Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2606004
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2606004 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NIMAL CLARISSE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 août 2026, Mme A... B..., représentée par Me Nimal, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite née le 15 août 2026 par laquelle la commission de l’académie de Nice a rejeté son recours administratif exercé à l’encontre de la décision du 19 mai 2026 par laquelle sa demande d’autorisation d’instruire son enfant D... C... en famille au titre de l’année 2026-2027 a été rejetée, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête en annulation présentée à l’encontre de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts de son enfant, notamment au regard des délais de jugement du litige au fond, de l’atteinte portée à l’intérêt supérieur de l’enfant et de la violation de la liberté d’enseignement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision initiale qui est insuffisamment motivée, qui est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de la situation de l’enfant, et d’une erreur manifeste d’appréciation de la réalité de son projet éducatif caractérisant l’existence d’une « situation propre à l’enfant » en combinant la pratique du bilinguisme franco-italien dans un cadre marqué par une double culture, la pratique de plusieurs disciplines sportives de haut niveau, ainsi que la capacité de la requérante à assurer cette instruction en famille.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 26006003 tendant à l’annulation de la décision attaquée ;
Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... et M. C... ont sollicité auprès du rectorat de l’académie de Nice l’autorisation d’instruire en famille leur enfant D... C.... Par une décision du 19 mai 2026 leur demande a été rejetée. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l’article L.521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision née le 15 août 2026 par laquelle la commission de l’académie de Nice a rejeté son recours administratif exercé à l’encontre de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 dudit code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».
3. Aux termes de l’article L. 131-5 du code de l’éducation : « Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. Les mêmes formalités doivent être accomplies dans les huit jours qui suivent tout changement de résidence. La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : (…) ; 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille. /(…). ».
4. En l’état de l’instruction, la requête tendant à la suspension de la décision implicite par laquelle la commission de l’académie de Nice a rejeté le recours administratif de Mme B... contre le refus d’autorisation d’instruire son enfant D... C... en famille au titre de l’année 2026-2027 apparaît manifestement mal fondée, dès lors qu’aucun des moyens tels qu’exposés dans les écritures et rappelés dans les visas de la présente ordonnance n’est de nature à faire naître un doute sérieux sur sa légalité.
5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter en toutes ses conclusions la requête de Mme B....
O R D O N N E :
Article 1er : la requête de Mme A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Nice, le 1er septembre 2026
Le juge des référés,
Signé
MYARA
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Par une requête enregistrée le 27 août 2026, Mme A... B..., représentée par Me Nimal, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite née le 15 août 2026 par laquelle la commission de l’académie de Nice a rejeté son recours administratif exercé à l’encontre de la décision du 19 mai 2026 par laquelle sa demande d’autorisation d’instruire son enfant D... C... en famille au titre de l’année 2026-2027 a été rejetée, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la requête en annulation présentée à l’encontre de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts de son enfant, notamment au regard des délais de jugement du litige au fond, de l’atteinte portée à l’intérêt supérieur de l’enfant et de la violation de la liberté d’enseignement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision initiale qui est insuffisamment motivée, qui est entachée d’un défaut d’examen réel et sérieux de la situation de l’enfant, et d’une erreur manifeste d’appréciation de la réalité de son projet éducatif caractérisant l’existence d’une « situation propre à l’enfant » en combinant la pratique du bilinguisme franco-italien dans un cadre marqué par une double culture, la pratique de plusieurs disciplines sportives de haut niveau, ainsi que la capacité de la requérante à assurer cette instruction en famille.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 26006003 tendant à l’annulation de la décision attaquée ;
Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... et M. C... ont sollicité auprès du rectorat de l’académie de Nice l’autorisation d’instruire en famille leur enfant D... C.... Par une décision du 19 mai 2026 leur demande a été rejetée. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l’article L.521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision née le 15 août 2026 par laquelle la commission de l’académie de Nice a rejeté son recours administratif exercé à l’encontre de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 dudit code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».
3. Aux termes de l’article L. 131-5 du code de l’éducation : « Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. Les mêmes formalités doivent être accomplies dans les huit jours qui suivent tout changement de résidence. La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : (…) ; 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille. /(…). ».
4. En l’état de l’instruction, la requête tendant à la suspension de la décision implicite par laquelle la commission de l’académie de Nice a rejeté le recours administratif de Mme B... contre le refus d’autorisation d’instruire son enfant D... C... en famille au titre de l’année 2026-2027 apparaît manifestement mal fondée, dès lors qu’aucun des moyens tels qu’exposés dans les écritures et rappelés dans les visas de la présente ordonnance n’est de nature à faire naître un doute sérieux sur sa légalité.
5. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter en toutes ses conclusions la requête de Mme B....
O R D O N N E :
Article 1er : la requête de Mme A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Nice, le 1er septembre 2026
Le juge des référés,
Signé
MYARA
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,