jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100637 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 octobre 2021, le 31 mai 2022, le 1er juin 2022 et le 12 août 2022, M. A B, représenté par la SELARL Labor et Concilium, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique a rejeté sa demande de cessation progressive d'activité ;
2°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- il remplit les conditions fixées à l'article 38 du statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat pour solliciter le bénéfice d'une cessation progressive d'activité ;
- le motif de refus tiré du précédent qui pourrait être créé en lui accordant la cessation progressive d'activité méconnait l'article 38 du statut ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où sa cessation progressive d'activité ne générera qu'un faible surcoût pour la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 mars et 14 juillet 2022, la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique, représentée par Me Bertrand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- le statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Célénice, représentant M. B, et de Me Bertrand, représentant la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité de son employeur, la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique, le bénéfice d'une cessation progressive d'activité le 9 juillet 2021. Par courrier du 3 septembre 2021, le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ".
3. Alors même que l'article 38 du statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat ne fait pas référence aux nécessités du service, cette notion régit néanmoins l'organisation du temps de travail à temps partiel, en application de l'annexe IX au statut, auquel renvoie cet article. Par suite, cette disposition n'a pas pour objet ni pour effet de créer, indépendamment des nécessités du service, un droit au bénéfice de la cessation progressive d'activité pour les agents des chambres de métiers qui remplissent les conditions pour l'obtenir. Dans la mesure où la décision contestée n'entre pas dans la catégorie des décisions devant être motivées en vertu du 6° de l'article L. 211-2 précité, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme inopérant. En tout état de cause, il résulte des termes mêmes de la décision litigieuse que, pour refuser le bénéfice de la cessation progressive d'activité à M. B, la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique, après avoir mentionné les dispositions de l'article 38 du statut, s'est fondée sur la circonstance que le surcoût généré par son remplacement ne serait pas négligeable pour l'administration, alors que la situation financière actuelle et les incertitudes quant aux recettes à venir imposent d'optimiser les ressources humaines et financières. Il est également précisé qu'autoriser une telle cessation progressive d'activité serait contraire à une bonne gestion et aux recommandations formulées par sa tutelle, la préfecture de la Martinique. Dans ces conditions, l'intéressé a été mis à même de comprendre les raisons pour lesquelles sa demande de cessation progressive d'activité était rejetée, quand bien même il n'était pas précisé le montant du surcoût ni la nature des recommandations qui ont été émises.
4. En deuxième lieu, les moyens tirés de ce que M. B remplissait les conditions posées par l'article 38 du statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat et de ce que l'administration ne pouvait rejeter sa demande en se fondant sur la circonstance qu'une telle autorisation créerait un précédent sont inopérants, dès lors que la décision contestée s'est uniquement fondée, pour rejeter la demande de cessation progressive d'activité, sur les incidences financières qu'aurait une telle décision pour la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique, celle-ci ne contestant d'ailleurs pas que l'intéressé remplissait les conditions légales fixées par l'article 38 précité.
5. En troisième lieu, l'article 1er de la loi du 10 décembre 1952 relative à l'établissement obligatoire d'un statut du personnel administratif des chambres d'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers dispose que : " La situation du personnel administratif des chambres d'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers de France est déterminée par un statut établi par des commissions paritaires nommées, pour chacune de ces institutions, par le ministre de tutelle ". Par ailleurs, aux termes de l'article 38 du statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat : " Les agents sous statut des établissements mentionnés à l'article 1er relevant des catégories employé à cadre supérieur mentionnées à l'article 8-I, qui le demandent, et s'ils remplissent les conditions suivantes : / - être âgé de cinquante-cinq ans révolus ; / - occuper un emploi à temps complet ; / - avoir au moins vingt ans de présence dans les établissements mentionnés à l'article 1er, / font l'objet, dans un délai de six mois à réception de la demande, d'une décision du président pour bénéficier de la cessation progressive d'activité en travaillant à mi-temps jusqu'à ce qu'ils remplissent les conditions requises à la date de la demande pour bénéficier d'une pension de retraite de base à taux plein et sans que la cessation progressive d'activité ne puisse excéder une période initiale supérieure à quatre ans. () / Ils perçoivent dans cette situation 70 % de leur traitement à temps complet. / Ils bénéficient dès lors des dispositions de l'annexe IX relative aux conditions d'emploi à temps partiel. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des simulations produites en défense par la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique, que l'emploi d'un enseignant supplémentaire pour assurer 50 % des cours que M. B ne pourrait plus assurer, générerait nécessairement un surcoût pouvant varier, selon le taux horaire de vacation, de 2 819,91 euros à 5 176,29 euros par an en cas de recrutement d'un vacataire, tandis que ce surcoût serait au minimum de 7 974,72 euros par an en cas de recrutement d'un agent contractuel à mi-temps à l'indice minimal de 390. Dans ces conditions, et alors au demeurant que la chambre de métiers et de l'artisanat ne peut recruter un vacataire pour pourvoir un emploi permanent, en considérant que l'intérêt du service est de nature à justifier le refus opposé à la demande de cessation progressive d'activité du requérant, laquelle aurait nécessairement un impact financier non négligeable sur sa situation financière critique, la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen ainsi soulevé doit être écarté, sans que M. B ne puisse utilement se prévaloir du fait que l'administration serait partiellement responsable de ses difficultés financières.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique a rejeté sa demande de cessation progressive d'activité doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées à ce titre par le requérant. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la chambre de métiers et de l'artisanat de Martinique.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
A. CLa présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne à la ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat et du tourisme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026