Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2509948

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2509948
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille statue sur une requête en excès de pouvoir visant la signalétique patrimoniale d'une commune. Le litige principal, portant sur la mise en conformité de cette signalétique avec la loi du 4 août 1994 relative à la langue française, est devenu sans objet car la commune a régularisé l'affichage en cours d'instance. En conséquence, le tribunal constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'annulation et d'injonction, et rejette la demande d'allocation d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 août 2025, l’association Francophonie Avenir demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la commune de Manosque a rejeté son recours gracieux du 24 avril 2025 tendant à la mise en conformité de la signalétique à la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ;

2°) d’enjoindre à la commune de Manosque de mettre en conformité l’affichage des panneaux descriptifs des monuments historiques et des lieux emblématiques de la commune avec la loi n° 94-665 du 4 août 1994 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Manosque la somme de 50 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision méconnaît l’article 2 de la Constitution ;
- elle méconnaît l’article 4 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2026, la commune de Manosque conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions principales de la requête de l’association Francophonie Avenir et au rejet de ses conclusions relatives au frais du litige.

Elle fait valoir qu’elle a procédé à la régularisation de la signalétique patrimoniale pour se conformer aux exigences de la loi n° 94-665 du 4 août 1994.

Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- la loi n° 94-665 du 4 août 1994 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « … les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

2. Il résulte des éléments produits en défense et il n’est contesté par l’association requérante, qui en a reçu communication, que la commune de Manosque a procédé à la mise en conformité de l’affichage des panneaux descriptifs des monuments historiques et des lieux emblématiques de la commune avec la loi n° 94-665 du 4 août 1994. Dès lors, les conclusions à fin d’annulation présentées par l’association Francophonie Avenir sont devenues sans objet en cours d’instance, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction. Par suite, il n’y a pas lieu d’y statuer.

3. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèces, de faire droit aux conclusions présentées par l’association Francophonie Avenir au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction présentées par l’association Francophonie Avenir.

Article 2 : Les conclusions présentées par l’association Francophonie Avenir sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Francophonie Avenir et à la commune de Manosque.

Fait à Marseille, le 16 mars 2026.



Le président de la 1ère chambre,





G.Fedi


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,