Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2301544

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2301544
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHOARAU-KERACHNI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er décembre 2023, la SCI Law-Wai, représentée par Me Hoarau, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le préfet de La Réunion l’a mise en demeure d’évacuer dans un délai de deux mois les déchets issus des travaux de désamiantages entreposés sur le terrain cadastré section AW n° 1886 sis sur le territoire de la commune de Saint-Paul au 104 rue Gabriel Martin et de mettre le site en sécurité dans un délai de 48 heures ;

2°) d’enjoindre au préfet de La Réunion de compléter son rapport d’inspection pour identifier les propriétaires des déchets et identifier leur origine afin de les mettre en cause ;

3°) de dire que les travaux de remise en état seront déclarés d’utilité publique et confiés à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ou à tout service de l’Etat compétent ;

4°) de constater qu’elle a procédé à la sécurisation du site ;

5°) à titre subsidiaire, de lui accorder un délai de trois mois supplémentaires à compter du jugement à intervenir pour procéder à l’évacuation des déchets, et de dire que les frais d’évacuation des déchets autres que ceux provenant du chantier seront pris en charge par le préfet de La Réunion ;

6°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Par un mémoire, enregistré le 27 novembre 2025, le préfet de La Réunion conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que la société requérante a entièrement exécuté les prescriptions mises à sa charge par l’arrêté en litige.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Gueguein, vice-président, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 171-7 du code de l’environnement : « I. Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. Elle peut, en outre, ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 45 000 € par le même acte que celui de mise en demeure ou par un acte distinct. (…) ». Aux termes de l’article L. 171-11 du même code : « Les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. ».

3. Il résulte des dispositions de l’article L. 171-11 du code de l’environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l’étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l’autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Lorsque l’autorité administrative, dans le cas où des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés irrégulièrement, met en demeure l’intéressé de régulariser sa situation, sur le fondement des dispositions de l’article L. 171-7 du code de l’environnement, l’exécution complète des mesures ou formalités prescrites par cette mise en demeure prive d’objet le recours tendant à son annulation, sur lequel il n’y a, dès lors, plus lieu de statuer.

2. Il résulte de l’instruction que postérieurement à l’introduction de la requête, la société Law-Wai a exécuté toutes les prescriptions prévues par la mise en demeure du 29 septembre 2023. Par suite, les conclusions aux fins d’annulation et aux fins d’injonction de sa requête sont devenues sans objet.




3. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SCI Law-Wai présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E:


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de la SCI Law-Wai.

Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Law-Wai et au préfet de La Réunion.


Fait à Saint-Denis, le 1er septembre 2026.


Le président de la 3ème chambre,




S. GUEGUEIN

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.