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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2400763

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400763

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400763
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTAGNE FRANCIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Tagne, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la commune de Fort-de-France de lui communiquer ou de communiquer au tribunal, les délibérations du conseil municipal de Fort de France autorisant la cession de la parcelle, cadastrée section AO 871, et en particulier la délibération du 29 juin 2004 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fort-de-France le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite ; dans le cadre de l'instance n° 2100339 concernant le repositionnement de son activité de garage automobile sur les parcelles cadastrées section BT n° 15 et 23, la commune de Fort-de-France n'a pas communiqué les délibérations notamment celle du 29 juin 2004 du conseil municipal autorisant la cession de la parcelle cadastrée section AO 871 malgré une demande du tribunal du 12 avril 2022 ; or la production de cette délibération était essentielle à la solution de ce litige et sa requête a été rejetée par le tribunal administratif ; dans le cadre de l'appel qu'il a introduit à l'encontre de ce jugement, la production de cette délibération est essentielle à la manifestation de la vérité, et l'issue de la procédure étant imminente, la condition d'urgence est remplie ;

- l'utilité de l'injonction à la commune de Fort-de-France de produire les délibérations autorisant la cession de cette parcelle est vérifier notamment si la délibération du 29 juin 2004 est une décision individuelle créatrice de droits et si elle marque un accord inconditionnel sur l'objet et le prix de l'opération et si le transfert de propriété n'est soumis à aucune condition suspensive ou résolutoire ; pour rejeter sa requête tendant à la reconnaissance de son droit de propriété sur la parcelle cadastrée section AO 871 le tribunal s'est fondé notamment sur l'absence de production de la délibération du 29 juin 2004 et sur l'absence de preuve qu'elle marquait un accord inconditionnel sur l'objet et le prix de l'opération et qu'elle ne comportait pas de condition suspensive ou résolutoire ; la solution du litige passe par la production de cette délibération mais malgré ses demandes et l'avis favorable de la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) du 6 septembre 2022, la commune de Fort-de-France ne lui répond pas ; la non-communication de cette délibération porte gravement atteinte à son droit de propriété ;

- l'injonction à faire à la commune de Fort-de-France ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative mais permettrait la manifestation de la vérité et la régularisation de la vente à son profit de la parcelle cadastrée section AO 871.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c'est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative. S'il peut en particulier ordonner, lorsque les conditions posées par l'article L. 521-3 sont réunies, la communication de documents administratifs, sans qu'il soit besoin que le requérant ait au préalable saisi la commission d'accès aux documents administratifs, les pouvoirs qu'il tient de ces dispositions ne peuvent le conduire à faire obstacle à l'exécution de la décision, explicite ou implicite, par laquelle l'autorité administrative a rejeté la demande de communication de documents qui lui a été présentée. Il en résulte qu'il appartient au juge des référés de rejeter la demande dont il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 dès lors qu'une telle décision est intervenue, que ce soit antérieurement à l'enregistrement de la demande ou en cours d'instance.

3. Par plusieurs courriels de mars et avril 2022, M. B a demandé à la commune de Fort-de-France de lui communiquer les délibérations du conseil municipal de Fort-de-France autorisant la cession de la parcelle cadastrée section AO 871 et en particulier la délibération du 29 juin 2004, sans succès. Par la suite, le 6 septembre 2022, la commission d'accès aux documents administratifs (CADA), saisie par M. B du refus opposé par la commune de Fort-de-France à sa demande de communication de la délibération du 29 juin 2004 relative à la cession de la parcelle cadastrée section AO 871 à son père, a émis un avis favorable à la communication de la délibération sollicitée. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de de Fort-de-France de lui communiquer lesdits documents.

4. D'une part, pour justifier, dans la présente instance, du caractère d'urgence de sa demande, M. B se borne à faire valoir l'imminence de l'issue de la procédure d'appel contre le jugement n° 2100339 du 9 juin 2022 dans la mesure où la clôture de l'instruction devant la Cour administrative d'appel de Bordeaux a été fixée au 5 décembre 2024 et que la production de ces pièces est essentielle à la manifestation de la vérité. Toutefois, ces circonstances qui sont dépourvues de tout caractère immédiat, ne sont pas de nature à établir l'existence de l'urgence de sa demande au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. D'autre part, et surtout, la mesure demandée, qui s'oppose à l'exécution de la décision implicite de refus de communication des pièces sollicitées par l'intéressé en 2022, ferait nécessairement obstacle à l'exécution de cette décision de rejet. Il en résulte que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.

5. Il appartiendra au requérant, s'il s'y croit fondé, de contester la décision implicite qui lui a été opposée, par la voie du recours pour excès de pouvoir et d'en demander, le cas échéant, la suspension de l'exécution, en référé, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le cas où les conditions particulières exigées par ces dispositions du code de justice administrative seraient satisfaites.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Schœlcher, le 5 décembre 2024.

Le président,

J-M. Laso

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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