Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400568

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400568
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B, ressortissant saint-lucien, qui contestait les décisions du préfet refusant son admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, étaient manifestement infondés. En effet, M. B ne justifiait pas de l'intensité et de la stabilité de ses liens familiaux en France, où il résidait depuis moins d'un an, et ne contestait pas conserver des attaches dans son pays d'origine. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, et des pièces complémentaires enregistrées les 5, 10 et 22 septembre 2024, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions du 22 juillet 2024 par lesquelles le préfet de la Martinique a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et a fixé le pays de renvoi (Sainte-Lucie).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. M. B, ressortissant de nationalité saint-lucienne, né le 8 mars 1993, déclare être entré sur le territoire français le 2 septembre 2023. Le 22 septembre 2023, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions susvisées du 22 juillet 2024, notifiées le 28 août 2024.

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

4. A l'appui de sa requête, M. B doit être regardé comme invoquant les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent dès lors qu'il se prévaut de sa relation avec une compatriote, titulaire d'une carte de résident en cours de validité, et de la présence de leur fils, né le 9 février 2023 à Fort-de-France. Toutefois, en se bornant à produire l'acte de naissance de son fils, une facture du 9 octobre 2023 pour l'achat de couches, une attestation du 13 mai 2024 du médecin de la protection maternelle et infantile indiquant qu'il est présent lors du suivi de l'enfant, ainsi que la copie de la carte de résident et du contrat de travail à durée déterminé de sa compagne, M. B ne justifie pas de l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens personnels et familiaux sur le territoire français. De plus, le requérant qui réside sur le territoire français depuis moins d'un an à la date de la décision attaquée, ne conteste pas avoir des attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents, selon les mentions de l'arrêté en litige, et où il a vécu l'essentiel de son existence. Enfin, le requérant ne justifie, ni même n'allègue, d'une insertion particulière dans la société française. Dans ces conditions, la requête ne comporte que des moyens manifestement infondés. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A C B.

Fait à Schœlcher, le 15 octobre 2024.

Le président,

J-M. Laso

La république mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400568