jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200767 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GOLDWIN PARTNERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 décembre 2022 et le 9 mars 2023, M. C B, représenté par Me Zahedi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du 1er novembre 2022 par laquelle le président du syndicat territorial d'incendie et de secours (STIS) de la Martinique a rejeté sa demande tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au STIS de la Martinique de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, dans un délai de sept jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du STIS de la Martinique la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de débouter ce dernier de l'ensemble de ses demandes.
Il soutient que :
- il est victime depuis 2018 d'un harcèlement moral de la part du directeur de la mer de Martinique ;
- il a en outre été victime d'actes d'intimidation, son bateau ayant été vandalisé ;
- il n'a pas été soutenu par sa hiérarchie qui a tenu des propos publics le dénigrant ;
- son état de santé s'est, en conséquence, dégradé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 février 2023 et 3 avril 2023, le STIS de la Martinique, représenté par Me Mbouhou, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la requête est irrecevable et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Yang-Ting Ho, substituant Me Zahedi, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Sapeur-pompier professionnel, M. B exerçait ses fonctions auprès du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique avant d'être placé en arrêt maladie à compter de novembre 2018. Soutenant être victime d'un harcèlement moral de la part du directeur de la mer de Martinique, M. B a sollicité de son employeur le bénéfice de la protection fonctionnelle. Formulée le 1er décembre 2018 et réitérée le 23 juin 2020, cette demande a été implicitement rejetée. Par un courrier du 1er septembre 2022, M. B a réitéré sa demande de protection fonctionnelle. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur sa troisième demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. En vertu du 5° de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ".
3. Une nouvelle décision dont le sens et l'objet sont les mêmes que ceux d'une précédente décision revêt un caractère confirmatif de la décision initiale dès lors que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige.
4. Il résulte de ces dispositions qu'en cas d'intervention d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics.
5. En l'espèce, par son courrier du 1er septembre 2022, M. B a réitéré auprès de sa hiérarchie une demande de protection fonctionnelle qu'il avait déjà présentée en décembre 2018 et en juin 2020, précédentes demandes qui ont toutes deux été rejetées par des décisions implicites de l'autorité hiérarchique. Il ressort des termes de ce courrier du 1er septembre 2022 que M. B procède à un renvoi pur et simple à sa précédente demande du 23 juin 2020 sans développer les motifs de sa demande ni, a fortiori, présenter d'éléments nouveaux. Or, il ressort des pièces du dossier que la décision implicite de rejet opposée le 23 août 2020 à la demande de protection fonctionnelle du 23 juin 2020 n'a pas été contestée par l'intéressé et, par conséquent, est devenue définitive. Il s'ensuit que, à défaut de changement dans les circonstances de fait ou de droit, ni établi ni même réellement allégué par le requérant, la décision implicite du 1er novembre 2022, qui rejette la nouvelle demande de protection fonctionnelle du 1er septembre 2022, constitue une décision purement confirmative de la décision du 23 août 2020 et n'a donc pas eu pour effet de rouvrir un nouveau délai de recours contentieux. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de protection fonctionnelle présentée le 1er septembre 2022 sont irrecevables.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du STIS de la Martinique, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera au STIS de la Martinique la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au syndicat territorial d'incendie et de secours de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026