Tribunal Administratif de St Martin — Décision N° TA108-2400048
lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2400048 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUILLAUME-MATIME |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Guillaume-Matime, demande au juge des référés :
1°) de suspendre les arrêtés du 6 février 2024 par lesquels le préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin l'a obligée à quitter le territoire sans délai de départ volontaire avec une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de six mois et une assignation à résidence ;
2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à la notification du jugement statuant sur sa requête en annulation et ce, dans le délai de quinze jours, à compter de la notification de l'ordonnance à venir et de lui restituer son passeport dans les huit jours de l'ordonnance à intervenir
3°) à titre subsidiaire de suspendre la décision lui refusant un délai et l'assortissant d'une interdiction de retour d'une durée de six mois.
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est constituée dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire est exécutable immédiatement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2400047, enregistrée le 26 avril 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions du 6 février 2024.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Mme A, née en Haïti à Fonds-Verrettes le 7 juin 1957 et soutenant être entrée en France le 16 janvier 1992, demande la suspension des deux arrêtés du 6 février 2024 par lesquels le préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin l'a obligée à quitter le territoire sans délai de départ volontaire et avec une interdiction de retour de six mois ainsi qu'une assignation à résidence, décisions dont elle a demandé l'annulation par requête séparée enregistrée sous le n° 2400047.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
4. Mme A fait valoir l'urgence qu'il y aurait à suspendre les arrêtés en litige. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'obligation de quitter le territoire français qu'elle conteste, non assortie d'un délai de départ volontaire, lui a été notifiée le 6 février 2024 alors que sa demande devant le juge des référés du tribunal de céans a été enregistrée deux mois et trois semaines après cette dernière date. Dès lors, s'étant placée elle-même dans cette situation qu'elle a créée, sans aucune explication de sa part, dans ces conditions, elle ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la requérante au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions en application de l'article L.761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Basse-Terre, le 29 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
S. GOUÈS
La République mande et ordonne au préfet délégué de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. Cétol