Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2026, M. B... A... demande au tribunal d’ordonner au préfet de La Réunion de lui attribuer un logement répondant à ses besoins et capacités en application de la décision favorable de la commission de médiation du droit au logement opposable de La Réunion du 1er avril 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. ».
2. Aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « I. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative, tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu’il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois (…) ». Il résulte de l’article R. 441-16-1 du même code que le recours prévu par les dispositions précitées « peut être introduit par le demandeur qui n’a pas reçu d’offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire » et que « dans les départements d’outre-mer (…) ce délai est de six mois ». Par ailleurs, l’article R. 778-1 du code de justice administrative dispose que les requêtes introduites sur le fondement des dispositions précitées du code de la construction et de l’habitation « sont présentées dans un délai de quatre mois à compter de l’expiration des délais prévus aux articles R. 441-16-1, R. 441-17 et R. 441-18 ».
3. Suite à la décision du 1er avril 2026 par laquelle M. A... a été reconnu prioritaire au titre du droit au logement opposable, l’intéressé n’a pas attendu le terme du délai de six mois dont dispose l’administration pour formuler une proposition de logement, mais a saisi le tribunal de manière prématurée, le 19 juin 2026, d’une requête tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement et pouvant conduire le juge administratif à prononcer une injonction lorsque l’administration n’a pas fait le nécessaire à l’issue du délai de six mois. Ainsi, il y a lieu de constater l’irrecevabilité manifeste de la requête de M. A... pour être prématurée laquelle doit, par suite, être rejetée.
4. Il appartiendra au requérant, s’il s’y croit fondé, de saisir de nouveau le tribunal à compter du 1er octobre 2026 si, à cette date, il n’a pas encore bénéficié de la proposition de logement à laquelle il a droit en conséquence de la décision du 1er avril 2026.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Saint-Denis, le 1er juillet 2026.
Le président,
J-M. LASO
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.