Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2602434

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2602434
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juin 2026, Mme A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision de l'agent instructeur du ministère de l'intérieur portant clôture de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa demande au regard des règles applicables à la date de son dépôt ;

3°) de condamner l'État à lui verser, outre les dépens, une indemnisation en réparation du préjudice subi du fait de cette décision.

Elle soutient que :

- la décision attaquée méconnaît le principe de non-rétroactivité des lois ainsi que le principe de sécurité juridique, dès lors que sa demande a été déposée le 15 juillet 2024, antérieurement à l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation subordonnant la délivrance d'un premier titre de séjour à Mayotte à la production d'un visa de long séjour ;
- elle est entachée d'erreur de droit pour les mêmes motifs ;
- elle porte une atteinte à sa vie privée familiale.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter (…) les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. (…). ».

2. En premier lieu, il appartient à l'autorité administrative de statuer sur les demandes dont elle est saisie en faisant application des textes en vigueur à la date de sa décision. L'instruction de la demande de Mme B... s'étant prolongée au-delà du 12 août 2025, l'autorité administrative était tenue de faire application des dispositions issues de la loi du 11 août 2025, qui conditionnent désormais la première délivrance d’une carte de séjour temporaire à la production d’un visa de long séjour. Dès lors, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaît le principe de non-rétroactivité des lois ni le principe de sécurité juridique au motif que sa demande a été enregistrée le 15 juillet 2024. L'application immédiate de la loi nouvelle à une procédure administrative en cours ne présente aucun caractère rétroactif, le simple dépôt d'une demande de titre de séjour ne créant aucun droit à sa délivrance, le moyen tiré de l'erreur de droit est dès lors manifestement infondé.

3. En second lieu, la décision attaquée se borne à constater l'incomplétude du dossier de l’intéressée en l'absence de production du visa de long séjour requis par l'article L. 441-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à procéder à la clôture du dossier de cette demande, sans porter d'appréciation sur son droit au séjour ni prononcer de refus de titre ou de mesure d'éloignement. Dès lors, une telle mesure de clôture pour dossier incomplet ne porte, par elle-même, aucune atteinte au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.


4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête qui ne comportent que des moyens inopérants ou manifestement infondés, doivent être rejetées en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.


5. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d’injonction de la requête doivent également être rejetées ainsi que les conclusions indemnitaires et celles présentées au titre de l’article R. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Mamoudzou, Le 1er septembre 2026.


Le président,



J-M. LASO

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.