Sujet principal : Demande d'injonctions urgentes (référé) pour obtenir un rendez-vous et une attestation provisoire de séjour.
Juridiction : Tribunal Administratif de Mayotte (formation de référé).
Solution retenue : Rejet de la requête pour irrecevabilité manifeste, car la demande papier n'était pas signée.
Textes appliqués : Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative (conditions de l'urgence et rejet pour irrecevabilité manifeste), combinés aux articles R. 431-4 et R. 522-2 (exigence de signature et absence d'obligation de régularisation en référé).
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2026, M. B... A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui communiquer une date de rendez-vous aux fins de dépôt d’une demande de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une attestation provisoire de séjour dans l’attente de l’instruction de sa demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision, prise en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. D’autre part, aux termes de l’article R. 431-4 du code de justice administrative : « Dans les affaires où ne s’appliquent pas les dispositions de l’article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d’une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir ». L’article R. 414-4 de ce code dispose que : « L’identification de l’auteur de la requête, selon les modalités prévues par l’arrêté mentionné à l’article R. 414-3, vaut signature pour l’application des dispositions du présent code ». L’article R. 414-3 du même code dispose que : « Les caractéristiques techniques de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 et du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 garantissent la fiabilité de l'identification des parties ou de leur mandataire, l'intégrité des documents adressés ainsi que la sécurité et la confidentialité des échanges entre les parties et la juridiction (…) ».
3. Il résulte de ces dispositions qu’une requête présentée sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative en version papier en dehors de l’application informatique dédiée est atteinte d’une irrecevabilité lorsqu’elle n’est pas signée par son auteur. Selon l’article R. 522-2 du code de justice administrative, les dispositions de l’article R. 612-1 de ce même code qui imposent au juge d’inviter l’auteur de conclusions entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours à les régulariser, ne sont pas applicables au juge des référés statuant en urgence.
4. Il résulte de l’instruction que la requête présentée par M. A... sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative en version papier est dépourvue de signature. Par suite, la requête de M. A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera transmise au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 18 mars 2026.
La juge des référés,
A. KHATER
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.