Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2601873

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2601873
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 avril 2026, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 18 mars 2026, matérialisée par un courriel, portant clôture de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français et d’ordonner au préfet de Mayotte de reprendre l’instruction de son dossier.

Elle soutient qu'elle est parent d'un enfant français avec lequel elle vit et dont elle assure l'entretien et l'éducation, qu'elle réside à Mayotte depuis son enfance où elle a suivi sa scolarité, que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ainsi qu'à l'intérêt supérieur de son enfant.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter (…) les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. (…). ».


2. En premier lieu, il appartient à l'autorité administrative de statuer sur les demandes dont elle est saisie en faisant application des textes en vigueur à la date de sa décision. Ainsi, la décision en litige, matérialisée par un courriel, pouvait légalement se fonder sur les dispositions de la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte qui ont modifié les dispositions de l’article L. 441-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, spécifiques au territoire de Mayotte, en conditionnant la première délivrance d’une carte de séjour temporaire sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-23 de ce code à la production d’un visa de long séjour. Par suite, à supposer le moyen invoqué, il ne peut qu’être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée se bornant à prononcer la clôture du dossier de demande de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français pour incomplétude faute de production d'un visa de long séjour, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peuvent être utilement invoqués et sont inopérants. Par suite, le moyen ne peut être qu’écarté.

4. En dernier lieu, la requérante n'apporte aucune précision ni ne produit aucun document permettant d'apprécier le bien-fondé des faits allégués à l'appui du moyen invoqué et tiré du défaut d’examen au regard de sa situation. Par suite, le moyen ne peut qu’être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... qui ne comporte que des moyens inopérants et un moyen qui n’est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Mamoudzou, le 1er septembre 2026.


Le président,



J-M. LASO

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision