Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... comme étant manifestement irrecevable. Le juge relève que la requête, qui porte sur la situation administrative de la requérante, ne contient pas de conclusions claires ni la critique d'une décision administrative identifiable, en méconnaissance des exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administratif. La juridiction se fonde sur l'article R. 222-1 du même code pour rejeter cette requête irrecevable, rappelant qu'elle ne peut se substituer à l'administration pour instruire un dossier.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2026, Mme B... A... soumet au tribunal un litige concernant sa situation administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ». Et aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…) ».
3. En l’espèce, si Mme A... expose, d’une part, qu’elle est née à Mayotte et y a effectué sa scolarité jusqu’à la classe de terminale et, d’autre part, qu’elle est mère d’un enfant français et sa présence est indispensable pour assurer son éducation, elle n’a formellement énoncé aucune conclusion ni critiqué la légalité d’une ou plusieurs décisions administratives identifiées et permettant au juge d’exercer utilement son office. Dès lors, la requête de Mme A... ne répond pas aux exigences de l’article R. 411-1 du code de justice administrative.
4. En outre, il n’appartient pas au juge administratif, qui ne saurait faire acte d’administrateur, de se substituer à l’administration pour instruire à sa place un dossier, ni de prononcer des injonctions à son égard en dehors des hypothèses, qui ne sont pas réunies en l’espèce, prévues par les articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... est manifestement irrecevable et peut ainsi être rejetée sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Mamoudzou, le 17 mars 2026.
Le président,
J-M. LASO
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.