Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400642
vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400642 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à compter du 15 juillet 2024 : " La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1. ". Et aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision. (). ". Enfin, aux termes de l'article R. 911-1 de ce code : " Le délai de recours contentieux d'un mois prévu à l'article L. 911-1 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. ".
4. Mme A, ressortissante saint-lucienne née le 26 décembre 1962, est entrée sur le territoire français le 20 février 2015. En dernier lieu, le 6 octobre 2023, Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale. Par un arrêté en date du 15 juillet 2024, le préfet de la Martinique a refusé la délivrance de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi (Sainte-Lucie). Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision. Toutefois il ressort des pièces du dossier que l'arrêté préfectoral attaqué mentionne les voies et délais de recours. Si la date de notification de cette décision ne peut être établi, Mme A indique qu'elle lui a été notifiée le même jour, soit le 15 juillet 2024. Dès lors, Mme A disposait, à compter de la notification de cet arrêté, d'un délai d'un mois pour déférer au tribunal l'ensemble ou une partie de ces décisions. Si Mme A a formé un recours gracieux le 8 août 2024, il résulte des dispositions précitées que le délai de recours contentieux ne peut faire l'objet d'aucune prorogation. Dans ces conditions, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 1er octobre 2024, soit après expiration du délai de recours contentieux, est manifestement tardive. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée comme étant manifestement irrecevable en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Schœlcher, le 4 octobre 2024.
Le président,
J-M. Laso
La république mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.