Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2025, M. D... B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 3 novembre 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure.
Il soutient que la décision litigieuse a été prise alors même que son conseil a adressé par voie postale le 1er août 2025 une demande de régularisation par le travail, dont il a fait état devant les services de police lors de son audition à la suite d’un contrôle d’identité et sur laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône n’a pas encore statué.
La requête a été régulièrement communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Felmy, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 novembre 2025, dans le cadre d’une opération de contrôle routier effectuée par les services de la gendarmerie des Baux-de-Provence, M. B..., ressortissant marocain né le 15 avril 1978, a été placé en retenue administrative. Après son audition, il a fait l’objet d’un arrêté du même jour par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure. M. B... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu’il se trouve dans les cas suivants : / 1° L’étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité ; 2° L’étranger, entré sur le territoire français sous couvert d’un visa désormais expiré ou, n’étant pas soumis à l’obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s’est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d’un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / 3° L’étranger s’est vu refuser la délivrance d’un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l’occasion d’une demande de titre de séjour ou de l’autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s’est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l’étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu’il ne soit titulaire de l’un des documents mentionnés au 3° (…) ».
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B... a été titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « travailleur saisonnier » valable du 25 juin 2024 au 2 août 2025 délivrée par le préfet de Vaucluse et que, par une décision du 11 juin 2025, une autorisation de travail a été délivrée à la société Kaljaou Works pour l’intéressé, recruté sous contrat de travail à durée indéterminée à temps plein à compter du 8 juillet 2025 en qualité d’ouvrier agricole en maraîchage-horticulture. La décision du 3 novembre 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a obligé M. B... à quitter le territoire français mentionne notamment que celui-ci n’a pas demandé le renouvellement de ce titre de séjour temporaire et s’est maintenu sur le territoire plus d’un mois après l’expiration de ce titre, qu’il ne satisfait pas aux conditions requises pour prétendre à la régularisation de sa situation administrative et ne justifie d’aucun droit au séjour au titre des articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-8, L. 423-11 à L. 423-15, L. 423-21 à L. 423-23, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-4, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 425-9, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-5 à L. 426-7, L. 426-9, L. 426-10, L. 426-12 à L. 426-16 et L. 441-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et que l’intéressé se déclare marié à Mme C... épouse B... résidant au Maroc avec leur fille A..., âgée de 8 ans.
4. M. B... soutient que la décision litigieuse a été prise alors même que son conseil a adressé par voie postale le 1er août 2025 une demande de régularisation par le travail, dont il a fait état devant les services de gendarmerie lors de son audition et sur laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône n’a pas encore statué. Ce faisant, le requérant doit être regardé comme soulevant un unique moyen, tiré du défaut d’examen complet de sa situation. Il ressort des pièces du dossier et n’est pas contesté que lors de son audition par les services de gendarmerie le 3 novembre 2025 dans le cadre de son placement en retenue administrative, M. B... a indiqué qu’il avait obtenu une autorisation de travail en juin 2025 et que Me Slimani, son conseil, avait adressé à la préfecture des Bouches-du-Rhône une demande de régularisation avant l’expiration de son titre de séjour, le requérant soutenant sans être contredit qu’à la date d’édiction de l’arrêté litigieux, il ne s’était pas vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour. Toutefois, en dépit d’une mesure d’instruction en ce sens, le requérant n’a pas justifié avoir formé la demande de carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » dont il fait état. Dans ces conditions, M. B... n’est pas fondé à soutenir que la décision du 3 novembre 2025 portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’un défaut d’examen complet de sa situation personnelle.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D... B... et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Délibéré après l’audience du 17 juin 2026 à laquelle siégeaient :
Mme Felmy, présidente-rapporteure,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
L’assesseure la plus ancienne,
Signé
F. Gaspard-TrucLa présidente-rapporteure,
Signé
E. Felmy
La greffière,
Signé
S. Gonzales
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.