lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PORTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 octobre 2023 et le 20 janvier 2024, Mme C A épouse D, représentée par Me Portel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune du Marin a rejeté sa demande du 9 juin 2023 tendant à ce qu'il fasse usage de ses pouvoirs de police en réaction aux troubles à la tranquillité publique qu'elle subit ;
2°) d'enjoindre au maire du Marin de faire usage de ses pouvoirs de police afin de faire cesser les troubles subis, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Marin la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, compte tenu des nombreux signalements effectués relatifs aux importantes nuisances de voisinage subies, la décision par laquelle le maire du Marin a refusé de faire usage de ses pouvoirs de police est entachée d'illégalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2023, la commune du Marin, représentée par Me Nicolas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de Mme D.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par un courrier du 21 février 2024, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer, le litige étant relatif à la mise en œuvre par le maire de pouvoirs de police judiciaire.
Un mémoire en réponse, produit par Mme D, a été enregistré le 25 février 2024 et a été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Nicolas, représentant la commune du Marin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D réside depuis plusieurs décennies dans le quartier La Agnès, sur le territoire de la commune du Marin. Par de nombreux courriers adressés au maire de la commune et de nombreuses mains courantes déposées auprès des services de gendarmerie, Mme D et son fils ont signalé les diverses nuisances qu'ils subissent depuis plusieurs années en provenance d'une maison voisine. Par un courrier du 9 juin 2023, reçu le 13 juin suivant, Mme D a demandé au maire du Marin de faire usage de ses pouvoirs de police afin de faire cesser ces nuisances. Une décision de rejet est née le 13 août 2023 du silence gardé pendant deux mois sur cette demande. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () / 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que () les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ".
3. Dans son courrier du 9 juin 2023, notifié le 13 juin 2023, Mme D rappelle au maire du Marin qu'elle est propriétaire de sa maison qu'elle occupe depuis 55 ans, qu'elle subit régulièrement depuis trois ans d'importantes nuisances sonores en provenance d'une maison voisine qui, suite au décès de ses précédents occupants, fait l'objet d'un squat de la part d'un individu qui, notamment, y organise fréquemment des rassemblements festifs très bruyants. En réponse à ces signalements, le maire du Marin a adressé le 8 septembre 2020 un courrier de mise en demeure à la propriétaire de la maison squattée, l'enjoignant de prendre toutes les dispositions nécessaires afin de faire cesser ces nuisances. Il est constant que, depuis ce courrier, le maire du Marin n'a plus pris aucune mesure face à ces atteintes à la tranquillité publique persistantes. Mme D fait en effet valoir que les nuisances subies se sont encore aggravées depuis plus de deux ans, et qu'elles ont été maintes fois signalées par de nouveaux courriers au maire, par un courrier au sous-préfet du Marin et par de nombreuses mains courantes déposées par son fils auprès de la gendarmerie. Si la commune du Marin fait valoir en défense que Mme D ne verse aux débats que ces nombreux signalements effectués, ceux-ci sont suffisants pour faire présumer une situation d'atteinte excessive à la tranquillité publique dont, au demeurant, l'existence n'est pas véritablement contestée en défense par la commune. Il s'ensuit qu'en refusant de donner toute suite au courrier de Mme D du 9 juin 2023 qui, le cas échéant, aurait nécessité que le maire du Marin fasse usage de ses pouvoirs de police, ce dernier a entaché sa décision d'illégalité.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite du 13 août 2023 par laquelle le maire du Marin a rejeté la demande de Mme D doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Il ne résulte pas de l'instruction que les nuisances évoquées par Mme D auraient cessé. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au maire du Marin de prendre, dans l'exercice de ses pouvoirs de police, toute mesure appropriée vue de faire cesser les nuisances décrites par la requérante, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune du Marin au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune du Marin la somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 août 2023 par laquelle le maire du Marin a rejeté la demande de Mme D est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire du Marin, de prendre dans l'exercice de ses pouvoirs de police, les mesures appropriées en vue de faire cesser les atteintes à la tranquillité publique signalées par Mme D, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune du Marin versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera communiqué à Mme C A veuve D et à la commune du Marin.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2024.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M. Laso
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026