Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2515980

mardi 30 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2515980
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantANT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme C... épouse B..., qui contestait l'arrêté du 24 juillet 2025 du préfet des Bouches-du-Rhône l'invitant à quitter le territoire. Le tribunal a jugé que cette invitation, consécutive au rejet de sa demande d'asile, ne constitue pas une décision faisant grief et n'est donc pas susceptible de recours pour excès de pouvoir. Cette solution s'appuie sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, permettant de rejeter les requêtes irrecevables sans régularisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2025, Mme A... C... épouse B..., représentée par Me Ant, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 24 juillet 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l’a invitée à quitter le territoire ;

2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois ;

2°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 800 euros à Me Ant en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Vu :
les autres pièces du dossier ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.


Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Lorsque, postérieurement au rejet de sa demande d’asile, le préfet invite l’intéressé à quitter le territoire français, cette invitation, qui est la conséquence nécessaire du refus d’asile, ne fait pas, par elle-même, grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours. Il en va ainsi alors même que cette invitation est assortie d’un délai et de l’indication qu’au-delà de ce délai, à défaut d’avoir volontairement quitté le territoire français, l’étranger concerné s’expose à l’édiction, à son encontre, d’une obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par suite la requête, dirigée contre l’invitation à quitter le territoire assortissant la décision par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a constaté que la demande d’admission au séjour de Mme C... au titre de l’asile devait être rejetée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... épouse B....




Le président de la 3ème chambre,

Signé

P-Y. Gonneau


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,