Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2602428
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2602428 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2026, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision, matérialisée par un courriel, portant clôture de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français et d’ordonner au préfet de Mayotte de reprendre l’instruction de son dossier.
Elle soutient que :
- cette décision méconnaît le principe de non-rétroactivité de la loi dès lors que sa demande a été déposée le 3 août 2024, antérieurement à l'entrée en vigueur de la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 ;
- porte atteinte aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime en modifiant les règles applicables en cours d'instruction alors que son dossier avait été enregistré et ses empreintes relevées ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter (…) les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. (…). ».
2. D'une part, il appartient à l'autorité administrative de statuer sur les demandes d'admission au séjour dont elle est saisie en faisant application des textes en vigueur à la date à laquelle elle prend sa décision. Ainsi, la décision en litige, matérialisée par un courriel portant clôture du dossier pour incomplétude, pouvait légalement se fonder sur les dispositions de la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte qui ont modifié l’article L. 441-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, spécifiques au territoire de Mayotte, en conditionnant la première délivrance d’une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 423-7 de ce code à la production préalable d’un visa de long séjour. La requérante ne peut utilement se prévaloir de ce que sa demande initiale a été déposée le 3 août 2024, antérieurement à l'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions législatives applicables le 12 août 2025, pour soutenir que le préfet aurait méconnu le principe de non-rétroactivité de la loi. De plus, en appliquant immédiatement la loi aux procédures d'instruction en cours sans rétroagir sur la date d'enregistrement du dossier, l'autorité administrative n'a pas davantage porté atteinte au principe de sécurité juridique. De même, la seule circonstance qu'une confirmation du dépôt de sa demande ait été délivrée ne crée aucun droit acquis à ce que sa situation soit examinée selon la législation applicable à la date de sa demande, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance du principe de confiance légitime est également inopérant.
3. D'autre part, la décision attaquée se borne à constater l'incomplétude du dossier de Mme A... en l'absence de production du visa de long séjour requis par l'article L. 441-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à procéder à la clôture du dossier de cette demande, sans porter d'appréciation sur son droit au séjour ni prononcer de refus de titre ou de mesure d'éloignement. Dès lors, une telle mesure de clôture pour dossier incomplet ne porte, par elle-même, aucune atteinte au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale ni à l'intérêt supérieur de son enfant. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant sont inopérants.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A..., qui ne comporte que des moyens inopérants, doit être rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Mamoudzou, le 1er septembre 2026.
Le président,
J-M. LASO
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2026, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision, matérialisée par un courriel, portant clôture de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français et d’ordonner au préfet de Mayotte de reprendre l’instruction de son dossier.
Elle soutient que :
- cette décision méconnaît le principe de non-rétroactivité de la loi dès lors que sa demande a été déposée le 3 août 2024, antérieurement à l'entrée en vigueur de la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 ;
- porte atteinte aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime en modifiant les règles applicables en cours d'instruction alors que son dossier avait été enregistré et ses empreintes relevées ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter (…) les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. (…). ».
2. D'une part, il appartient à l'autorité administrative de statuer sur les demandes d'admission au séjour dont elle est saisie en faisant application des textes en vigueur à la date à laquelle elle prend sa décision. Ainsi, la décision en litige, matérialisée par un courriel portant clôture du dossier pour incomplétude, pouvait légalement se fonder sur les dispositions de la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte qui ont modifié l’article L. 441-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, spécifiques au territoire de Mayotte, en conditionnant la première délivrance d’une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 423-7 de ce code à la production préalable d’un visa de long séjour. La requérante ne peut utilement se prévaloir de ce que sa demande initiale a été déposée le 3 août 2024, antérieurement à l'entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions législatives applicables le 12 août 2025, pour soutenir que le préfet aurait méconnu le principe de non-rétroactivité de la loi. De plus, en appliquant immédiatement la loi aux procédures d'instruction en cours sans rétroagir sur la date d'enregistrement du dossier, l'autorité administrative n'a pas davantage porté atteinte au principe de sécurité juridique. De même, la seule circonstance qu'une confirmation du dépôt de sa demande ait été délivrée ne crée aucun droit acquis à ce que sa situation soit examinée selon la législation applicable à la date de sa demande, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance du principe de confiance légitime est également inopérant.
3. D'autre part, la décision attaquée se borne à constater l'incomplétude du dossier de Mme A... en l'absence de production du visa de long séjour requis par l'article L. 441-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à procéder à la clôture du dossier de cette demande, sans porter d'appréciation sur son droit au séjour ni prononcer de refus de titre ou de mesure d'éloignement. Dès lors, une telle mesure de clôture pour dossier incomplet ne porte, par elle-même, aucune atteinte au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale ni à l'intérêt supérieur de son enfant. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant sont inopérants.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A..., qui ne comporte que des moyens inopérants, doit être rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Mamoudzou, le 1er septembre 2026.
Le président,
J-M. LASO
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.