jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100708 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2021 sous le n° 2100708, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 6 novembre 2022 et 17 janvier 2023, M. A B, représenté par la Selarl Labor et Concilium, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2021 par laquelle le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique l'a informé du non-renouvellement de son contrat d'engagement à durée déterminée au terme de celui-ci, le 31 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête conserve son objet dans la mesure où la décision portant proposition d'un contrat à durée indéterminée portait sur un emploi différent, de sorte qu'elle ne peut être regardée comme retirant la décision attaquée, et où elle n'a donné lieu à aucune réintégration effective ;
- la requête conserve encore son objet dès lors que le retrait de la décision attaquée ne pouvait légalement intervenir que dans un délai de quatre mois suivant son édiction et à raison de sa seule illégalité ;
- la décision attaquée est irrégulière puisqu'elle se fonde sur son insuffisance professionnelle et que la procédure imposant deux convocations successives prévue aux articles 40 et 41 du statut des personnels des chambres de métiers et de l'artisanat n'a pas été mise en œuvre ;
- la procédure est également irrégulière dans la mesure où l'entretien du 22 juin 2021 n'a pas été précédé d'une convocation écrite, en méconnaissance de l'annexe XI du statut relative à l'entretien professionnel et à la grille d'évaluation ;
- la procédure est encore irrégulière puisque, en méconnaissance des mêmes dispositions, l'administration ne lui a communiqué la fiche et la grille d'évaluation que moins de deux heures avant la réunion et qu'il n'a disposé que d'un délai de 24 heures pour retourner lesdits documents à l'issue de l'entretien ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que ni l'intérêt du service, ni son insuffisance professionnelle ne sont caractérisés, en l'absence d'élément en ce sens figurant dans les documents de son dossier individuel qui lui ont été communiqués ;
- la décision attaquée constitue une sanction déguisée prononcée après qu'il ait sollicité son droit de se voir proposer un contrat à durée indéterminée en application des articles 6 II et 6 bis de l'annexe XIV du statut ;
- compte-tenu de l'ancienneté de 6 ans, 7 mois et 20 jours dont il justifiait à la date du 20 décembre 2020, il pouvait bénéficier d'un contrat d'engagement à durée indéterminée, en application de ces mêmes dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 16 décembre 2022, la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, représentée par Me Bertrand, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions principales de la requête de M. B et au rejet de ses conclusions accessoires présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet dès lors que, par décisions des 16 mai 2022 et 16 septembre 2022 intervenues en cours d'instance, elle a retiré la décision attaquée et adressé à M. B deux propositions de renouvellement de son contrat d'engagement dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, ce à titre rétroactif à compter du 1er janvier 2022 ;
- elle a encore adressé au requérant, conformément à ses souhaits et après négociation, une proposition de renouvellement de son contrat de recrutement en contrat à durée indéterminée prenant la forme d'un avenant daté du 22 septembre 2022.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire complémentaire de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, enregistré le 30 janvier 2023, n'a pas été communiqué.
II. Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2021 sous le n° 2100709, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 6 novembre 2022 et 16 janvier 2023, M. A B, représenté par la Selarl Labor et Concilium, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2021 par laquelle le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique a rejeté sa demande tendant au bénéfice d'un contrat à durée indéterminée ;
2°) de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête conserve son objet dans la mesure où la décision portant proposition d'un contrat à durée indéterminée portait sur un emploi différent, de sorte qu'elle ne peut être regardée comme retirant la décision attaquée, et où elle n'a donné lieu à aucune réintégration effective ;
- la requête conserve encore son objet dès lors que le retrait de la décision attaquée ne pouvait légalement intervenir que dans un délai de quatre mois suivant son édiction et à raison de sa seule illégalité ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 6 II et 6 bis de l'annexe XIV du statut des personnels des chambres de métiers et de l'artisanat ;
- en effet, compte-tenu de l'ancienneté de 6 ans, 7 mois et 20 jours dont il justifiait à la date du 20 décembre 2020, il pouvait bénéficier d'un contrat d'engagement à durée indéterminée, en application de ces dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 16 décembre 2022, la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, représentée par Me Bertrand, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions principales de la requête de M. B et au rejet de ses conclusions accessoires présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet dès lors que, par décisions des 16 mai 2022 et 16 septembre 2022 intervenues en cours d'instance, elle a adressé à M. B deux propositions de renouvellement de son contrat d'engagement dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, ce à titre rétroactif à compter du 1er janvier 2022 ;
- elle a encore adressé au requérant, conformément à ses souhaits et après négociations, une proposition de renouvellement de son contrat de recrutement en contrat à durée indéterminée prenant la forme d'un avenant daté du 22 septembre 2022.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire complémentaire de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, enregistré le 30 janvier 2023, n'a pas été communiqué.
III. Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2022 sous le n° 2200649, M. A B, représenté par la Selarl Labor et Concilium, demande au tribunal :
1°) de condamner la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique à lui verser une indemnité de 60 140,69 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi à la suite de son éviction illégale de ses fonctions de formateur contractuel en technologie et travaux pratiques en automobile survenue le 31 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la chambre de métiers et de l'artisanat a illégalement refusé de transformer son contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée, alors qu'il remplissait la conditions d'ancienneté prévue à l'article 6 bis de l'annexe XIV du statut des personnels des chambres de métiers et de l'artisanat ;
- la décision de non-renouvellement de son contrat d'engagement est illégale dans la mesure où la procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle prévue aux articles 40 et 41 du statut n'a pas été respectée ;
- la décision du 8 novembre 2021 lui refusant paiement d'heures de dépassement et le remboursement de frais engagées dans le cadre de deux missions accomplies en 2018 et 2018 est également illégale ;
- il se rapporte à trois mémoires produits dans le cadre des instances n°s 2100708, 2100709 et 2200002, qu'il joint à sa requête ;
- ces illégalités constituent des fautes de nature à engager la responsabilité de la chambre de métiers et de l'artisanat ;
- il subit un préjudice financier lié à son éviction illégale et au non-paiement des heures et indemnités auxquelles il pouvait prétendre, qu'il évalue à la somme totale de 60 140,69 euros, dont il est fondé à demander réparation.
La procédure a été régulièrement communiquée à la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, qui n'a produit aucune observation malgré une lettre de mise en demeure qui lui a été adressée par courrier du 17 janvier 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires, en tant qu'elles portent sur la somme de 11 387,96 euros, ces conclusions ayant la même portée que les conclusions aux fins d'annulation de la décision à objet purement pécuniaire du 8 novembre 2021, par laquelle la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique a refusé le paiement de cette somme.
M. B a présenté des observations sur ce moyen d'ordre public, par un mémoire qui a été enregistré le 13 avril 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le statut consolidé adopté par la commission paritaire nationale 52 réunie le 13 novembre 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Célénice, avocat de M. B, et de Me Bertrand, avocat de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, professeur contractuel à temps partiel, a été recruté par la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique à compter du 10 mars 2014 pour assurer des enseignements de technologie et de travaux pratiques en automobile, en vertu de contrats d'engagement à durée déterminée successifs dont le dernier, conclu pour une durée de cinq ans, arrivait à son terme le 31 décembre 2021. Il a sollicité auprès de sa hiérarchie, par courrier du 8 juillet 2021, la transformation de son contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée. Par deux décisions du 16 septembre 2021, le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique a rejeté cette demande et informé l'intéressé de sa décision ne pas renouveler son dernier contrat d'engagement au terme de celui-ci. L'intéressé a alors formé auprès de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, par un courrier daté du 14 septembre 2022, une demande indemnitaire préalable, qui a été rejetée par une décision du 22 septembre 2022. Dans les présentes instances, M. B demande au tribunal administratif d'annuler les décisions du président de la chambre des métiers et de l'agriculture de la Martinique du 16 septembre 2021, refusant de transformer son contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée et portant refus de renouvellement de son contrat d'engagement. Il doit également être regardé comme demandant à la juridiction de condamner la chambre de métiers et de l'agriculture de la Martinique à lui verser des indemnités d'un montant total de 60 140,69 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de son éviction de ses fonctions de formateur contractuel en technologie et travaux pratiques en automobile survenue au terme de son dernier contrat d'engagement, le 31 décembre 2021.
2. Les requêtes susvisées n° 2100708, n° 2100709 et n° 2200649, présentées pour M. B, se rapportent à la situation individuelle d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les requêtes n° 2100708 et 2100709 :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction des deux requêtes, le président de la chambre des métiers et de l'artisanat de la Martinique, par une décision du 16 mai 2022, a prononcé le retrait des deux décisions attaquées du 16 septembre 2021 portant non-renouvellement du dernier contrat d'engagement de M. B et portant refus de transformation de ce contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée. Si la première proposition de contrat à durée indéterminée jointe à cette décision portait sur des fonctions différentes d'enseignement de cours de mathématiques, le président de la chambre des métiers et de l'artisanat a toutefois postérieurement, par une nouvelle décision du 2 septembre 2022, adressé à M. B une seconde proposition de renouvellement de son contrat d'engagement sur des fonctions d'enseignement de technologie et de travaux pratiques en automobile identiques à celles que l'intéressé occupait antérieurement au 31 décembre 2021, et ce dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée avec effet rétroactif au 1er janvier 2022. Ces deux décisions sont devenues définitives faute d'avoir été contestées dans le délai de recours contentieux, de sorte que le requérant ne peut utilement se prévaloir de leur éventuelle illégalité. Il s'ensuit que les conclusions de M. B tendant à l'annulation des deux décisions du président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique du 16 septembre 2021 portant non-renouvellement du dernier contrat d'engagement du requérant et refus de transformation de ce contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
Sur la requête n° 2200649 :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions tendant au paiement d'une somme de 11 387,96 euros :
5. L'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision expresse dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a formé auprès de sa hiérarchie, par un courrier daté du 15 septembre 2021, une demande tendant au paiement d'une somme de 11 387,96 euros correspondant, d'une part, à des rémunérations se rapportant à 76,54 heures complémentaires et à 185,66 heures supplémentaires qu'il estimait lui être dues sur la période du 1er septembre 2017 au 31 juillet 2021 et, d'autre part, au remboursement de frais de déplacements temporaires exposés à l'occasion de deux missions en métropole accomplies en 2018 et en 2019. Le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique a rejeté cette demande par une décision du 8 novembre 2021, qui présentait un objet purement pécuniaire. Le délai de recours contentieux de deux mois dont disposait M. B pour former un recours en annulation à l'encontre de cette décision a commencé à courir le 4 janvier 2022, date à laquelle ce dernier a effectivement formé devant le tribunal administratif de la Martinique un recours pour excès de pouvoir à l'encontre de cette décision, assorti de conclusions à fin d'injonction tendant au versement de la somme de 11 387,96 euros. M. B a présenté dans la présente instance des conclusions qui tendent à l'indemnisation du préjudice financier qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision de rejet du 8 novembre 2021 et résultant de l'absence de paiement de la somme de 11 387,96 euros correspondant aux rémunérations des heures de dépassement et aux remboursements de frais de déplacements qu'il avait sollicité auprès de sa hiérarchie. Toutefois, ces conclusions indemnitaires ont la même portée que le recours en annulation précédemment formé par M. B. Elles n'ont été formées que le 7 novembre 2022, date d'enregistrement de la requête, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours permettant d'introduire un recours en annulation à l'encontre de la décision à objet purement pécuniaire du 8 novembre 2021. Ces conclusions sont donc tardives et, par suite, irrecevables. Elles doivent, par suite, être rejetées.
En ce qui concerne le surplus des conclusions indemnitaires de la requête :
7. En premier lieu, M. B demande l'indemnisation, à hauteur d'un montant de 20 246,87 euros, des pertes de rémunérations qu'il estime avoir subies à la suite de son éviction du service, sur la période du 1er janvier 2022 au 30 septembre 2022, en raison de l'illégalité fautive des décisions du président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique du 16 septembre 2021 portant non-renouvellement de son dernier contrat d'engagement et portant refus de transformation de ce contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment au point 4., par des décisions des 16 mai 2022 et 2 septembre 2022, le président de la chambre des métiers a retiré ses deux décisions du 16 septembre 2021 et adressé au requérant une proposition de renouvellement de son contrat d'engagement, sur des fonctions identiques à celle qu'il occupait jusqu'au 31 décembre 2021, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée avec effet rétroactif au 1er janvier 2022, à laquelle l'intéressé n'a pas donné suite. Ainsi, l'absence de réintégration effective de M. B au sein des services de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, et l'absence consécutive du droit de l'agent à continuer de percevoir sa rémunération à compter du 1er janvier 2022, est la conséquence du choix du requérant de ne pas donner suite à la proposition de contrat à durée indéterminée que lui a adressée l'administration. Il s'ensuit que les préjudices liés aux pertes de rémunérations dont le requérant demande l'indemnisation, ne sont pas la conséquence des illégalités fautives dont il se prévaut. Par suite, en l'absence de tout lien de causalité, les conclusions de M. B présentées à ce titre doivent être rejetées.
8. En deuxième lieu, M. B demande le versement d'une indemnité de licenciement d'un montant de 17 817,24 euros et se prévaut à ce titre de l'illégalité fautive de la mesure d'éviction du service dont il a fait l'objet. D'une part, si le président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique avait initialement rejeté la demande de transformation en contrat à durée indéterminée de M. B par sa première décision du 16 septembre 2021, il a postérieurement adressé au requérant plusieurs propositions de contrats à durée indéterminée que l'intéressé a refusé de signer. Dans ces conditions, alors que l'article 6 bis de l'annexe XIV du statut des agents des chambres de métiers et de l'artisanat, créé par décision de la commission paritaire nationale 52 du 9 décembre 2020, impose seulement à l'employeur de proposer, aux agents qui remplissent les conditions, la transformation de leur contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée, sans prévoir la transformation automatique dudit contrat, M. B ne peut être regardé comme ayant jamais été titulaire d'un quelconque contrat à durée indéterminée. D'autre part, la seconde décision du président de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique du 16 septembre 2021 portant non-renouvellement de son dernier contrat d'engagement au terme de celui-ci, le 31 décembre 2021, ne constitue pas une mesure de licenciement, ce qui n'est d'ailleurs même pas soutenu par le requérant. Dans ces conditions, l'administration n'a commis aucune illégalité fautive en ne versant pas à M. B l'indemnité prévue en cas de licenciement par l'article 44 du statut adopté par la commission paritaire nationale 52 réunie le 13 novembre 2008. Par suite, en l'absence de toute illégalité fautive, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre doivent être rejetées.
9. En troisième lieu, les frais de justice, s'ils ont été exposés en conséquence directe d'une faute de l'administration, sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de l'illégalité fautive imputable à l'administration. Toutefois, lorsque l'intéressé a fait valoir devant le juge une demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le préjudice est intégralement réparé par la décision que prend le juge sur ce fondement. Il n'en va autrement que dans le cas où le demandeur ne pouvait légalement bénéficier de ces dispositions. En l'espèce, M. B ne produit aucun justificatif de nature à démontrer qu'il aurait exposé des frais d'avocat distincts des frais de justice exposés dans les instances n° 2100708, 2100709 et 2200002 devant le tribunal administratif de la Martinique et utiles à la résolution du litige. Il ne démontre en outre pas qu'il n'aurait pu bénéficier des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cadre de ces trois instances et que les frais exposés pour sa défense n'auraient pas fait l'objet d'une appréciation d'ensemble, laquelle exclut toute demande indemnitaire de ce chef sur un autre fondement juridique. Par suite, les conclusions indemnitaires de M. B présentées à ce titre, à hauteur d'un montant de 5 032,50 euros, doivent être rejetées.
10. En quatrième lieu, M. B demande l'indemnisation, à hauteur d'un montant de 5 656,12 euros, d'un chef de préjudice intitulé " 10 % pour avocat ". Toutefois, il n'apporte aucune précision sur la nature de ce chef de préjudice ni sur ce qu'il recouvre. A supposer qu'il s'agisse de frais d'avocat, le requérant ne démontre en tout état de cause pas que ce préjudice serait distinct des frais de justice exposés dans les instances n° 2100708, 2100709 et 2200002 devant le tribunal administratif de la Martinique et utiles à la résolution du litige. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre doivent être rejetées.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'engagement de la responsabilité de la puissance publique, que le surplus des conclusions indemnitaires de la requête de M. B doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
12. En premier lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique les sommes que M. B demande au titre des frais exposés dans les instances n° 2100708 et n° 2100709 et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre dans ces deux instances par la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique soient mises à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante.
13. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique, qui n'est pas dans la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui dans l'instance n° 2200649 et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée dans la même instance par la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les requêtes n° 2100708 et n° 2100709 de M. B.
Article 2 : Les conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les instances n° 2100708 et n° 2100709 sont rejetées.
Article 3 : La requête n° 2200649 de M. B est rejetée.
Article 4 : Les conclusions de la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les instances n° 2100708, n° 2100709 et n° 2200649 sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la chambre de métiers et de l'artisanat de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
V. Phulpin
La présidente,
H. Rouland-BoyerLa greffière,
J. Lemaître
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2100709 et 2200649
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026