 1er septembre 2026 de la nécessité d’une prise en charge régulière et durable de son fils, de l’absence de cadre statutaire adapté et du risque immédiat de désorganisation de cette prise en charge ainsi que de fragilisation professionnelle et financière de la requérante à l’occasion de laquelle elle devra reprendre ses fonctions d’enseignante alors que son fils, demeure atteint d’un handicap sévère et durable nécessitant une assistance et une surveillance régulières.

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dont la suspension est demandée :

* elles ne procèdent pas de l’examen réel et sérieux de sa situation ;

* les décisions en litige ajoutent une condition au renouvellement du congé sollicité aux dispositions de L. 632-1 du code général de la fonction publique qui ne mentionnent pas expressément une limite d’âge comme condition de renouvellement du congé ;

* les mêmes dispositions ne prévoient permettent pas d’opposer le refus contesté par une référence à une limite d’âge propre au régime de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) ;

* la notion d'enfant à charge au regard d’une situation de handicap entraînant une dépendance durable et que sa mère assume à ce titre une charge effective et particulièrement importante ne peut permettre d’exclure un enfant majeur durablement dépendant et incapable d’exercer une activité professionnelle ;



Par un mémoire enregistré le 25 août 2026, le recteur de l’académie de Nice conclut au rejet de la requête.



Il soutient qu’aucune des deux conditions cumulatives tenant à l’urgence à statuer et à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée n’est remplie.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2605639 par laquelle Mme D... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique.

Ont été entendus, au cours de l’audience publique du 25 août 2026 à 14h20 tenue en présence de Mme Bertolotti, greffière d’audience :

- le rapport de M. Myara, juge des référés ;
- les observations de Mme D... ;
- et les observations de M. C..., représentant le recteur de l’académie de Nice.

La clôture de l’instruction a été reportée au 27 août 2026 à 17 h 00, en application de l’article R. 522-8 du code de justice administrative.

Un mémoire complémentaire concluant aux mêmes fins, produit par Mme D... a été enregistrés le 25 août 2026 et communiqué.

La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :


1. Mme B... D... E..., professeure des écoles titulaire, demande au juge des référés d’ordonner la suspension de la décision du 9 mars 2026 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale des Alpes-Maritimes a refusé de renouveler son congé de présence parentale et par voie de conséquence, la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique présenté le 16 avril 2026.


2.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».


3.Aux termes de l’article L 631-2 du code général de la fonction publique : « Le congé de présence parentale est accordé de droit au fonctionnaire, sur sa demande écrite, lorsque la maladie, l'accident ou le handicap d'un enfant à charge présente une particulière gravité rendant indispensables une présence soutenue de sa mère ou de son père et des soins contraignants. ». Aux termes de l’article L 632-3 du même code : « Le fonctionnaire en congé de présence parentale n'est pas rémunéré. Il bénéficie de l'allocation journalière de présence parentale dans les conditions fixées par le chapitre IV du titre IV du livre V du code de la sécurité sociale. ». Aux termes de l’article R. 512-2 du code de la sécurité sociale : « Les enfants ouvrent droit aux prestations familiales jusqu'à l'âge de vingt ans sous réserve que leur rémunération n'excède pas le plafond fixé au deuxième alinéa du présent article. ».


4.En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par la requérante et énoncés dans les visas de l’ordonnance n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 9 mars 2026 par laquelle le directeur académique des services de l'Éducation nationale des Alpes-Maritimes a refusé de renouveler le bénéfice du congé de présence parentale et de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique présenté le 16 avril 2026.


5. Par suite, et sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition d’urgence, les conclusions aux fins de suspension de l’exécution de ces décisions doivent être rejetées ainsi que les conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre des frais d’instance.


O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme D... E... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... D... E... et au ministre de l’éducation nationale.


Copie en sera adressée au recteur de l’académie de Nice.


Fait à Nice, le 1er septembre 2026.

Le juge des référés,

A. Myara
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière