Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2503405
mardi 6 janvier 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2503405 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | STEPHAN |
Résumé IA
Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par Mme A... pour contester un indu d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) de 14 898,33 euros réclamé par France Travail. Statuant par ordonnance, le tribunal a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent. Il a rappelé que, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, les litiges relatifs aux prestations d’assurance chômage relèvent de la compétence du juge judiciaire. La solution retenue est donc un rejet pour incompétence de la juridiction administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mars 2025, Mme B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 31 juillet 2024 par laquelle France Travail Provence Alpes Côte d’Azur l’a informée d’un indu d’un montant de 14 898,33 euros d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), constitué de juin 2020 à mars 2023, ensemble la décision de rejet opposé à son recours, et, par voie de conséquence, toutes mesures de recouvrement opérées ;
2°) de décharger la requérante de l’obligation de payer la somme de 14 898,33 euros et de l’obligation de payer les frais consécutifs à une éventuelle contrainte et à sa signification ;
3°) d’enjoindre à France Travail de procéder sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter la notification de la décision à intervenir, au remboursement de toute somme retenue en vertu d’une éventuelle contrainte et de sa signification ou, à titre subsidiaire, de procéder à une remise gracieuse ou, à titre infiniment subsidiaire, au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de France Travail la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2025, France Travail Provence Alpes Côte d’Azur conclut à l’incompétence de la juridiction administrative pour connaitre de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « Une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière a pour mission de : / (…) / 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance et, pour le compte de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, de la prime de retour à l’emploi mentionnée à l’article L. 5133-1 pour les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire mentionnée à l’article L. 5425-3, des allocations mentionnées à l’article L. 5424-21 ainsi que de toute autre allocation ou aide dont l’Etat lui confierait le versement par convention (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage, de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. » Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.
3. En l’espèce, Mme A... conteste la décision du 31 juillet 2024 par laquelle
France Travail Provence Alpes Côte d’Azur l’a informée d’un indu d’un montant de 14 898,33 euros d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), constitué de juin 2020 à mars 2023, ensemble la décision de rejet opposé à son recours. Toutefois, il résulte des dispositions citées
ci-dessus qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaître d’un tel recours ayant trait à l’attribution des allocations d’assurance chômage. Par suite, la requête de Mme A... se rapporte à un litige qui ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative de telle sorte qu’elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à France Travail.
Fait à Marseille, le 6 janvier 2026.
Le président,
signé
C.TUKOV
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier,
Par une requête enregistrée le 24 mars 2025, Mme B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 31 juillet 2024 par laquelle France Travail Provence Alpes Côte d’Azur l’a informée d’un indu d’un montant de 14 898,33 euros d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), constitué de juin 2020 à mars 2023, ensemble la décision de rejet opposé à son recours, et, par voie de conséquence, toutes mesures de recouvrement opérées ;
2°) de décharger la requérante de l’obligation de payer la somme de 14 898,33 euros et de l’obligation de payer les frais consécutifs à une éventuelle contrainte et à sa signification ;
3°) d’enjoindre à France Travail de procéder sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter la notification de la décision à intervenir, au remboursement de toute somme retenue en vertu d’une éventuelle contrainte et de sa signification ou, à titre subsidiaire, de procéder à une remise gracieuse ou, à titre infiniment subsidiaire, au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de France Travail la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du Code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2025, France Travail Provence Alpes Côte d’Azur conclut à l’incompétence de la juridiction administrative pour connaitre de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « Une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière a pour mission de : / (…) / 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance et, pour le compte de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, de la prime de retour à l’emploi mentionnée à l’article L. 5133-1 pour les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire mentionnée à l’article L. 5425-3, des allocations mentionnées à l’article L. 5424-21 ainsi que de toute autre allocation ou aide dont l’Etat lui confierait le versement par convention (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage, de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. » Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.
3. En l’espèce, Mme A... conteste la décision du 31 juillet 2024 par laquelle
France Travail Provence Alpes Côte d’Azur l’a informée d’un indu d’un montant de 14 898,33 euros d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), constitué de juin 2020 à mars 2023, ensemble la décision de rejet opposé à son recours. Toutefois, il résulte des dispositions citées
ci-dessus qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaître d’un tel recours ayant trait à l’attribution des allocations d’assurance chômage. Par suite, la requête de Mme A... se rapporte à un litige qui ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative de telle sorte qu’elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à France Travail.
Fait à Marseille, le 6 janvier 2026.
Le président,
signé
C.TUKOV
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier,