Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400771

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400771
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en référé, a rejeté la requête de la société Entreprise Roquigny, qui demandait une provision de 292 907,82 euros sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative pour des factures impayées liées à un marché de rénovation de la cathédrale de Saint-Pierre. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne comportait ni exposé des faits ni moyens, se limitant à un courrier de mise en demeure. Cette irrecevabilité a été constatée en application de l'article L. 522-3 du même code, permettant un rejet sans instruction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, la société Entreprise Roquigny doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation de la commune de Saint-Pierre à lui verser une provision d'un montant de 292 907,82 euros correspondant au paiement de deux factures impayées au titre du marché de travaux pour la rénovation et la restauration de la cathédrale de Saint-Pierre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le paiement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-1 de ce code : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. (). ".

3. Si la société requérante doit être regardée comme demandant la condamnation de la commune de Saint-Pierre à lui verser une provision au titre du marché de travaux pour la rénovation et la restauration de la cathédrale de Saint-Pierre dès lors que, dans l'application " Télérecours citoyen ", elle a coché le carré correspondant aux procédures de référé, elle s'est bornée à saisir le tribunal, à titre de requête, du courrier de mise en demeure adressé à la commune le 26 juillet 2024 par laquelle elle demande le règlement des factures impayées. Dès lors, ce document, à le supposer comme constituant une requête, ne comportant ni exposé des faits, ni moyens, ladite requête est irrecevable et doit, par suite, être rejetée par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Entreprise Roquigny est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Entreprise Roquigny.

Fait à Schœlcher, le 5 décembre 2024.

Le président,

Jean-Michel Laso

La république mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400771