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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2506073

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2506073

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2506073
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille rejette la requête de M. A... visant à obtenir l'annulation du refus de remise de dette d'un indu d'aide personnelle au logement. Le juge estime que le requérant, malgré une mise en demeure, n'a pas fourni les justificatifs suffisants (ressources, composition du foyer, charges) permettant d'apprécier sa situation de précarité et sa bonne foi, conditions exigées par les articles L. 553-2 du code de la sécurité sociale et L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation. La requête est donc rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour défaut de précisions permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mai 2025, M. B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 18 mars 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a refusé de lui accorder une remise de sa dette relative à un indu de d’aide personnelle au logement d’un montant de 1 294,70 euros et de lui accorder une telle remise.

Il soutient qu’il est de bonne foi et que sa situation financière est précaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…)/ 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ».

2.
Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ».

3.
Aux termes de l’article L. 825-3 du code de la construction et de l’habitation : « Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / (…) / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ». Aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : « (…) par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations (…) ».

4.
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.

5.
M. A... se borne à se prévaloir de sa bonne foi et de la précarité de sa situation financière pour demander qu’une remise de dette d’un indu d’aide personne au logement lui soit accordée. S’il produit deux attestations comptables mentionnant qu’il ne perçoit aucun revenu et un avis de non-imposition, il ne communique pas au juge les informations relatives aux ressources perçues par son foyer, à la composition de celui-ci, ni les charges supportées par ce même foyer. Il ne justifie pas davantage de ce que les besoins courants sont couverts par les ressources perçues par son épouse. Le greffe du tribunal a, en application de l’article R. 772-6 du code de justice administrative, invité M. A..., par lettre du 28 mai 2025 dont il a accusé réception le 31 mai suivant, à communiquer des explications précises accompagnées de pièces justificatives permettant d’apprécier sa bonne foi et l’impossibilité dans laquelle il se trouve de rembourser tout ou partie des sommes qui lui sont réclamées et, à cette fin, à transmettre au tribunal l’intégralité des éléments relatifs aux ressources actuelles, à celles des membres de son foyer et à ses charges actuelles. M. A..., qui n’a pas retourné au tribunal le formulaire qui lui avait été communiqué, ne produit aucun justificatif concernant la nature et l’importance des charges de son foyer qui feraient obstacle à ce qu’il puisse rembourser l’indu mis à sa charge. Dans ces conditions, la requête de M. A... ne comporte qu’un moyen manifestement pas assorti des précisions permettant au tribunal d’en apprécier le bien-fondé. Ainsi, M. A... ne met pas le tribunal en mesure d’apprécier son éventuelle situation de précarité. Par suite, les conclusions de sa requête tendant à l’annulation de la décision refusant de lui accorder une remise de dette doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Marseille, le 27 mars 2026.


Le premier vice-président,

Signé

Thierry Vanhullebus


La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,



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