Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2512492

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2512492
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCSF JURCO AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par M. A... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le refus de France Travail de modifier ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) et à l’aide à la reprise ou création d’entreprise (ARCE). Par une ordonnance du 6 janvier 2026, le tribunal a rejeté cette requête comme ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. En application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, il a rappelé que les litiges relatifs aux prestations d’assurance chômage relèvent de la compétence du juge judiciaire. La solution retenue est donc un rejet pour incompétence de la juridiction administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Frapech et Me Anave, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 7 août 2025 par laquelle France Travail Provence-Alpes-Côte d’Azur a refusé de modifier ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) et de l’aide à la reprise ou création d’entreprise (ARCE) ;

2°) de fixer son salaire de référence journalier à 289,64 euros et le montant de l’aide à la reprise ou création d’entreprise (ARCE) à 80 062,80 euros ;

3°) de mettre à la charge de France Travail la somme de 3 000 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « Une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière a pour mission de : / (…) / 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance et, pour le compte de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, de la prime de retour à l’emploi mentionnée à l’article L. 5133-1 pour les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire mentionnée à l’article L. 5425-3, des allocations mentionnées à l’article L. 5424-21 ainsi que de toute autre allocation ou aide dont l’Etat lui confierait le versement par convention (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage, de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. » Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.

3. M. A... conteste la décision du 7 août 2025 par laquelle
France Travail Provence-Alpes-Côte d’Azur a refusé de modifier les montants de ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) et de l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). Toutefois, il résulte des dispositions citées
ci-dessus qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaître d’un tel recours ayant trait à l’attribution des allocations d’assurance chômage. Par suite, la requête de M. A... se rapporte à un litige qui ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative de telle sorte qu’elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Marseille, le 6 janvier 2026.

Le président,

Signé

C. TUKOV


La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,